L’entreprise Ghito à Chevigny Saint-Sauveur (Côte-d’Or) qui oeuvre dans l’aménagement et la rénovation, connaît une croissance exponentielle. Son dirigeant, Thomas Guillaud, vient de recevoir le prix du magazine Le Moniteur de la création d’entreprise la plus remarquable au niveau national dans le BTP.
« On engrange un million de chiffre d’affaires en plus chaque année. » Thomas Guillaud, le gérant de Ghito, pose d’emblée les chiffres qui traduisent l’ascension rapide de son entreprise à Chevigny Saint-Sauveur (Côte-d’Or) en périphérie de Dijon. Créée en 2018, elle a atteint, cinq ans plus tard, un chiffre d’affaires de 5,5 millions d’€. Elle intervient dans tous les corps de métier du second oeuvre pour des travaux d’aménagement et de rénovation.

Cette croissance et les principes qui la fondent ont attiré l’attention du Moniteur des travaux publics et du bâtiment : l’hebdomadaire de référence de la filière a décerné, en décembre dernier, à Thomas Guillaud, son « Prix Moniteur de la Construction » national, dans la catégorie création d’entreprise (pour des dossiers remontant jusqu’à cinq ans).
Ghito a réalisé pas moins de 400 chantiers en 2023 : des salons, des cuisines, des salles de bain, des bureaux…Le secret de sa réussite repose sur une idée simple : constituer une structure qui réunisse l’ensemble des composantes du tous corps d’état (TCE) dans le second oeuvre, comme les plombiers, les électriciens, les menuisiers, les carreleurs, les peintres, les paysagistes, mais aussi les décorateurs.
« Notre valeur ajoutée réside dans l’accompagnement du client de A à Z. Il n’a qu’un seul interlocuteur. Il n’a pas besoin d’architecte ou de décorateur : nous en avons. Il en va de même pour tous les artisans requis pour la rénovation de son bien », souligne le dirigeant trentenaire. Deux architectes décoratrices interviennent pour effectuer des plans 3D, qu’elles présentent en amont au client. Les artisans, salariés de l’entreprise, peuvent ensuite organiser les travaux de façon concertée, en déterminant une date fiable de restitution finale.
Son idée, le jeune entrepreneur l’a mûrie durant ses 10 années de fonction de chargé d’affaires dans une entreprise de carrelage. Il y a remarqué combien les clients ont besoin d’être conseillés dans leurs travaux. Il fonde son activité en 2018, avec l’idée d’embaucher 6 à 7 salariés au bout de deux exercices : ce sera finalement douze. Et le compteur des effectifs ne fait que croître, jusqu’à atteindre 36 salariés en ce début d'année 2024. Le choix des collaborateurs n’est pas anodin et Thomas Guillaud lui applique une technique très personnelle et pas scientifique : « quand je trouve un bon collaborateur qui me plaît, je le prends, que j’aie du travail ou pas. Le travail, ensuite, il suit. »
Un attachement à la qualité

L‘entrepreneur entend bien répondre à des attentes exigeantes de la part de sa clientèle. Composée à 75% de particuliers, complétés d’entreprises, de domaines viticoles, de cabinets d’affaires, de cabinets médicaux ou encore du secteur public, « elle recherche du qualitatif sans être à 5 ou 10% près pour le montant de sa facture », assure Thomas Guillaud.
La confiance aidant, l’entreprise intervient toujours plus loin géographiquement, repérée qu’elle est par le bouche-à-oreille, qui constitue sa principale source de publicité, avec la circulation de son logo au moyen de sa trentaine de véhicules. Active à Dijon, Beaune, Dole, ou encore Chalon-sur-Saône, la PME vient d’accepter un chantier à Besançon, un particulier pour lequel il était déjà intervenu à Dijon. Un suivi SAV gratuit a également été mis en place. Un poste de travail y est dédié, lorsqu'il s'agit de refaire un joint de silicone ou encore revoir un ajustement de porte qui frotte.
L’entreprise répond à des commandes simples, jusqu’à des travaux haut de gamme pouvant atteindre 1 million d’€. Elle est engagée depuis octobre dernier dans la rénovation de la maison de maître du domaine Capitain-Gagnerot à Ladoix-Serrigny (Côte-d’Or), un chantier de 500 m2 qui se terminera en fin d’année. Ghito a également contribué à la réfection des salles d’eau de l’hôtel de police de Dijon. Et la liste est loin d’être exhaustive.
Fait quelque peu étonnant pour une société de cette taille, le dirigeant a recruté une responsable qualité qui prend connaissance des chantiers en amont et en assure le suivi. L’objectif est de proposer des matériaux éco-responsables : des peintures à l’eau, des produits en bois dotés de la labellisation éco-responsable PEFC, comme les parquets par exemple. L’entreprise, titulaire de la certification Qualibat RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) a également créé sa propre zone de déchetterie, de façon à trier en interne les déchets liés aux chantiers.
L’année 3.0

Le projet de l’année 2024 concerne la connectivité avec la conception d’une application mobile. Le donneur d’ordre comme l’équipe de travaux pourront retrouver sur smartphone les informations essentielles : devis, signatures électriques, rapports de chantier. À travers cette application, l’essentiel pour le dirigeant est de créer une communication beaucoup plus fluide. « Le client qui rentre tard sans avoir pu voir les équipes en journée pourra se connecter, et lire ce que les collaborateurs ont prévu de faire le lendemain», explique Thomas Guillaud. L’outil, qui doit démarrer en avril, s’appuiera sur quelques client-tests au démarrage.
Ghito et son créateur Thomas Guillaud font partie du quintette de récipiendaires d’un « Prix Moniteur de la Construction » pour l’édition 2023 de ce concours que le magazine spécialisé a monté dès 2001 dans le but de récompenser les PME régionales, indépendantes des majors du BTP, jugées les plus performantes dans la combinaison des indicateurs économiques, financiers, sociaux (culture de l’apprentissage, politique de prévention…) et de qualté de prestations.
Dans la catégorie clos et couvert, l’entreprise alsacienne de gros œuvre Mader a décroché le prix national, le jury ayant été séduit par la capacité de cette société coopérative de 100 salariés à Guebwiller (Haut-Rhin) à mettre en œuvre des bétons complexes. Lauréats régionaux, CVI dans les Vosges (second œuvre, 45 salariés) s’est installé comme référénce de la menuiserie aluminium pour les professionnels dans le Grand Est et en Rhône-Alpes. Au chapitre des travaux publics, Berthold à Dieue-sur-Meuse (Meuse, 280 collaborateurs) multiplie les références de chantiers techniques, dans les ouvrages d’art métalliques sa marque de fabrique, comme dans le génie civil en béton. La familiale Electricité Gay, distinguée dans la catégorie des équipemente techniques, envoie notamment ses 45 salariés sur les chantiers de centrales solaires au sol ou d’éoliennes pour y implanter les installations électriques de forte puissance préalablement fabriquées dans ses ateliers de à Châlons-en-Champagne (Marne).
Enfin, le « Prix Excellence » saluant le parcours au long cours d’une PME devenue une place forte indépendante du BTP a été attribué cette année au groupe dijonnai Roger Martin. Son président Vincent Martin a relaté la croissance régulière et cohérente de la société familiale née en 1895 dans les travaux publics, à un auditoire impressionné, celui de dirigeants de toute la France qui pourraient, un jour, connaître la même ascension.



































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