Tonnellerie. Le tonnelier de Saint-Romain (Côte-d’Or) poursuit sa conquête du Royaume-Uni en rachetant une quatrième tonnellerie écossaise.

La publication de ses résultats financiers annuels, qui demeurent excellents, montre néanmoins une stagnation d’activité, tant pour les fûts à whisky que ceux destinés à la viticulture. Le fabricant progresse néanmoins fortement sur les produits de boisage œnologique. (cliquez sur les photos pour les agrandir)

Jérôme François, président du directoire du groupe François Frères, implanté à Saint-Romain (Côte-d’Or), aime les grands whiskys.

À titre personnel, mais également pour le business au point d’acheter une quatrième tonnellerie en Écosse, baptisée Camlachie Cooperage (3 millions de £ de chiffre d’affaires). L’opération, conclue début juin, s’élève à environ 3 millions d’€.

Elle permet au premier fabricant mondial de tonneaux de se tailler la part du lion au Royaume-Uni en pesant 90% du marché local de la tonnellerie indépendante.

«Nous couvrons maintenant les principales régions productrices de cet alcool et renforçons nos positions auprès de nos clients producteurs, comme le groupe Pernod-Ricard», explique Jérôme François.

Cette diversification, engagée depuis 2007, ne paye pourtant pas cette année où l’activité whisky demeure stable à 29 millions d’€. Et souffre même d’une légère baisse de 3,3% sans l’effet de change.

«Par effet d’inertie, la baisse des investissements ces dernières années chez les producteurs nous pénalise, mais la consommation devrait atteindre une hausse de 3% par an jusqu’en 2014 et nous sommes optimistes», argumente le dirigeant.

Le boom des produits de boisage

Autre sujet d’inquiétude : le vin. L’arrachage ces cinq dernières années de 210 000 hectares de vignes dans le monde (soit deux fois la superficie du Bordelais) et une récolte 2010 qui s’avère la plus modeste en volume depuis 15 ans, fait souffrir le tonnelier. Ses ventes de fûts se rétractent en conséquence de 2,7%.

Seule, la fabrication de foudres (gros contenants de 30 à 500 hectolitres) progresse de 40% en raison de subventions largement distribuées aux viticulteurs. «Nous avons toutefois de bons espoirs de rebond, avec une consommation mondiale de vin qui devrait de nouveau légèrement augmenter», souligne Jérôme François.

La très bonne nouvelle vient de la commercialisation des produits de boisage œnologique, en hausse de 150% ces trois dernières années. Elle atteint aujourd’hui 6,4% de l’activité consolidée part du groupe, à 7 millions d’€. Conscient du fort potentiel de ce marché, le groupe François Frères a racheté l’intégralité du capital de la société Arobois, basée à Gagnac-sur-Cère (Lot), où il était actionnaire depuis 2007 à hauteur de 50%.

Cette situation en demi-teinte ne doit pas masquer les toujours très bons résultats de l’entreprise, cotée à la bourse de Paris.

Le chiffre d’affaires de l’exercice, clos au 30 avril 2011, est équivalent à celui de l’an dernier, à 109,5 millions d’€. Si le bénéfice fléchit légèrement de 5,9%, il atteint la respectable somme de 14,4 millions d’€. La trésorerie s’élève à 18 millions, la marge opérationnelle à 22 millions et l’endettement est résolument négatif.

Évolution sur cinq ans du chiffre d’affaires de François Frères

2006-2007 : 91 millions d’€

2007-2008 : 103,4 millions d’€

2008-2009 : 112,7 millions d’€

2009-2010 : 109,5 millions d’€

2010-2011 : 109,5 millions d’€

Crédit photo: François Frères

1 commentaire(s) pour cet article
  1. anne KERMARRECdit :

    Magnifique cette réussite. Quel étendard pour la Bourgogne !

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