RELATION CLIENT. Notre article : Sitel France pourrait s’implanter à Chalon-sur-Saône fait grand bruit et émeut dans les chaumières politiques.

Au point de susciter à notre endroit des réactions d’une grinçante amabilité et quelques intimidations déguisées.

Qu’à cela ne tienne, voici encore de quoi provoquer quelques cris d’orfraie.

La société Sitel France spécialisée dans la relation client, dire en anglais «outsourcing», réfléchit bien, comme nous l’écrivions, à une implantation sur Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) pour créer son quatrième centre d’appels sur le territoire national, une réunion technique pour négocier les conditions d’accueil devant se tenir le 23 février.

Mais, pas seulement ! Nos confrères de l’Ardennais et l’Union révélaient dans leur édition du 17 janvier dernier Centre d'appels, Les Ardennes en stand-by, que le projet pourrait aussi trouver un point de chute à Villers-Semeuse, commune proche de Charleville-Mézières (Ardennes).

Le conseil général de ce département, propriétaire de terrains, envisagerait de construire un bâtiment modulable avec possibilité d’extension.

Au gré de notre enquête, nous avons aussi appris que des contacts ont été noués dans l’Ouest, auprès de l’agence nantaise de développement économique, Ouest Atlantique.

Bref, rien de plus classique dans un tel dossier.

Ce qui l’est moins, concerne les réactions qu’a suscité notre article : «si vous en parlez, vous risquez de faire échouer l’affaire et 250 à 300 créations d’emplois», «les responsables de l’entreprise sont furieux», «vous auriez dû attendre notre autorisation» ou encore «faites attention si vous continuez…».

N’en jeter plus, la cour est pleine !

Petite mise au point : nous faisons simplement notre job : trouver de l’information, la vérifier et la proposer à nos lecteurs.

Aussi, peu importent les menaces larvées et autres intimidations déguisées de quelques édiles locaux ou de leur cabinet.

En outre, ce type d’arguments ne tient pas la route. Une entreprise ne refuse pas de s’implanter quelque part si un article a le malheur de l’évoquer.

Elle tient compte de la localisation géographique, de la qualité des infrastructures de communication, des possibilités de recrutement sur place, de l’offre foncière comme de logements, au besoin, de la qualité de vie et également, du montant des aides publiques allouées.

Y aurait-il alors un ver dans le fruit pour que quelques lignes émeuvent à ce point ?

Déshabille t-on Paul pour habiller Jacques ?

La discrétion de Sitel, qui n’a pas souhaité préciser ses démarches, s’explique peut-être par les difficultés que rencontre l'entreprise sur son centre de Malakoff et siège social.

Un plan de sauvegarde de l’emploi y est en cours pour 18 mois. Il prévoit la suppression de 79 postes, négociés en départs volontaires. La perte de quatre clients importants, dont Louis Vuitton et Microsoft, explique la situation.

«On parle de créer un nouveau site et, on est en train de nous tuer», souligne un délégué CFDT. «Malakoff est condamné à disparaître», ajoute Xavier Burot de la CGT.

Ce secrétaire fédéral en charge des centres d’appels n’hésite pas à préciser : «face à des loyers souvent très chers et des salaires plus élevés en région parisienne, certaines sociétés d’outsourcing préfèrent de loin s’installer en province avec pour carotte offerte un maximum d’aides, ce qui leur permet localement de monter progressivement en puissance».

Aussi, Chalon-sur-Saône conserve toutes ses chances d’accueillir l’entreprise. La Bourgogne est, en effet, une terre d’élection pour les centres d’appels.

Elle y compte déjà Armatis à Auxerre (Yonne) et Nevers (Nièvre), Webhelp à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), B2S déjà localisée à Chalon-sur-Saône et, très bientôt, le méga-centre Teletech, à Dijon (Côte-d’Or), qui mise à terme sur un effectif de 600 personnes.

Ces sociétés de service, créatrices de plusieurs centaines d’emplois pour chacune de leur unité, sont ici largement épaulées financièrement par les collectivités locales. Et notamment le conseil régional de Bourgogne qui, outre une aide à l’investissement matériel, subventionne largement toute embauche en CDI, allant jusqu’à 5000 € en intégrant le soutien à la formation.

Sitel France (une centaine de millions d’€ de chiffre d’affaires annoncés pour 2011, 3500 collaborateurs) a démarré en 1998 son activité dans l’hexagone.

Elle y exploite 3 sites : Malakoff (région parisienne), La Rochelle (environ 1000 salariés) et Troyes. elle en gère 3 autres au Maroc, dont deux à Rabat (*) et un à Casablanca.

Sa maison-mère, basée à Nashville (États-Unis) et propriété du canadien Onex, en possède au total 135, répartis dans 26 pays, et dépasse les 50 000 collaborateurs.

(*) La CGT dénonce le fait que Sitel vienne de recevoir le nouveau label Responsabilité Sociale alors qu’elle aurait entravé la liberté syndicale dans l’une de ses unités de la capitale marocaine.

Crédit photo: Sitel France

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