Cet été, le tourisme en Bourgogne-Franche-Comté a fait mieux que sa part de marché. La campagne tire son épingle du jeu, bien mieux que les villes désertées par les touristes. La tendance de fréquentation, habituellement en majorité des étrangers, s’est inversée au profit d’une clientèle en provenance des régions voisines voire régionale.


Etre professionnel du tourisme à la campagne ou à la ville a fait toute la différence en Bourgogne-Franche-Comté, en cet été pas comme les autres. Qu’ils soient hébergeurs, organisateurs d’activités sportives, de détente ou culturelles, les accueils ruraux s’en sont nettement mieux sortis que les urbains.
Du bilan de la saison estivale, présentée hier 3 septembre à Dijon par la présidente du conseil régional Marie-Guite-Dufay et le président de l’organisme régional de promotion Bourgogne-Franche-Comté Tourisme Loïc Niepceron, ressortent même plusieurs observations positives. La région a représenté 4% des séjours en France, une proportion supérieure à sa part de marché de l’an dernier (3,6% en juillet 2019 et 3% en août 2019). Elle se classe même devant la Corse et l’Ile-de-France, mais derrière le Grand Est.

Les vertes montagnes et les vallées fluviales ont davantage attiré les touristes que le patrimoine des villes. En haut du palmarès, le Jura et la Saône-et-Loire. Les professionnels qui alimentent régulièrement une enquête du comité régional de tourisme ont aussi constaté un intérêt marqué pour certains coins oxygénants de la région, comme le Morvan et la région des 1000 étangs en Haute-Saône.


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Comme on pouvait s’y attendre, le tourisme a été national, voire régional. Alors qu’habituellement, les étrangers représentent 60% de la clientèle et les Français 40%, la tendance s’est inversée. Ce sont les habitants des régions voisines d’Ile-de-France et de Rhône-Alpes qui sont venus les plus nombreux découvrir la Bourgogne et la Franche-Comté. Mais aussi une clientèle de proximité : 75% des visiteurs de la chapelle de Ronchamp (20.000 visiteurs en juin, juillet et août) étaient des Francs-Comtois, des Alsaciens et des Côte-d’Oriens, alors que le site de Le Corbusier accueille habituellement 60% d’étrangers.
Les européens frontaliers sont néanmoins restés fidèles. Les Hollandais et les Belges surtout, constate Florian Garcenot, gérant d’Activ Tours, organisateur de séjours à vélos à Beaune et Dijon qui ose même parler de « jamais vu » chez lui. En revanche, les règles sanitaires ont annulé tous les projets de  tourisme de groupe ou d’affaires.

 

Un  chiffre d’affaires en recul de 15 à 20% à fin août




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Les randonnées à vélo ont bien fonctionné, apportant une clientèle aux gîtes, chambres d'hôtes et locations. En revanche, les campings n'ont pas rempli à la hauteur de leurs attentes. © Traces Ecrites

De ces résultats encourageants, Bourgogne-Franche-Comté Tourisme veut voir les effets de sa campagne de promotion #sortezchezvous, lancée en juin et un concours avec à la clé la délivrance d’un pass découverte, qui a compté 11.000 participants.
La bonne tenue de l’activité ne se retrouve cependant pas en chiffre d’affaires. La saison printanière à plat en raison du confinement en France et en Europe – elle démarre d'ordinaire à Pâques –, ne permettra pas aux professionnels de retrouver le niveau d'activité de l’an dernier. Ils s’attendent à une baisse de chiffre d’affaires de 15 à 20% ce premier semestre. Ils constatent aussi que le touriste 2020 a contenu ses dépenses. Le panier moyen a baissé de 10€ par jour (46 € au lieu de 56€ en moyenne).

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Le tourisme fluvial qui n'a reçu l'autorisation de naviguer que début juin, a également bien fonctionné en juillet et août, avec une clientèle nationale alors que les étrangers sont habituellement majoritaires. Le loueur de bateaux sans permis Les Canalous à Digoin (Saône-et-Loire) s'est adapté à la perte de cette clientèle en proposant des courts séjours (week-end prolongé ou semaine raccourcie). Photo d'éclusiers sur le canal de Digoin à Roanne. © Traces Ecrites


La saison touristique ne s’achevant pas en septembre, le comité régional de tourisme a imaginé de nouvelles actions de promotion pour séduire la clientèle automnale habituelle : retraités, couples sans enfants et tourisme d’affaires. « Nous avons capté une clientèle que nous n’avions pas ; l’enjeu est maintenant de la conserver et cela passe par une adaptation de l’offre à la demande », affirme Patrick Ayache, vice-président du conseil régional.
Pour épauler les acteurs, la collectivité met en place en octobre un plan de relance de 40 à 50 millions d’€ qui accompagnera les investissements, notamment la rénovation et la création d’hébergements. Le soutien à la trésorerie avait fait l’objet d’un plan d’urgence auquel ont fait appel 1.300 entreprises.

Fantastic Picnic les 11 et 12 septembre

La 10ème édition de l’événement Fantastic Picnic a lieu les 11 et 12 septembre 2020 à l’initiative d’une soixantaine d’organisateurs un peu partout en Bourgogne-Franche-Comté. L’idée est de réunir la convivialité et la gastronomie : piques-niques, apéritifs musicaux, animations culinaires, randonnées gourmandes.
La liste des manifestations est disponible sur www.bourgognefranchecomte.com

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La fréquentation des principaux sites touristiques de Bourgogne-Franche-Comté

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Source : Bourgogne-Franche-Comté Tourisme. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

 

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Les Montagnes du Jura qui s'étendent sur les départements du Jura et du Doubs, ont été une destination prisée cet été. En photo, la région de Lamoura, proche de la station des Rousses. © Traces Ecrites

 

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