L’entreprise, implantée près de Dijon et dans la région toulousaine, pose des filets de sécurité sur les chantiers de construction ou de rénovation. Elles sont une petite dizaine en France à faire ce métier très technique et sans formation préalable spécifique. Un savoir-faire précieux qui sauve des vies…

 

Frédéric Mesplomb reçoit dans sa superbe maison, située non loin de Dijon en bordure du canal de Bourgogne, et qui lui sert tout à la fois de siège social et de bureau. Président de France Filets, une entreprise reprise par ses soins en 2009, il assure un savoir-faire peu connu du grand public : la pose de filets de sécurité sur les chantiers de construction, comme de rénovation, qui dépasse 2,5 mètres de hauteur. Une obligation légale.

 

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« Nous sommes moins d’une dizaine d’entreprises en France à exercer ce métier, presque toujours en prestation de services d’une entreprise du bâtiment », explique le dirigeant. Ses équipes - un binôme ou un trinôme - interviennent en premier lieu avec les échafaudeurs. « On m’a rapporté par trois fois que nous avons contribué à sauver des vies ou éviter l’accident très grave et, pour chacun des cas, l’équipe de pose était vraiment très fière de le savoir. »

 

Des interventions sur de grands chantiers

Les filets de protection en question ont pour origine les filets de pêche et proviennent principalement de France, mais aussi d’Espagne. Selon la taille de la maille, ils arrêtent la chute d’un homme, de gravats, voire d’outils. France Filets met aussi en oeuvre des filets + Polyane - un film plastique élastique multi-surfaces, souple, thermo-rétractable et résistant -, pour des chantiers spécifiques de désamiantage ou pour éviter les retombées de poussières, de particules de verre…, sur des sites en activité. L’entreprise assure également des prestations plus particulières comme la pose de filets pare-pigeons et de filets anti-épaufrures (contre les éclats de pierre). 

France Filets rayonne sur tout l’Est de la France depuis son entrepôt de Marsannay-la-Côte, près de Dijon, et possède depuis septembre 2018 une implantation à Castelnaudary, dans la région toulousaine.  Son chiffre d’affaires 2019 atteint 1,4 million d’€. Il devrait tourner, confinement oblige, à 1,2 million cette année avec un effectif de 12 personnes, un collaborateur ayant été embauché récemment.

 

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Parmi ses réalisations, on compte le nouveau stade de football de Lyon, la gare RER Charles de Gaulle à Roissy, de nombreuse stations de métro, des ponts, des galeries commerciales…
Conseillé depuis 2015 par Christophe Raboteau, du réseau Wikane, Frédéric Mesplomb a bien structuré son entreprise et organisé ses chantiers à distance. « Chaque équipe est autonome, dispose d’une tablette pour communiquer avec moi et gérer son travail en temps réel, car même si je fais 60.000 km par an en voiture, je ne peux être présent partout », indique-t-il.

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Pose d'un filet et film polyane. © France Filets


Le dirigeant ajoute un argument qui a toute son importance en terme de recrutement.  S’il n’existe aucune formation adaptée à ce métier - comme hélas beaucoup d’autres professions en France -, l’obligeant à former par lui-même, via des modules d’enseignement dédiés au travail en hauteur et les certificats d’aptitude à la conduite en sécurité (Caces) pour la conduite des nacelles et plates-formes d’élévatrices, un critère est toutefois naturellement déterminant. « On teste nos collaborateurs un certain temps pour savoir s’ils n’ont pas le vertige. » Un vraie incompatibilité professionnelle.

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Qui est Frédéric Mesplomb ?

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© Traces Ecrites

Cet amateur de rugby qui y a longtemps joué, occupant presque tous les postes, son physique parlant pour lui, a toujours voulu être à son compte. Il a toutefois pas mal roulé sa bosse avant de sauter le pas.
Titulaire d’un BTS assistant d’ingénieur, il travaille déjà sept ans dans une entreprise dijonnaise d’usinage de précision. Sept, étant un chiffre qui lui porte bonheur, il passe autant d’années chez l’équipementier automobile japonais JTEKT, installé dans l’agglomération dijonnaise.
« J’étais responsable de la fabrication des crémaillères et des carters », précise Frédéric Mesplomb. Il reste ensuite une année et demi aux Ateliers de l’Armançon, à Semur-en-Auxois (Côte-d’Or), maroquinier de luxe qui travaille en sous-traitance pour de grandes marques mondiales, comme Vuitton et Chanel.
Et puis en mars 2009, c’est le grand saut avec la reprise de France Filets où en sept ans encore, cet homme aussi affable qu’enthousiaste, a su fédérer une équipe soudée. Presqu’aussi liée qu’un pack en mêlée.


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