TONNELLERIE. Le tonnelier bourguignon, devenu le n°1 mondial, accroît ses parts de marchés en rachetant Radoux au groupe Oeneo, pour 45,3 millions d’€.

Il s’implante en Charente où le marché du cognac est en pleine expansion.

Cette nouvelle diversification dans les fûts à spiritueux découle d’une forte politique de croissance externe pour contrecarrer les fluctuations récurrentes du monde viticole.

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Pour affronter les aléas conjoncturels du marché viticole, le tonnelier bourguignon François Frères (109,5 millions d’€ de chiffre d’affaires, 720 salariés), numéro un mondial du secteur, se diversifie depuis quelques années dans les fûts à spiritueux.

Après avoir racheté plusieurs tonnelleries écossaises à whisky (**), il vient de reprendre au groupe Oeneo la société Radoux, implantée à Jonzac (Charente-Maritime) dans l’aire d’appellation du cognac.

«Bien qu’encore trop peu développée sur le marché du cognac, en pleine expansion, cette entreprise nous offre l’opportunité rêvée d’être proche de clients à fort potentiel», explique Jérôme François, le président du directoire de François Frères.

Radoux (29 millions d’€ de chiffre d’affaires, plus de 50 000 fûts à l’année), qui possède un autre site en France - une méranderie dans le Berry -, trois filiales de production à l’étranger (Afrique du Sud, Californie et Espagne), ainsi qu’une filiale de commercialisation en Australie, permet au tonnelier de Saint-Romain (Côte-d’Or) d’atteindre 30% des parts de marché mondiales.

Valorisation à sept fois l’EBITDA

L’opération financière entre ces deux groupes cotés à la bourse de Paris s’élève à 45,3 millions d’€, soit sept fois l'EBITDA (*). Oeneo, très spécialisée dans les produits de bouchage, ne conserve plus aujourd’hui que la tonnellerie Seguin-Moreau.

François Frères publie, de son côté, des chiffres d’activité à neuf mois (81,8 millions d’€) en hausse de 6%.

Cette progression s’explique par le rebond des ventes de fûts viticoles de 5,4% et de 7,9% pour ceux dédiés aux spiritueux.

«Je pense que nous avons touché le fond pour le vin, entre crises économiques et aléas climatiques, d’où notre souci d’avoir des capacités productives en réserve», affirme Jérôme François qui, en matière de croissance externe, entend ne pas en rester là.

(*) Revenus avant intérêts, impôts, dotations aux amortissements et provisions.

(**) À lire aussi sur Traces Ecrites News: François Frères multiplie les tonneaux en terre écossaise

Evolution du chiffre d’affaires de François Frères.

2006-2007 : 91 millions d’€

2007-2008 : 103,4 millions d’€

2008-2009 : 112,7 millions d’€

2009-2010 : 109,5 millions d’€

2010-2011 : 109,5 millions d’€

2011-2012 (9 mois) : 81,8 millions d’€ (+ 6%)

Crédit photo : François Frères

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