L'équipe du projet de recherche du cluster Eco Chantiers.
L'équipe du projet de recherche du cluster Eco Chantiers.

TRAVAUX PUBLICS. Né il y a deux ans, le cluster Eco Chantiers de Franche-Comté lance son premier projet collaboratif sur le recyclage des déchets de chantier.

L'Ademe alloue les deux tiers du budget de recherche et développement conduit par un consortium d'actifs publics et privés, aux rangs desquels les canalisateurs franc-comtois Vermot TP et STVM Performance.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

L'initiative du cluster Eco Chantiers de Franche-Comté est d'une brûlante actualité : le gouvernement vient de mettre en consultation publique son plan national de prévention des déchets 2014-2020.

Les travaux publics sont de gros producteurs de déchets : 20 à 30 millions de tonnes de déblais inertes et non polluants, provenant des chantiers de rénovation (routes, plateformes, etc.).

En même temps, la profession se pose la question du manque de matière première. Gros utilisateurs de granulats (environ un million de tonnes par jour) pour construire des routes, combler des tranchées, les travaux publics ne réutilisent, estime t-on, qu'environ un tiers des déblais de chantier en substitution aux granulats nobles.

La contre-performance n'est pas seulement culturelle, elle est aussi technique.

Initié par la fédération régionale des travaux publics, le cluster Eco Chantiers explore l'un des aspects de la question : les déblais de tranchées pour les réseaux électriques.

Un angle très spécifique remarqué par l'agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) qui a retenu sa proposition dans son appel à projets de recherche et développement sur les déchets du BTP.

« Il s'agit de déterminer comment les matériaux extraits d'un site peuvent être réemployés pour le remblaiement des tranchées dont ils sont issus, et d'apprécier les risques inhérents à ce réemploi », expose Eric Vermot, président du cluster et dirigeant de l'entreprise éponyme à GiIley (Doubs).

Baptisée Valo CQFD, pour "valorisation des déblais de tranchées sur chantier pour une qualité fiable et durable", l'expérimentation réunit des acteurs privés et publics.

Du côté des entreprises : les canalisateurs régionaux Vermot TP, désormais filiale d'Eurovia et STVM, spécialiste des tranchées étroites à Pontarlier (Doubs) ainsi qu'un maître d'ouvrage, RTE (Réseau de transport d'électricité).

Côté recherche : le Lemta (laboratoire d'énergétique et de mécanique théorique et appliquée) de l'université de Lorraine et le laboratoire interne d'Eurovia.

L'innovation porte sur la réutilisation des déchets de chantier pour les réseaux électriques enterrés.
L'innovation porte sur la réutilisation des déchets de chantier pour les réseaux électriques enterrés.

Chantiers expérimentaux de RTE

« Si cette pratique est déjà connue pour les réseaux humides (NDLR : canalisations d'eau), elle n'a jamais été expérimentée pour les réseaux électriques qui ont des contraintes thermiques, mécaniques et hydriques spécifiques », expose le président du cluster.

« Les câbles électriques, notamment haute tension, génèrent de la chaleur dans la tranchée ; on veut savoir comment elle interfère avec les matériaux recyclés et quelle est leur durabilité », ajoute Frédéric Lesur, expert chez RTE.

« Jusqu'à présent, on recycle les graves naturels de carrière avec de la chaux pour les réutiliser sur des chantiers ; ce projet monte en gamme avec pour but de formuler des produits élaborés », précise pour sa part Noël Vermot, P-DG de STVM.

Prévu pour durer trois ans, le projet de recherche fera des allers-retours entre les laboratoires et le terrain.

Les expérimentations se dérouleront sur des chantiers de RTE en Franche-Comté. Les deux canalisateurs régionaux les mettront en oeuvre.

Parce qu'ils conduisent souvent des chantiers de réseaux enterrés, ERDF, le conseil général du Doubs et le syndicat mixte d'énergie du Doubs (Syded) sont également associés.

Le consortium compte aboutir à des techniques de traitement économiquement viables. Il dispose d'un budget de 395 000 €, subventionné à hauteur de 65% par l'Ademe.

Photos : Cluster Eco chantiers.

Commentez !

Combien font "6 plus 7" ?