AGROALIMENTAIRE. Les résultats annuels publiés aujourd’hui par le numéro un français des correcteurs de meunerie et améliorants de panification clignotent une nouvelle fois au vert.

Le chiffre d’affaires progresse de 6,7%, la marge brute de 10,6% et le résultat d’exploitation de 9%.

Cette croissance de l’ingrédientiste, coté à la bourse de Paris, s’explique en grande partie par un développement de plus en plus marqué à l’international, avec aujourd’hui près de 47% des ventes réalisées à l’étranger.

Oui, mais pas seulement…

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Jean-Philippe Girard, P-DG du groupe Eurogerm coté à la bourse de Paris, va encore en agacer plus d’un. Crise ou pas crise, la réussite de la société de Saint-Apollinaire (Côte-d’Or), qu’il a fondée en 1989, ne se dément toujours pas au vu des résultats annuels publiés ce mercredi 18 avril.

Arrêtés sur seulement neuf mois, pour marier l’exercice à une année civile, les comptes du numéro un français des ingrédients et auxiliaires technologiques dédiés à la filière blé-farine-pain clignotent au vert très clair.

Le chiffre d’affaires atteint les 43 millions d’euros (+ 6,7%) et la marge brute passe de 17,3 millions à 19,2 millions (+10,6%). L’EBITDA (ndlr : résultat d’exploitation avant amortissements) progresse de son côté de 8,4%, à près de 5 millions d’euros.

Parmi les bémols à relever, le résultat net part du groupe (2,1 millions) subit une baisse de 9,6%. Cette situation s’explique par un impôt plus élevé sur les bénéfices, lié à la fin de l’abattement fiscal relatif à des programmes de recherche conduit dans le cadre du pôle de compétitivité agroalimentaire Vitagora (goût-nutrition-santé).

L’appel du grand large

Quant à la trésorerie nette globale, elle est ramenée au 31 décembre 2011 à 6,3 millions d’euros, contre 9,1 millions, du fait de l’intégration au bilan, après rachat, d’IDS Solutions conditionnement (conditionneur à façon) qui oblige à intégrer une dette portant sur le financement du parc machine et de l’immobilier d’exploitation.

Cette croissance de l’activité découle en grande partie d’une présence de plus en plus forte à l’international. Les neuf filiales étrangères, dont trois en Afrique, quatre dans les deux Amériques, une en Asie et une en Espagne, assurent dorénavant 46,9% des ventes.

«La grande zone Chine, Japon et Asean, devrait nous permettre de réaliser 5 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 3 ans», explique Jean-Philippe Girard.

Sur marché nord américain, Eurogerm, implanté à Boston, cible déjà avec succès le secteur de la boulangerie industrielle, avec le souci très marqué de diminuer le sel, le sucre et les matières grasses dans la composition les produits de panification.

Pour muscler son développement hors frontières, sans toutefois négliger le marché intérieur, l’entreprise bourguignonne, en but à une très forte concurrence, entend privilégier le sur mesure. Arpège, son institut de formation intégré, se déplacera régulièrement dans différents pays pour organiser de sessions auprès des meuniers et des boulangers.

3x8 décalés

Autre signe qui marque cette volonté du grand large, l’ingrédientiste publie aux éditions Orphie un magnifique ouvrage bilingue (français-anglais) qui raconte l’histoire des 80 pains les plus consommés dans le monde.

On y suit les pérégrinations d’un petit personnage, baptisé Gustain, à travers les textes du journaliste et auteur Jean-Philippe de Tonnac et les superbes illustrations du dessinateur Jean-François Barbier.

Lorsqu’on lui demande s’il est doué pour les affaires, Jean-Philippe Girard répond invariablement : «pas plus qu’un autre, mais j’ai essayé et je me suis accroché avec quelques principes de base». Il les résume toujours en neuf mots-clés qu’il serait trop long d’expliquer ici.

Trois d’entre eux retiennent toutefois l’attention : curiosité, anticipation et  respect des collaborateurs. Pour ce dernier, le dirigeant, épaulé par Benoît Huvet, son directeur général délégué, essaye de le traduire dans les faits auprès des 200 salariés du groupe.

Un seul exemple, le début du travail de nuit pour les postes de production a été décalé à 22 heures. «Nous voulions tout simplement permettre aux parents de passer la soirée avec les enfants», précise Jean-Philippe Girard.

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Crédit photo : Eurogerm

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