escofier
©Michel Sarrazin.

 

MACHINE-OUTILS. L’entreprise chalonnaise, sauvée fin 2009 de la disparition pure et simple par Éric Michoux, lance sur le marché un équipement entièrement électrique et de grande puissance.

Cette machine-outil très silencieuse entend séduire les acteurs de la filière de l’énergie et marquer des points vis-à-vis d’une concurrence allemande très hégémonique.

 

Escofier, dernier fabricant français de machines à rouler ou former à froid le métal, implanté à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), lance la commercialisation d'une première mondiale. Baptisée Flex XL 120, sa dernière machine à réaliser des filetages, fonctionne uniquement à l’électricité et offre une puissance d’écrasement jusqu’à 120 tonnes. Un record, assure le fabricant.

 

banniere adhex

 

Le nouvel équipement offre un autre atout par rapport à une machine hydraulique comparable : il consomme 30% d’énergie en moins. « Comme nous n’avons pas de circuit hydraulique, il n’y a de plus aucun risque de pollution et la maintenance s’avère plus facile et surtout plus économique », souligne Michel Cretin, responsable du bureau d’études d’Escofier qui emploie cinq ingénieurs et techniciens.

 

ericmichoux
Éric Michoux.

Serial repreneur

 

A pleine charge, l’équipement est en outre très silencieux, ne dépassant pas les 78 décibels. Pour parfaire l’argumentaire de vente, on peut aussi rajouter qu’il filtre et recycle son huile en circuit fermé.

 

Sa mise au point jusqu’au prototype a nécessité pas de moins de 1000 heures de recherche et développement et il faut compter 6 mois de fabrication. « Nous le destinons principalement au secteur de l’énergie », indique Michel Cretin.

 

À ce jour, deux machines ont été vendues, dont une en Chine, pour un prix unitaire à des clients qui demeurent confidentiels. Escofier (40 salariés, près de 6 millions d’€ de chiffre d’affaires) renaît de ses cendres depuis sa reprise par Éric Michoux en 2009 suite à un sévère dépôt de bilan.

 

Cet entrepreneur bourguignon, à la tête du groupe Galilé, s’est fait une spécialité de sauver des savoir-faire uniques. Il y a deux ans, il s’est ainsi offert, toujours à la barre du tribunal de commerce, la société Farman près de Tours (Indre-et-Loire), l'un des grands et derniers spécialistes des îlots robotisés.

 

« Je ne peux accepter de voir disparaître des pans entiers de notre histoire industrielle », martèle à l'envi Éric Michoux. Avec Escofier, il a une carte maîtresse à jouer. Seuls quelques concurrents dans le monde existent, dont l’Allemand Profiroll qui truste à ce jour 80% du marché des équipements de roulage à froid.

 

siteescofier

 

Lire aussi sur Escofier, du même auteur, l'Usine Nouvelle n°3411 du 19 février, page 13.

Commentez !

Combien font "3 plus 10" ?