Métier. Petits conseils à l’attention de tous ceux qui rêvent de devenir journaliste ou regrettent de ne pas l’avoir été, en référence au climat des plus harmonieux qui règne en ce moment dans la presse dijonnaise.

Lorsque vous entrez dans cette profession, pardon cet Art, puisque que votre mission hautement intellectuelle consiste à informer la multitude, par définition vile et ignorante, soyez hautain, arrogant et imbu de vous-même. Être journaliste se conjugue toujours avec le qualificatif de Grand, dont il convient de vous imprégner au plus haut point.

Vous êtes en conséquence un Grand Reporter, redouté, voire craint, même si vous n’effectuez pas de reportages qui dépassent un rayon de 20 km autour de votre bureau.

Il vous manque toutefois quelque chose : la qualité de journaliste d’investigation. Elle est très difficile à obtenir, alors empruntez-la. Un confrère a enquêté lourdement sur un sujet, et bien reprenez son information phare, ne la sourcez pas et faites en sorte qu’on vous l’attribue. S’il s’étonne d’une telle attitude, jouez l’offusqué et dites bien sûr que vous aviez l’info avant lui.

Identifiez-vous aux gens qui vous reçoivent, singeant au passage leur raisonnement, leur langage et leur comportement.

Recopiez et signez le dossier de presse que l’on ne manquera jamais de vous remettre. Cela gagne du temps et puis on vous louera dans toutes les officines de communication, car vous êtes un ou une journaliste par définition imprégné au plus haut point du sens de l’éthique professionnelle.

Faites toujours relire vos articles, l’indépendance de la presse qui s’insinue dans tous les pores de votre peau est à ce prix.

Copinez avec les dircoms et autres dircabs – tutoiement immédiat conseillé -, la déontologie que vous défendez à tout bout de champ emprunte cette voie royale.

N’écrivez pas pour être lu du plus grand nombre, mais par le seul noyau d’initiés qui vous informe, en paraphrasant leur jargon, tous les autres croiront dur comme fer que vous maîtrisez parfaitement votre sujet.

Enfin, vomissez régulièrement sur vos confrères dans les pince-fesses en tout genre ou à l’occasion d’un éditorial au nom d’une confraternité inscrite en lettres d’or dans cette corporation.

Voilà, respectez bien tout ce qui précède, vous serez alors prêt à plonger dans le grand bain médiatique, en exerçant une profession qui ignore l'humilité, ce que d'ailleurs les auteurs de ces quelques lignes viennent de faire.

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7 commentaire(s) pour cet article
  1. FRAN "dit :

    Olalala!!!! tous mes rêves se brisent ..... Moi qui ai toujours projeté sur ce métier tous mes fantasmes ...... Mais, tant pis. Je reste sur mes positions et je vous envie tout comme avant cette info. Peut être, un jour ....... Nous consultons chaque jour TRACES ECRITES et apprécions. FRAN et LEO

  2. Bouillotdit :

    Bonjour, je ne suis pas certain de bien saisir le sens profond de cet article, fort bien écrit et plutôt juste au demeurant, qui tient plutôt du billet d'humeur. Quel rapport avec l'ambiance "délétère" qui règne à Dijon actuellement ? Nous avons tous, nous journalistes, à nous rappeler les règles éthiques évoquées dans ce papier, alors que, tous, nous les enfreignons plus ou moins régulièrement...

  3. Pierre-Jules Gayedit :

    Enfin une autocritique. La presse qui souffre, la presse malade à l'image de notre société, doit se remettre en question et d'abord les journalistes, ces passeurs... L'hyperbole fait partie du répertoire de l'information au quotidien, dépassée et chassée le lendemain, voire avant. Il faut presser le citron lorsqu'il est vert... Faut-il pour autant généraliser et désespérer ? Il y a en Bourgogne des journalistes intègres qui font leur métier en conscience, humblement, dans le respect de la déontologie de la profession. Ils ont vraiment du mérite car ils n'ont pas toujours, au sein de leur rédaction, les modèles qu'ils aspirent à suivre. Je connais des jeunes journalistes et j'ai confiance en l'avenir. Un jour, ils seront aux manettes et je suis persuadé qu'ils seront des chefs exemplaires. Un salut particulier à Michel (Huvet), honnête homme et plume d'exception dont s'est privée la grande presse régionale industrielle, qui possède l'art consommé de se tirer une balle dans le pied... Ce qui n'est pas grave en soi, mais l'est pour le lecteur et le tissu social. Ne faut-il pas des années pour que s'établissent des liens de confiance et de fidélité entre passeurs et lecteurs ? Lorsqu'ils existent enfin... pourquoi les détruire subitement ? Technocrates et/ou politiques ? Longue vie à la lettre économique Bourgogne-Franche-Comté Traces Ecrites News, dirigée par Christiane Perruchot et Didier Hugue, un des nombreux pur player indépendants en France. Il trace la voie de la presse de demain, celle de l'avenir, celle de nos enfants.

  4. Brigitte Bacheleydit :

    Je suis aussi de l'avis de Michel Huvet, même s'il a déjà quitté ce monde cruel et impitoyable de nos jours (oh ne craignez pas, il est encore en vie!) En plus quand vous avez de la "bouteille" je ne vous dis pas les réflexions des "jeunes cons qui savent tout et des vieux cons qui "se la pètent", comme disent les jeunes.

  5. Didier Arnaud BOREAdit :

    Est-ce le début d'une psychanalyse collective ? Dream CAN we have dreams ? Les journalistes parlent souvent de façon passionnelle, ajoutant au factuel et à l'observation une analyse qui fait avancer la pensée.... Investir c'est découvrir de belles histoires y compris dans le monde des affaires. C'est découvrir des hommes et des femmes qui vivent et, non seulement, des systèmes plus ou moins puissants qui communiquent. Et ces découvertes font parfois des contes fabuleux qui amènent l'information et conduisent au débat dans une juste mesure. Ce coup de gueule du matin nous faut du bien. Il nous fait penser que les valeurs existent et que certains les rappellent

  6. Gilles Delatredit :

    Lourd climat sur Dijon... Soyez les bienvenus dans le Haut-Jura pour vous aérer.

  7. Michel Huvetdit :

    Merci pour cet article. Tout est si bien dit... Et tellement vrai, hélas. Bravo.

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