Patricia Koch, chef d'entreprise dans le Haut-Rhin a créé le collectif Défense PME contre l’inertie des banques en 2012. Christian Robischon
Patricia Koch, chef d'entreprise dans le Haut-Rhin a créé le collectif Défense PME contre l’inertie des banques en 2012.
Christian Robischon

FINANCEMENT. On n’avait plus trop entendu parler du collectif Défense PME.

L’association alsacienne qui s’était fait connaître par quelques manifestations de rue contre le matraquage fiscal et les portes closes des banquiers, dépasse aujourd'hui le stade de la complainte.

Elle vient de créer deux alternatives aux banques, basées sur la solidarité entre PME.

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Après un pic à 400 adhérents, (relire notre article ici) le collectif Défense PME est retombé à une centaine de membres, concentrés pour l’essentiel dans le Haut-Rhin et le Nord Franche-Comté.

Ce noyau dur a agi davantage dans l’ombre ces derniers mois, pour dépasser le stade de la complainte. Il a travaillé à construire des offres de financement alternatives aux banques, dont il dit désespérer.

Cette solution surgit désormais à la surface. La voie est étroite, « border-line », mais reste du bon côté, le légal, assure le Collectif.

Deux sociétés de financement « solidaires » ont été conçues, dont les statuts ont été pesés virgule après virgule par le cabinet d’expertise-comptable Valuence et un cabinet d’avocats mulhousien.

« Nous avons opté dans les deux cas pour la forme juridique de la Société par actions simplifiée (SAS) car elle garantit le contrôle le plus strict en imposant la nomination de commissaires aux comptes soumis à des obligations légales très précises », souligne d’emblée Olivier Jund, dirigeant-associé de Valuence, basé à Froeningen (Haut-Rhin).

Avances de trésorerie entre PME

La première société est constituée depuis mars, sous le nom de CDPME SAS Solidaire.

Elle est alimentée par des versements mensuels d’entreprises qui en sont membres et peuvent être complétés par des dons de mécènes et des actions commerciales.

« 400 entreprises versant 100 € mensuels, cela représenterait 480 000 € », souligne Patricia Koch. Début juin, CDPME Solidaire SAS avait collecté 6 000 € auprès de 15 actionnaires en capital et environ 3 900 € mensuels. «  Il reste donc encore un peu de travail… », admet volontiers Patricia Koch.

Cette SAS Solidaire poursuit trois buts principaux. D'abord, mutualiser les coûts dans les domaines de l'assurance, du factoring , des expertises et des frais d'avocat - d’où une économie et rapide en charges fixes - et mutualiser les achats de matériel, métal, papier, etc…

Ensuite, emprunter auprès des banques pour le compte d’une entreprise demandeuse qui doit investir dans des équipements, ces derniers lui étant reloués.

Enfin, accorder des avances de trésorerie entre PME : « Nous utilisons une disposition règlementaire peu usitée qui rend possible les avances de trésorerie entre des sociétés liées, terme qui suppose que la société bénéficiaire détienne au minimum 5 % du capital de la société prêteuse », expose Olivier Jund.

Le taux d’intérêt sera modique, de l’ordre de 2 %, sans commune mesure avec des agios bancaires.

CDPME SAS Solidaire ne financera pas les yeux fermés. Un comité d’engagement composé d’Olivier Jund et de quatre chefs d’entreprise expérimentés sélectionnera les dossiers.

CDPME Solidaire SAS permet des avances de trésorerie entre PME, par exemple pour financer un équipement de production. © Christian Robischon
CDPME Solidaire SAS permet des avances de trésorerie entre PME, par exemple pour financer un équipement de production.
© Christian Robischon

Prises de participations temporaires

Une deuxième SAS est en cours de validation. Sa cible, ce sont les contribuables de poids assujettis à l’impôt sur le revenu (IR) ou à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

CDPME Investissement - c'est son nom - leur propose d’investir en prises de participations dans les PME pour une durée minimale de cinq ans, moyennant une déduction fiscale (18 % dans le cas de l’IR, 66 % pour l’ISF). Le nombre d’actionnaires ne peut dépasser 49.

« Il s’agit d’un fonds d’investissement comme il en existe quantité sur le marché. Mais au lieu d’investir dans des "véhicules" lointains, il propose de financer le tissu régional de PME/TPE , dont les contours sont clairement identifiés », décrit Olivier Jund.

Le collectif PME a imaginé ces dispositifs sur le constat « effrayant » des dépôts de bilan.

« Pour beaucoup, ils résultent simplement d’un manque de fonds propres, de crédits, de prêts et de réactivité publiques, alors que les carnets de commandes sont remplis. C’est l’inverse parfait de ce que véhicule le discours politique ambiant », déplore Patricia Koch.

Avant d’interroger : « ne vaut-il pas mieux sauver les emplois existants de nos PME/TPE plutôt que de créer des emplois d’avenir, sans avenir, à grand coup d’argent public ? »

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Tinguelydit :

    Bonjour Tous les médias parlent de l'emploi et de l'alternance qui, comme vous le savez, concerne un élève sur cinq soit plus ou moins 300 000 jeunes chaque année en France. Un peu de reconnaissance leur fera le plus grand bien! Des élèves de l'association Maison familiale Rurale de Vézénobres (30) ont décidé de le faire entendre en chanson dans la joie en montant leurs groupe Alternance! https://www.youtube.com/watch?v=qEDDSjJjkdA&feature=youtu.be

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