METALLURGIE. ... un fil, non de pêche, comme on pourrait le croire, mais d’acier.

N’allez surtout pas sourire que l’on raconte l’histoire du numéro un mondial des hameçons triples, implanté à Morvillars (Territoire de Belfort), car il possède un savoir-faire quasi-unique du travail de l’acier.

Son secret, jalousement gardé, tient à ses machines de production qu’il conçoit et fabrique lui-même.

Portrait d’une PME pas comme les autres, aujourd’hui adossée au groupe Finlandais Rapala, leader international des leurres.

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Amoureux de la transformation du métal, on risque de faire plaisir. Si de surcroît vous taquinez le poisson par passion ou juste en dilettante, le bonheur sera double.

VMC Pêche a bien voulu ouvrir ses portes à une poignée de journalistes, grâce à l’entremise de l’Agence Régionale de Développement (ARD) de Franche-Comté, pour raconter son histoire, expliquer son métier et montrer un savoir-faire quasi-unique au monde dans la fabrication d’hameçons simples et triples. Elle détient d’ailleurs pour ces derniers 50% du marché mondial.

Implanté à Morvillars, dans le Territoire de Belfort, sur 6000 m2, l’entreprise (15 millions d’€, 150 salariés) sort chaque année pas moins de 400 millions d'hameçons dans 10 000 références, utilisant pour ce faire 250 tonnes d’acier.

Ce qui frappe de prime abord est l’extrême complexité du produit. Ici on parle de piquant, de pénétrant, de résistance, de brillant, de camouflage, d’anticorrosion.

Pour obtenir un tel rendu variable suivant les différents types de pêche pratiqués, le secret de la maison relève d’une équipe de passionnés qui, non seulement, imaginent le meilleur hameçon possible, mais conçoit et fabrique tous ses équipements industriels.

Nous y voilà ! Il faut voir fonctionner la centaine de machines spéciales aux fonctions multiples. Elles redressent le fil, le coupent, façonnent la pointe taillée en biais, barbent l’ardillon, mettent en forme, coudent, anglent puis, au final, forgent.

Et ce, pour une capacité globale d’un million d’hameçons triples et de deux millions de simples par jour.

A chaque innovation de rupture, le fabricant en imagine une nouvelle, sinon il adapte son parc, n’hésitant pas au passage à réinjecter régulièrement entre 600 000 et 700 000 € en réinvestissement.

«C’est Christophe Viellard, dirigeant du groupe Viellard et Migeon (*), qui début 1974 a voulu que l’on maîtrise de A à Z tous nos outils de production par souci d’automatisation et nous avons été les premiers à le faire», rappelle Stanislas de Castelnau, président de VMC Pêche.

Un marché international

Le numéro un mondial des hameçons triples voit le jour en 1910. Il doit son existence au Norvégien Mustad, son principal concurrent. À l’époque, avec Viellard et Migeon (VMC) elle partage en cartel le marché de la boulonnerie-visserie.

Mustad rompt le pacte en installant une usine d’hameçons en Normandie. Par mesure de rétorsion, VMC  monte la sienne.

Au bord de la faillite en 1968, elle parvient à remonter la pente, jusqu’aux années 2000. La crise au Japon, l’un des principaux marchés, invite la famille Viellard à s’adosser au groupe Finlandais Rapala (280 millions d’€ de chiffre d’affaires), premier fabricant de leurres, à qui elle cède VMC Pêche moyennant une prise de participation de 13%, puis quelques années plus tard de 30% du nouvel ensemble.

Bonne pioche ! Le marché de la pêche est depuis longtemps planétaire. Six milliards d’hameçons sont utilisés tous les ans dans le monde, dont 2 milliards pour la pêche de loisirs.

Avec 50 millions de pêcheurs, les Etats-Unis représentent le premier débouché dans ce domaine, puis viennent le Japon, les pays scandinaves, le Canada et la Russie.

«Avec Rapala, nous possédons des filiales de distribution parfaitement complémentaires», se félicite Stanislas de Castelnau, lui-même pêcheur à ses heures, qui s’empresse toutefois de rajouter que ce n’est pas un critère de recrutement.

(*) Holding familial qui contrôle entre autres le groupe Lisi, leader européen des fixations automobiles et aéronautiques, coté à la bourse de Paris et employant plus de 6000 salariés dans le monde, mais également la société FSH Welding Group.

Lire à ce sujet notre article : FSH Welding Group fait la bonne soudure

Crédit photo: VMC Pêche et Traces Ecrites

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Feltrin dit :

    Bonsoir, Pouvez vous me dire jusqu'à qu'elle année vous avez fabriqué le contact gold 4000 ? Merci pour votre réponse. André.

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