L’acquisition d’iXblue par le groupe Gorgé a donné naissance, fin 2022, à Exail, un acteur mondial de la haute technologie en robotique, navigation maritime, aérospatiale et photonique. Cette dernière activité est déployée dans la capitale comtoise où sont conçus et fabriqués les modulateurs optiques les plus rapides au monde.
Sur les hauteurs Temis Technopole à Besançon, l’enseigne qui orne la façade du grand bâtiment sera bientôt changée : le nom Exail remplacera celui d’iXblue. Le groupe français, spécialisé dans l’hydrographie (étude et description des cours d'eau) et les drones marins, auquel l'entité bisontine appartenait depuis 2015, a en effet été racheté en septembre dernier par Gorgé (2.000 collaborateurs dans le monde, chiffre d'affaires de 178 millions d’€ en 2021).
Active dans les domaines de la sécurité et des hautes technologies, l'ETI familiale française a rapproché à cette occasion iXblue (chiffre d'affaires annuel : 130 millions d’€ ) d’ECA, sa filiale de robotique militaire qui fournit notamment aux marines belge et néerlandaise des navires chasseurs de mines.
Les deux entreprises opèrent donc désormais sous une marque commune avec l’ambition de devenir un champion industriel d’envergure mondiale en robotique, navigation maritime, aérospatiale et photonique, la science de la lumière.

Avec son effectif de 80 salariés, le site de Besançon est le plus important du pôle photonique d’Exail. Il fait désormais partie d’une division employant 1.500 personnes qui ambitionne de doubler de taille d’ici trois à cinq ans de sorte à atteindre la barre des 500 millions d’€ de ventes. « Il s’agit de rebâtir quelque chose, c’est un projet très ambitieux », observe Henri Porte.
À quelques semaines de la retraite, cet ancien chercheur mesure le chemin parcouru depuis la création en 2000 de Photline Technologies, start-up qui était issue du laboratoire d’optique de l’Université de Franche-Comté. Avec Pascal Mollier, qui vient de lui succéder à la direction, ils ont développé au sein de cette première société une technologie avant-gardiste pour les transmissions par fibre optique à très haut débit : une puce déposée sur un cristal, puis enfermée dans un boîtier, module la lumière, convertissant le signal optique en information. « Il s’agit des modulateurs optiques les plus rapides au monde », précisent les deux scientifiques ayant quitté la recherche académique pour devenir dirigeants d’entreprise.

Dans les locaux de Temis, ces composants sont conçus, le plus souvent sur mesure, fabriqués en salle blanche et assemblés. Ces opérations de haute précision très contrôlées sont effectuées au micron près, essentiellement de façon manuelle. Tournée à 80 % vers l’export, la production à très forte valeur ajoutée est logiquement positionnée sur des marchés de niche mais s’adapte à des applications variées.
1 million d’€ d’investissement en 2023

Ainsi, la forte croissance enregistrée ces dernières années par l’établissement bisontin est portée par le secteur spatial (avec des systèmes destinés aux satellites), la métrologie, la recherche sur la fusion nucléaire ou encore le transport routier. Et comme seulement 15 % du chiffre d’affaires (d’un total proche de 20 millions d’€ en 2022) est réalisé en interne pour alimenter en circuits optiques les centrales de navigation inertielle d’iXblue, le changement de bannière ne devrait pas tout bouleverser. « L’impact sera neutre sur la production, estime Pascal Mollier. Notre activité étant rentable, nous allons poursuivre la stratégie de développement prévue. »
En 2023, un investissement d’1 million d’€ est budgété pour doubler certains équipements et développer l’automatisation des process. Des recrutements sont également programmés afin d’adapter le rythme de fabrication à la hausse de la demande et renforcer les fonctions supports. Depuis son installation sur le pôle des microtechniques en 2017, l’ex-iXblue, désormais Exail, a déjà multiplié par deux son effectif.









.png)
































.jpg)

















