L’équipementier automobile vient de consacrer 6 millions d’€ à l’optimisation du fonctionnement de son site de production à haute cadence de petites pièces pour le câblage , et il prévoit une enveloppe complémentaire de 3 millions d'€. L’usine appartient au même groupe américain que le site Rivex récemment transféré en périphérie d’Ornans.
Si l’usine ITW Rivex, qui sera inaugurée ce 1er décembre à Ornans (Doubs), se distingue par l’ampleur de son investissement de 25 millions d’€ pour son transfert en bord de ville, sa cousine alsacienne d’Ingwiller (Bas-Rhin) n’est pas en reste. Dans des bâtiments nettement moins clinquant, situés au milieu d’une zone commerciale et non loin des habitations, et dans des proportions moindres s’agissant de l’engagement financier, mais pas négligeables pour autant : elle termine un programme de 6 millions d’€ entamé il y a trois ans pour améliorer son fonctionnement et ses performances et est engagé dans un nouvel effotr de 3 millions d'€.
Présentée la semaine dernières à l’occasion d’une visite de la préfète de région Grand Est Josiane Chevalier et d’une délégatiion de la CCI Alsace Eurométropole, son activité se déploie comme chez Rivex dans la sous-traitance automobile. Mais sur des produits différents qui la font se loger dans une autre division du conglomérat américain (*) : pour la fixation toujours, mais par des pièces plastiques injectées, là où Rivex produit des composants métalliques.
Sa production, le site alsacien sous bannière de la SAS (société par actions simplifiée) ITW EF & C France (pour Engineered Fasteners & Components) la réalise « à très haute cadence », selon l’expression de son directeur Emmanuel Caplat : 1,8 milliards de pièces par an, soit 8 à 10 millions par jour, qui consistent principalement en des lanières pour les quelques 7 kilomètres de câbles qui parcourent chaque véhicule. « Nous sommes portés par la vague de l’augmentation du cablâge qui n’est pas prête de s’arrêter. L’électrification du parc ne nous impacte pas, elle va même plutôt intensifier cette tendance », souligne Emmanuel Caplat. D’autres pièces endossent des fonctions d’habillage (panneaux de portes, butées des coffres…) ou d’obturation, contre le bruit ou pour le drainage de l’eau par exemple.
Ces fabrications « que l’automobiliste ne voit pas » sont livrées essentiellement en rang 2, pour les équipementiers qui fourniront eux-mêmes les constructeurs. La division d’appartenance de l’usine d’Ingwiller a dédié chacun de ses sites à un ou quelques constructeurs installés à leur proximité, à l’échelle de l’automobile c’est-à-dire dans un rayon de l’ordre de 250 km.
Dans l’aire d’influence de Stellantis
Dès lors, Stellantis constitue de loin le premier client final d'ITW E&C France, les usines allemandes d’Opel (Rüsselheim) ayant complété une liste constituée de longue date des fiefs PSA de Mulhouse, Sochaux et Vesoul. « Nous voyons également des opportunités poindre avec Fiat », relève le directeur, sachant que la firme de Turin demeure d’abord l’apanage de l’implantation ITW à Hône dans la vallée transalpine d’Aoste, de même qu’en région parisienne, Beauchamp alimente Renault, As en Suède Volvo et Basingstoke en Angleterre Jaguar et Land Rover.
Cet ensemble totalise un effectif de 502 salariés et un chiffre d’affaires proche de 200 milions d’€. En son sein, Ingwiller représente respectivement 127 personnes et 46 millions d’€ en 2023 (+ 10 % en un an). « Le choix d’organisation en mode PME nous caractérise, il apporte de l’autonomie et de la souplesse », relève Emmanuel Caplat.
Faire fructifier ces atouts a motivé l’investissement en cours d’achèvement. Les flux ont été restructurés et rationalisés en trois zones selon les matières, le degré de technologie et de volumes. Le parc de machines a été significativement modernisé. Il se compose de 55 presses à injecter, dont le renouvellement donne l’occasion d’un changement de mode d’alimentation, moins énergivore : les presses hydrauliques font progressivement place aux électriques, les 8 dernières toujours en poste s’effaceront en 2024 et 2025. « L’économie de consommation atteint 40 % », signale le directeur. Le bouclage de cette mutation et la poursuite des réaménagements déclenche un programme complémentaire de 3 millions d'€. De plus, les récents investissements ont créé une zone de réserve qui sera en mesure, si besoin, d'accueillir 25 presses supplémentaires.
Malgré ses chiffres impressionnants d’unités de production, Ingwiller n’est pas la caricature de l’ « usine-tournevis ». Multi certifiée (14 001, 45 001, 50001, IATF 16949), elle a veillé à conserver de bonnes conditions de travail et elle intervient aussi en amont, par son centre de développement et son département de prototypage. Elle se fait un point d’honneur – bien sûr attendu des clients – à conjuguer quantité et qualité : à 420 piéces défectueuses annoncées sur une année par rapport à 1,8 milliard d'unités produites, le ppm (**) est objectivement insignifiant, de même que le nombre de réclamations clients : 14.
(*) Illinois Tool Works (ITW) emploie 46.000 salariés dans le monde dans des activités industielles tès diverses et a réalisé un chiffre d’affaires de 15,9 milliards de dollars en 2022. Ingwiller, qui était sous bannière de TRW, est passé dans le giron d'ITW à la suite du rachat de l'équipementier américain.
(**) partie par million, indicateur de mesure de la qualité de service au client


















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