SYNERGIE. On ne cesse de nous rebattre les oreilles, souvent à juste raison, sur le manque de taille critique des PME françaises pour décrocher d’importants contrats à l’étranger, notamment vis-à-vis de leurs consoeurs allemandes.

Le groupement ProÉCO2 offre un exemple à suivre en agrégeant de manière informelle, avec du bon sens et la volonté de travailler ensemble, de nombreuses compétences complémentaires.

Dites 33 et vous aurez le nombre actuel d’entreprises adhérentes au groupement ProÉco2, basé à Soultz (Haut-Rhin) et spécialisées dans les métiers de l’environnement et la valorisation énergétique.

Elles pèsent au total 485 millions d’€ de chiffre d’affaires, dont 40% à l’export, et emploient 950 salariés. Mais il ne s’agit en rien d’un cluster, d’une grappe d’entreprises ou d’un pôle de performance.

Ici, pas de fonds publics, pas de structure établie, juste une plate-forme de communication privé sur le Net, un site de présentation, une réunion obligatoire tous les deux mois, une charte de bonne conduite et Justin Palotta.

L’homme est un baroudeur dans l’âme, longtemps expatrié aux États-Unis où il co-dirigeait une entreprise d’électricité. Il est surtout un commercial export hors pair qui parcourt aujourd’hui l’Europe pour le compte de l’Alsacien AirÉpur (4,5 millions d’€ de chiffre d’affaires attendu, une trentaine de salariés), son employeur spécialisé dans la conception et réalisation de systèmes de dépollution de l’air et, de ProÉco2.

Lire sur AirÉpur notre article publié ce jour :

https://www.tracesecritesnews.fr/actualite/airepur-galvanise-ses-affaires-10376

«En raison de notre petite taille, nous restions condamnés à ne jamais décrocher d’importants contrats, notamment à l’étranger, et à toujours travailler avec des interlocuteurs que nous n’avions pas choisi, sources éventuelles de problèmes tant au niveau des délais d’exécution que de la responsabilité finale de chacun», explique ce dernier.

Échange d’expériences

D’où l’idée de monter un groupement de PME qui fédère de manière complémentaire toutes les compétences des métiers de l’environnement et de l’énergie. C’est chose faite depuis le 22 juin 2010.

Gilles Chauvin, président d’Ogelec (1,6 million d’€, 6 salariés), entreprise spécialisée à Pontarlier (Doubs) dans les process de pompage électronique, en témoigne. «Nous avons adhéré dès le début car le fonctionnement est souple et nous bénéficions d’un échange d’expériences ainsi que d’une prospection commune», souligne t-il.

Les résultats sont là : deux affaires déjà traitées par l’entreprise, dont le marché d’un bassin d’orage dans le Pays de Montbéliard (Doubs).

Une charte de bonne conduite dicte la marche à suivre. Elle repose sur quelques principes simples :

«Adhérer au réseau proEco2, suppose de partager l’esprit qui l’anime et de se sentir porteur de la volonté d’entreprendre ensemble.

L’entreprise type est indépendante et le dirigeant seul décideur.

Elle réalise un chiffre d’affaires dans une fourchette de 1 à 10 millions d’€.

Elle est implantée dans notre secteur d’influence : France et pays ciblés à l’export.

Elle adhère déjà à un syndicat professionnel.

Elle veut nouer de nouveaux contacts, trouver un écho aux problèmes qu’elle rencontre, adapter son outil industriel, s’ouvrir à de nouveaux marchés.

Le nouvel adhérent sera accepté dans le réseau sous condition d’unanimité de l’ensemble des membres confirmés.

Dans ce cas, il s’engage pour une période probatoire de 6 mois, nécessaire à poser les premiers liens et à faire connaissance, avant de confirmer son engagement définitif.

Pendant cette période, le nouvel adhérent sera suivi et accompagné dans sa démarche par un parrain membre du réseau. A l’issue, il confirmera sa volonté de poursuivre.

Dans ce cas, il appartiendra ensuite à l’ensemble des membres titulaires de l’accepter définitivement».

Chacun étant complémentaire de l’autre dans sa spécialité, l’attribution des marchés se fait en fonction de la nature des prestations à fournir.

Et cela marche !

ProÉCO2 engrange des affaires importantes…, en France comme à l’étranger.

Parmi ces dernières : unité de tri et de valorisation des mâchefers de Lagny/Marne (Seine-Saint-Denis) de 525 000 T/an ; maîtrise d’œuvre urbaine (composante environnementale énergétique et déchets)  pour l’éco-quartier des Maraîchers à Dijon (Côte-d’Or) ; chaîne de traitement de surface pour ArcelorMittal au Creusot (Saône-et-Loire) ; rénovation de la station d’épuration pour la Monégasque des Eaux (Monaco) ; installation de machines d’adsorption pour le district urbain de Budapest (Hongrie) ; unité de tri, prétraitement et compostage de 140 000 T/an à Gdansk (Pologne) ou encore, au Qatar, une unité de préparation d’ordures ménagères brutes de 600 000 T/an.

«Aujourd’hui, deux à trois entreprises frappent à notre porte tous les mois, alors si l’on peut inspirer dans d’autres secteurs…», suggère Justin Pallotta.

Crédit photo: ProÉCO2

2 commentaire(s) pour cet article
  1. Mouhib Mohammeddit :

    Bravo à PROECO2, il y a un grand avenir en vue pour ce groupe. L'union fait toujours la force.

  2. Xavier Roydit :

    Bravo à ProEco2, article très intéressant.

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