La troisième génération aux commandes de l’Imprimerie Schraag conduit une mutation vers le numérique et bientôt, l’intelligence artificielle. Fanny Schraag, qui ne se prédestinait pas au métier, y excelle aujourd’hui sous le regard bienveillant de son père Philippe qui a mis en page l’histoire familiale de l’entreprise.

Nous sommes en 2003. Philippe Schraag vit sa 50ème année d’activité et sa 32ème à la tête de l’imprimerie fondée par son père Gaston, en 1934 à Valdoie, près de Belfort. Le chef d’entreprise a 65 ans et s’interroge sur l’avenir de son entreprise qu’il sent « se scléroser » pour reprendre les termes de son ouvrage « Profession Imprimeur », paru sur ses propres presses en 2012.

 

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Il recherche alors un acquéreur et le fait savoir à l’assemblée générale statutaire en présence de ses conseillers financiers. Fanny, sa seconde fille, se lève et déclare : « Si vous voulez de moi, je suis prête. » Surprise, émotion et joie s’enchaînent car cette succession familiale n’était pas envisagée. « Au-delà d'un attachement familial fort, je considérais que l’entreprise avait un fort potentiel et c'est surtout cela qui m'a décidé .»

 

6 millions d’€ investis

Dans cette maîtrise du moment où il faut savoir décider se dessine un important trait de caractère de Fanny Schraag. Cette qualité inhérente à tout(e) dirigeant(e), elle la possède naturellement ainsi qu’une bonne dose de ténacité. Des qualités qui lui ont aussi permis d’être une aérostière émérite lorsqu’elle prenait plaisir à prendre de la hauteur.

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L'imprimerie possède des équipements performants et un personnel compétent. © Traces Écrites.

« J’arrive déjà à la direction administrative », raconte-t-elle. Son parcours initial y prédispose. Diplômée d’une école de commerce, elle exerce déjà quelques années des missions de commissaire aux comptes et d’audit dans un cabinet de Strasbourg. Puis, après deux années en tandem avec son père, ce dernier lui confie la direction générale.
À cette époque, deux sites coexistaient, Valdoie et Châtenois-les-Forges où était installée l’ancienne imprimerie du groupe Peugeot rebaptisée Imprimerie du Lion, acquise en 1991. Les navettes incessantes conduisent la dirigeante à regrouper le tout sur un terrain à Trévenans (Territoire de Belfort), en façade de l’autoroute La Comtoise qui conduit de Beaune à Mulhouse.

 

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La nouvelle unité de 2 700 m2 récemment étendue de cinq cents autres mètres carrés pour le stockage, propose un bel outil de travail. « En une dizaine d’années, nous avons investi la valeur de deux chiffres d’affaires, soit 6 millions d’€. » Le dernier des équipements arrivé l’illustre : une presse numérique cinq couleurs utilisée notamment pour les petites séries.

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L'effectif de trente personnes se rajeunit progressivement malgré les difficultés à recruter comme dans de nombreux autres secteurs industriels. © Traces Ecrites.

L’atout essentiel de Schraag qui emploie 30 personnes et atteint les 3 millions d’€ de chiffre d’affaires, n’est surtout pas la spécialisation mais, au contraire, le côté généraliste, faisant aller l'imprimerie des simples cartes de visites aux livres reliés.
L’évolution technique du métier pousse vers le haut de gamme et l’originalité avec, par exemple, des vernis parfumés ou encore des papiers surfacés. « J’opère le déclic et m’appuie ensuite sur des collaborateurs qui jouent le rôle d’accélérateurs », confesse Fanny Schraag, soucieuse de privilégier un management à la carte.

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