Le fabricant de jus des fruits investit 6 millions d’€ dans une ligne de production de bocaux en verre. Pour ses jus de pomme à la marque bien connue Cidou, le dirigeant Emmanuel Vasseneix, à la tête du groupe LSDH, travaille sur une filière d’approvisionnement local.


Et six millions d’euros d’investissements de plus pour Jus de Fruits Alsace ! L’entreprise de Sarre-Union (Bas-Rhin) complète sa palette d’emballages : elle lance les travaux de création d’une nouvelle ligne de production de bocaux en verre dans l’objectif de la mettre en service en mai ou juin 2022. « Aisément recyclable, et de ce fait bien installé dans l’air du temps, ce type de conditionnement connaît un regain d’intérêt des consommateurs », souligne le patron de Jus de Fruits Alsace (JFA), Emmanuel Vasseneix. Il sera destiné aux marchés de la grande distribution et de la restauration hors foyers sur lesquels évolue l’entreprise, qui produit et transforme les jus sous sa marque historique « Cidou » et sous marques de distributeurs.

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Emmanuel Vasseneix s’est fait un nom dans l’agro-alimentaire. Il a fait partie des initiateurs du mouvement « C’est qui le patron ? » qui entend redonner le pouvoir aux consommateurs et un tarif de vente décent aux producteurs laitiers, fournisseurs piliers de son groupe LSDH (Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel). Celui-ci se pose en défenseur des intérêts des producteurs face aux redoutables négociateurs que sont les distributeurs. Tout en collant à la réalité d’un marché disputé, « où ça se joue au centime près », reconnaît-il.


La trajectoire de LSDH a donc rejoint celle de la PME de jus de fruits du secteur de l’Alsace bossue, en 2008. Celle-ci avait connu les hauts et les bas d’une aventure indépendante puis de l’intégration à un géant de son secteur, l’allemand Eckes Granini dont les bases françaises sont établies en Saône-et-Loire autour de la marque Joker.
Lorsqu’Eckes Granini s’est désengagé de JFA en 2008, quatre cadres de Sarre-Union sont venus trouver et convaincre Emmanuel Vasseneix. LSDH est depuis le propriétaire de l’entreprise, dont il a fait le pilier jus de fruits d’un ensemble diversifié dans les produits laitiers, les autres boissons et les produits végétaux (Lire encadré).


Plus gros de France pour les jus de fruits et l’un des plus importants en Europe

 

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Les 300 salariés de Jus de Fruits d'Alsace produisent 250 millions de litres, pour moitié du jus d'orange.


En treize ans, les investissements se sont succédé « pour un montant cumulé de 60 millions d’€ », calcule le dirigeant. « Le site, le plus gros de France pour les jus de fruits et l’un des plus importants en Europe, avait des forces dont sa localisation au cœur du marché continental, mais aussi des faiblesses, au niveau de ses équipements, de l’emballage, de la logistique et du développement. Nous avons remis tout cela à niveau, et installé la R&D sur place », relate Emmanuel Vasseneix.

Une étape décisive de la modernisation, selon lui, est intervenue il y a quatre ans avec la mise en service d’un magasin de stockage automatisé. De façon générale, « nous appliquons à JFA le principe directeur du groupe, celui de la différenciation, des formats, des produits, etc. », ajoute t-il. Il se décline par exemple dans les briquettes de 20 et 25 centilitres et sort désormais des jus « désucrés », à teneur en sucre réduite de 30 %.

 

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En dix ans, les effectifs ont progressé d’une cinquantaine d’unités pour atteindre 300 salariés. Le prochain investissement n’est pas couplé à une nouvelle hausse. Ces collaborateurs génèrent un chiffre d’affaires annuel de 150 millions d’€ à partir de la production de 250 millions de litres, répartis pour l’essentiel entre le jus d’orange qui demeure le préféré (50 %), les multifruits (15 %), des thés et infusions, et les jus de pomme pour 20 %, soit donc 50 millions de litres annuels.

Pour ceux-ci, LSDH travaille à une relocalisation dont le groupe a fait sa matrice : monter une « filière pomme » de récolte à partir des vergers locaux, de sorte à raccourcir les circuits par rapport à ses approvisionnements venus aujourd’hui de Saône-et-Loire (du transformateur de fruit Foulon-Sopagly), de Normandie, ou, de l’étranger : Italie, Allemagne…
« Cette filière serait en mesure de fournir de quoi remplir 4 à 5 millions de litres par an pour commencer et 10 à 20 millions si elle est bien organisée », assure Emmanuel Vasseneix. Encore faut-il que producteurs et élus locaux y mettent du leur, si l’on en croit le dirigeant. « J’ai encore besoin d’une meilleure preuve que l’Alsace veut de cette filière, pour la rendre compétitive au niveau des coûts et de l’organisation. »

 

LSDH, un poids de plus en plus lourd 
 

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Emmanuel Vasseneix,
président de LSDH
Le groupe LSDH trouve son origine et sa dénomination dans la Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel fondée en 1909 près d’Orléans (Loiret) et acquise par la famille Vasseneix en 1947. Il a rejoint le groupe Célia auquel Emmanuel Vasseneix l’a racheté en 1996. Il compte aujourd’hui 1.500 salariés pour un chiffre d’affaires de 950 millions d’€.
A partir de son fief orléanais, LSDH a grandi et s’est diversifié par croissances externes.
Outre Jus de Fruits Alsace et la laiterie historique, son « pôle liquides » compte une autre laiterie dans l’Indre et unité de soft drinks à Cholet (Maine-et-Loire), et son pôle végétal est constitué de quatre sites de légumes et salades « Les Crudettes »,  en région parisienne, à Arras (Pas-de-Calais), dans le Loiret et à Cavaillon (Bouches-du-Rhône).

 Photos fournies par l'entreprise.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. BLOT Philippedit :

    Bel exemple de diversification. La persévérance finit toujours par payer. Félicitations.

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