Environnement. Spécialiste du traitement de l’air et pilier du réseau ProECO2, la PME de Soultz (Haut-Rhin) se développe dans la grosse chaudronnerie pour l’industrie.

Le convoi ne pouvait pas passer inaperçu sur les routes autour de Soultz (Haut-Rhin) cet été : d’énormes bacs de près de 20 mètres de long embarqués sur des poids lourds, cela se remarque !

Ils émanaient des ateliers de l’entreprise locale AirÉpur, direction l’usine ArcelorMittal du Creusot, en Saône-et-Loire.

Couvrant une installation complète de traitement de surface avec ses cuves et ses tuyaux, le gros marché de 2 millions d’euros a été récupéré sur les décombres du confrère haut-rhinois Garhin liquidé cette année. Mais encore fallait-il savoir l’honorer.

Et la PME familiale de chaudronnerie plastique et traitement de l’air de 30 salariés permanents entend démontrer qu’elle sait faire grossir son carnet de commandes toute seule, même en l’absence de circonstances particulières.

«Ce contrat va mécaniquement augmenter le chiffre d’affaires de près de 50 % cette année, à près de 4,5 millions d’euros. L’objectif est de maintenir ce nouveau palier», souligne le jeune PDG Matthieu Ermel.

L’opération du Creusot va aussi rendre l’industrie  majoritaire dans le portefeuille clients en 2011 : elle représentera 60 % du CA, contre 40 % à la désodorisation et au traitement d’air des stations d’épuration, le domaine traditionnel d’intervention d’AirÉpur.

Mais là encore, le phénomène ne doit pas rester conjoncturel : «Avec l’export, l’industrie constitue l’un de nos deux axes de développement à long terme», indique Matthieu Ermel.

En termes de produits, cette stratégie signifie qu’à côté des systèmes de ventilation, de lavage de gaz ou de traitement d’air, les ateliers de Soultz vont se lancer plus systématiquement dans les grosses cuves et les gros bacs destinés à réceptionner des bains (acides ou autres) pour le traitement de surface, la galvanoplastie ou encore l’agro-alimentaire.

Renouer avec la chaudronnerie

La fabrication des pièces de grande taille sera l’apanage d’AMP (Ateliers Modernes de Plasturgie), une nouvelle société de 5 personnes constituée autour d’anciens de Garhin, qui s’installe dans les locaux d’AirÉpur.

Cette création occasionne d’ailleurs un investissement d’1,7 million d’euros d’ici à l’an prochain pour doubler la surface des halls de fabrication et s’équiper des outils de production nécessaires à la grosse chaudronnerie.

Un métier «un peu différent» de celui d’AirÉpur selon son dirigeant, mais qui fait renouer l’entreprise avec la chaudronnerie plastique l’ayant vu naître il y a dix ans par regroupement de deux sociétés locales.

Dans ses marchés classiques, AirÉpur ne manque cependant pas non plus d’ambition. Il renforce son bureau d’études. «Dans le domaine des stations d’épuration, nous nous intégrons de plus en plus à une réponse globale. Nous avons une carte à jouer à l’export, idem pour les installations de traitement de déchets», expose son PDG.

Pour percer, le dirigeant joue à fond l’effet réseau que procure Pro Eco2. Normal : il en est le président. Lire sur ProcÉCO2 notre article publié ce jour.

Crédit photo: AirÉpur

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