Future installation de radiographie franco-britannique, dans laquelle seront menées des expériences hydrodynamiques.
Future installation de radiographie franco-britannique, dans laquelle seront menées des expériences hydrodynamiques.

NUCLEAIRE MILITAIRE.  Le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) de Valduc frisera, voire dépassera, le milliard d’€ d’investissements d’ici à 2025.

Un programme gigantesque destiné à pérenniser son outil industriel entièrement dédié à la fabrication des éléments nucléaires des armes de dissuasion.

Deux bâtiments très spéciaux sortent de terre.

Explications avec François Bugaut, le directeur du site.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

François Bugaut, qui dirige le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) de Valduc, implanté en Côte-d’Or, à 45 km au nord-ouest de Dijon, explique le programme d’investissement hors normes que conduit son site, d’une voix qui pourrait presque prêter à la confidence.

Cet homme charmant, en poste depuis mai 2011, n’ira toutefois pas au-delà de ce que lui impose le secret défense.

Car ici, on s’occupe de nucléaire militaire, donc de la force de dissuasion. Cet ingénieur centralien de 53 ans en dit toutefois suffisamment pour satisfaire notre curiosité.

« Nous remplaçons progressivement, disons sur plus de deux décennies, tous les bâtiments et leurs équipements pour pérenniser notre outil industriel », explique t-il.

Cela représente plusieurs centaines de millions d’€, voire le milliard à terme, au rythme d’une trentaine chaque année. Mais pas question d’en savoir plus et notamment la surface et le coût des deux bâtiments qui sortent de terre en ce moment.

La première installation, opérationnelle à l’horizon 2017, servira de centre de R&D, d’unité de production et de recyclage de la matière nucléaire. Elle emploiera une cinquantaine de personnes déjà présentes sur place.

« Les chantiers chez nous sont toujours très longs, car le béton, la ventilation ou le câblage, pour ne prendre que quelques exemples, relève de cahiers des charges pointilleux qui obligent à une mise en œuvre très pointue », argumente François Bugaut.

François Bugaut, directeur du CEA de Valduc.
François Bugaut, directeur du CEA de Valduc.

Un impact considérable sur le territoire

Le second découle de traité de défense réciproque signé avec le Royaume-Uni en 2010.

Il s’agit d’une unité partagée avec la Perfide Albion où seront conduites à partir de la fin 2014 des expériences hydrodynamiques.

Jusqu’à une centaine de personnes y sera accueilli, dont 25 britanniques à plein temps. François Bugaut a dû déployer des trésors de diplomatie pour que l’Éducation Nationale mettent en place un enseignement bilingue dans certaines écoles de la région.

Les commissariats à l’énergie atomique sont des établissements publics industriels et commerciaux (EPIC). Celui de Valduc, vaste de 800 hectares, emploie un peu moins de 1000 personnes.

Mais, 800 de plus y travaillent, car il faut rajouter 350 personnels de maintenance, 150 jeunes en formation et 300 salariés des entreprises qui construisent sur place et ont un accès direct à leur chantier.

ceaSon impact sur le territoire très rural qui l’accueille depuis 1957 est considérable.

Il s’élève à 230 millions d’€, dont 120 millions de dépenses courantes, 30 millions d’immobilier et 80 millions de salaires.

Crédit photos : CEA de Valduc

1 commentaire(s) pour cet article
  1. soleil vertdit :

    La machine kafkaïenne à creuser des trous et à les reboucher, l'idéologie de la force de frappe (dont la France a pourtant ratifié le traité de désramement....) pour créer des emplois artificiels, et détruire au passage des sites naturels, bien cachés dans la forêt, et consommer des milliards de kWh (construction d'un énorme relai-transfo à Darcey). Ce monde est décidemment fou et ses esclaves formatés sortent de Centrale. Lamentable.

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