Forges du Saut du Tarn entame un nouveau chapitre de sa longue histoire industrielle avec son déménagement à Toul (Meurthe-et-Moselle), sur le site de l’ancienne usine de pneumatiques Kléber. L’emblématique fabricant lorrain d’outils à main, anciennement appelé Gouvy, devenu producteur de pièces d’usure pour machines agricoles, anticipe une quinzaine de recrutements sous douze mois, ainsi qu'un doublement de son chiffre d'affaires en 2025.
Une nouvelle ère s’ouvre pour la forge lorraine pluriséculaire et emblématique. Autorisée à battre le fer en 1751 sous Louis XV, le site de Forges du Saut du Tarn (anciennement Gouvy), fabricant d’outillages agricoles du bassin nancéien, est entré dans la métallurgie du XXIème siècle, à la faveur de son déménagement, depuis un an, dans l’ancienne usine de pneumatiques Kléber à Toul (Meurthe-et-Moselle). « Notre maison-mère, le groupe Saintex (1.600 salariés) investit pour redévelopper l’activité. Il en résulte une année de renouveau pour notre forge, grâce à la signature d’un important contrat avec un équipementier agricole pour notre principale activité, la fourniture de pièces d’usure destinées au travail du sol », annonce Hervé Bonal, directeur du site de Toul de Forges du Saut du Tarn.
Ce contrat devrait amener l’entreprise à renforcer ses effectifs, actuellement de 12 salariés, et à installer une chaîne de production automatisée à la fin du premier semestre 2024. La forge prévoit d’embaucher une quinzaine de personnes dans les douze mois à venir et de doubler à l’horizon 2025 son chiffre d’affaires, d'un montant actuel de 2,5 millions d’€.
Le site industriel bénéficie d’ores et déjà d’un atelier de peinture flambant neuf de 950 m², produit d'un investissement d'1,5 million d’€. Sa montée en puissance va permettre de traiter entre 100.000 et 200.000 pièces par an. « Nous devions rendre l’entreprise attrayante afin de conquérir de nouveaux clients, mais également de susciter de nouvelles candidatures à nos emplois », appuie Laurent Weiss, responsable de production. En l’absence de formation, les recrues sont formées sur place au maniement de la presse d’estampage à chaud, des tenailles, de la machine de découpe plasma ou encore des postes de soudure.
A côté de la société-soeur MGS
Le site « historique » mais vieillissant de Dieulouard (Meurthe-et-Moselle), au nord de Nancy, n’était plus adapté à la transformation de 2.000 tonnes annuelles d’acier. « Les difficultés de trésorerie nous avaient contraints à vendre les bâtiments dont nous étions propriétaires. Le groupe aurait pu choisir de regrouper l’activité sur notre usine jumelle à Saint-Juéry (Tarn). Il n’en a rien été. Saintex a souhaité maintenir l’emploi et les compétences localement », poursuit Hervé Bonal.
Grâce à l’accompagnement de la communauté de communes Terres Touloises, l’industriel a trouvé un pied à terre sur l’ancienne usine Kléber, un site de 30 hectares laissé vacant par le groupe Michelin en 2009 et reconverti avec succès par les collectivités locales en une zone d’activité économique.
Forges du Saut du Tarn y a pris ses quartiers en septembre 2022 dans 7.000 m² d’ateliers, à côté de sa société-sœur MGS (Muller Gouvy Sermax), autre filiale de Saintex spécialisée dans la distribution d’outillages à main pour les professionnels.
Le site de MGS (13 personnes), également placé sous la direction d’Hervé Bonal, avait quitté Dieulouard dès 2017 pour profiter de l'opportunité de 4.500 m² de stockage davantage adaptés à ses activités. A Toul, la forge lorraine, connue pour avoir produit des bêches utilisées par des milliers de jardiniers partout en France, semble désormais bien outillée pour creuser son sillon.
Le devenir des établissements lorrains de Forges du Saut du Tarn et de MGS est suivi attentivement par André Bonal, 82 ans, le père d’Hervé. L’ancien président du Medef et de l'UIMM de Meurthe-et-Moselle (Union des industries et métiers de la métallurgie) faisait en effet partie des cadres repreneurs en 1985 de la forge historique, Gouvy, ayant donné naissance aux deux sociétés.
L’entrepreneur a subi les vents défavorables de la crise financière qui a conduit à la liquidation de Gouvy en 2010 et à la reprise de ses actifs par le groupe Saintex (Fimurex, Experton Revollier, Forges d’Alivet). L’entreprise est alors devenue une filiale de l'entité Forges du Saut du Tarn du groupe, basée à Saint-Juéry (Tarn). En 2014, ses activités de distribution d’outillages à main ont été séparées de la production industrielle, donnant naissance à la filiale MGS.
































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