C’est une belle histoire de transmission et de complicité entre générations : Joël Binetruy, fondateur de Siège & Co près de Besançon, met le pied à l’étrier à son apprenti, Lucas Quarto, qui lui succèdera dans quelques années. La petite entreprise s’est spécialisée dans la fabrication de sièges d’ateliers, un métier plus technique qu’il ne le semble.

Souvent dévalorisée, la voie de l’apprentissage peut apporter de belles surprises. Lucas Quarto, 20 ans, n’en doute pas une seconde. Sa rencontre il y a trois ans « par connaissance » avec Joël Binetruy, 67  ans, trace sa route de futur entrepreneur. « Je n’ai pas d’enfants et je devrais déjà être à la retraite », raconte le dirigeant fondateur, en 2014, de la fabrique de sièges d’ateliers, Siège & Co, à Thise, dans l’agglomération de Besançon. 
La transmission à Lucas est maintenant actée.
Après un BTS en alternance déjà chez Siège & Co, il prépare maintenant une licence des métiers du marketing opérationnel au lycée Saint-Jean à Besançon. Un CDI l’attend avec le diplôme en juin prochain et déjà, les conditions de reprise sont esquissées, concernant notamment le capital de la SAS. L’accompagnement du maître d’apprentissage et la feuille de route conjointe pour ces prochaines années ont tout pour rassurer un banquier, estiment-ils tous les deux.
Les semaines de présence à l’entreprise, Lucas les occupe à apprendre le cycle de fabrication d’un siège d’atelier, du cahier des charges la plupart du temps sur mesure, à l’approvisionnement des pièces de base et au montage lui-même, enfin la livraison. Il se prépare aussi au management. Pour l’instant, la petite entreprise se limite à trois personnes, dont un second apprenti, en BTS Management dans le même lycée, et bientôt un monteur. Mais le business plan devrait étoffer l’équipe rapidement : une embauche ou deux en 2019 et l’objectif du million de chiffre d’affaires (600.000 € en 2018).

 

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Dans les locaux de Thise, derrière le show-room qui présente à la vente des chaises et des fauteuils de bureaux de différents fabricants, se tient le petit atelier qui abrite le coeur du métier de Siège & Co. L’entreprise conçoit et fabrique des sièges d’ateliers pour tous types de postes de travail, dans l’industrie et le commerce. « Bien sûr, il y a un catalogue de modèles standard, mais la position de l’employé au travail avec pour finalité son confort guide la conception des sièges, le plus souvent sur mesure, et les lieux de l’activité déterminent le matériau de base », explique Joël Binetruy qui connaît par coeur le secteur pour avoir codirigé une entreprise de sièges dans les environs de Besançon.

Le polyuréthane avec une mousse épaisse est le siège d’atelier le plus demandé dans l’industrie, car il supporte les chocs, les salissures et les brûlures. Le bois a toujours ses adeptes. Le tissu enduit (une ou plusieurs couches de PVC sur un textile), plus connu sous le nom de skaï, est recherché pour sa souplesse et sa facilité d’entretien. La demande s’exprime autant en sièges avec dossiers qu’en tabourets et assis-debout qui permettent de travailler sur des postes hauts.

200 à 300 sièges en huit jours

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Assemblage d'une assise de siège. © Traces Écrites.

L’atelier du fabricant est plutôt un atelier d’assemblage. Il travaille avec plusieurs fournisseurs français ou européens d’assises, de dossiers, de vérins pneumatiques (pour le réglage des sièges en hauteur et en profondeur), de piétements etc… Pour l’assemblage des éléments, l’entrepreneur fait appel à une entreprise locale d’insertion, Intermed. « Ce fonctionnement permet de suivre le rythme de la demande, très variable et qui s’exprime parfois en gros volumes à réaliser en peu de temps ; nous pouvons ainsi faire 200 à 300 sièges en huit jours », précise t-il.
Dernièrement, Siège & Co a décroché quelques beaux contrats, notamment l’entrée dans la centrale d’achat des magasins Leclerc pour les sièges des caissières ainsi que les postes de travail des couturières d’Hermès à Héricourt (Haute-Saône).
Pour amplifier le mouvement, Joël Binetruy recherche des agents commerciaux dans toute la France. « Notre structure légère permet de maintenir un bon prix, premier critère de choix dans l’industrie, sans sacrifier la qualité. » Il compte aussi sur sa jeune recrue pour éprouver de nouvelles méthodes commerciales : e-mailing, communication, études de marché… Car la concurrence dans le secteur est vive avec de nombreux acteurs qui réalisent quelques millions d’€ de chiffre d’affaires.

 

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Comment choisir le bon siège d’un poste de travail

Joël Binetruy est formel : pour choisir le bon siège d’un poste de travail, il conseille d’utiliser les compétences d’un ergonome. « Ce n’est pas encore dans les moeurs, mais la sensibilisation aux risques de TMS (troubles musculosquelettiques) tend à redonner de l'importance au critère de confort. » L’ergonome étudie la posture de l’employé à son poste de travail, la hauteur nécessaire pour qu’il soit à l’aise, et qui ménage son dos ou tout autre partie du corps qui peut souffrir de la répétition des gestes.

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De gauche à droite : siège d'ateleir en polyuréthane avec repose pieds, siège de laboratoire et assis debout. © Siège & Co.

Qu’il soit destiné au bureau ou à l’atelier, un bon siège ne doit pas être fixe, il bouge avec la personne : le dossier accompagne le dos pour éviter que les lombaires ne s’ankylosent, la profondeur du siège, réglable elle aussi, permet une bonne position des cuisses et des genoux, la hauteur varie aussi selon les tâches à effectuer, les repose-pieds et les accoudoirs donnent au corps la position du repos.
Un vérin asynchrone qui permet de régler différemment et indépendamment le dossier et l’assise est un facteur de bonne adaptation au poste de travail.

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