Le Parc animalier de Sainte-Croix à Rhodes (Moselle) s’apprête à vivre au rythme du brame du cerf, du 19 septembre au 11 octobre. Les cervidés font partie de la centaine d’espèces accueillies en semi-liberté sur le site de 120 hectares dédié aux animaux d’Europe et d’Amérique du nord. Vous pourrez même vous endormir (si possible) au son des amours du cerf, bien à l’abri sous une yourte ! Retour sur une success-story.
S’évader à deux pas de chez soi est une proposition que décline depuis 40 ans, donc bien avant la pandémie de la Covid-19, le Parc animalier de Sainte-Croix, à Rhodes (Moselle), dans le parc naturel régional de Lorraine. Avec 120 hectares dévolus aux espèces en semi-liberté, il s’apprête à accueillir l'un des évènements les plus attendus de sa saison : le brame du cerf.
Le site consacré aux grands animaux des forêts européennes et à leurs cousins d’Amérique du nord propose, du 19 septembre au 11 octobre, d’observer le comportement si particulier de cet animal pendant la période du rut. Des soirées, des matinales spéciales ou encore des sorties photos sont proposées. Il est même possible de s’endormir au son des amours du cerf bien à l’abri sous une yourte !
Les 150 cervidés de Sainte-Croix évoluent sur une vaste plaine ouverte de 30 hectares, au sein du parc zoologique fondé par Gérald et Liliane Singer au pied des Vosges. Plus de 350.000 personnes l’ont visité l’an dernier, ce qui en fait l’une des destinations touristiques les plus prisées du Grand Est.

Son succès réside dans sa triple vocation : éthique, pédagogique et de conservation des espèces. Une recette confortée par les enfants des fondateurs, Pierre et Laurent Singer, les deux actuels associés. « Notre père disait que l’homme devient hors-sol, autrement dit, il se déconnecte de la nature, à l’image des légumes cultivés de manière industrielle sur des kilomètres de laine de roche. L’ambition de Sainte-Croix est de reconnecter les visiteurs à leur environnement », commente Pierre Singer.
Les animaux des grands espaces nord-américains

Cet été, deux grandes distinctions ont salué la persévérance des frères Singer. Le site mosellan a intégré pour la première fois le prestigieux classement des Diamond ThemePark Awards, en se classant 5ème meilleur parc animalier d’Europe. Parallèlement, ses 46 hébergements (218 lits) se sont vus décerner le label écologique européen « Ecolabel », par l’association française de normalisation Afnor.
Pierre Singer évoque l’événement dans la « grange », un espace commun partagé par les occupants des 17 nouveaux logements du « Nouveau monde ». Les 8,5 hectares affectés aux animaux des grands espaces nord-américains ont été inaugurés il y a un an pour un investissement de 14,5 millions d’€ soutenu par le Conseil départemental de Moselle.
Au pied du bâtiment tout de bois revêtu, pendant notre visite, un ours noir américain de 150 kg vaquait à ses occupations. Aucun décalage dans cette cohabitation entre animaux d’Europe et d’Amérique du nord jugent les propriétaires des lieux. « Les ours noirs, bisons américains, ratons-laveurs et autres coyotes vivent dans les mêmes zones bioclimatiques que les espèces européennes », argumente Pierre Singer. Cette incursion outre-Atlantique est une forme de retour aux sources pour celui qui, jeune homme, rêvait de créer un Village Western en hommage à Buffalo Bill et son spectacle géant passé par la Lorraine en 1905. Franck Mack, créateur du parc de loisirs Europa Park à Rust (Allemagne) l’en aurait dissuadé, l’incitant à poursuivre l’aventure familiale, moins gourmande en capitaux.
Où s’arrêtera Sainte-Croix ? Après avoir frôlé la liquidation en 1989, le parc a trouvé son équilibre économique. Pierre et Laurent Singer gardent les pieds sur terre. « Nous ne souhaitons pas être soumis à la dictature de la nouveauté. Un parc à un million d’entrées ne serait pas vertueux pour l’environnement. » Ils préfèrent défendre un projet de labellisation de leur territoire, le pays de Sarrebourg, au titre de « Réserve mondiale de biosphère » de l’Unesco ou encore susciter des liens avec la recherche universitaire.

Le parc animalier de Sainte-Croix est une société à responsabilité limitée qui emploie 60 salariés en CDI et jusqu’à 120 personnes pendant la saison haute. Son chiffre d’affaires de 12 millions d’€ en 2019 est majoritairement généré par les entrées du parc, 15% provenant des réservations de nuitées. Sa fermeture pendant trois mois en raison de la Covid-19 a entraîné la perte de 3,5 millions d’€ de recettes, mais la fréquentation est bien repartie en juin, l’étendue du parc facilitant l’accueil des visiteurs en respectant les mesures barrières (Conditions pratiques ici ).
« Elle est même en hausse par rapport à l’an dernier sur le mois de juillet. Au niveau des lodges, nous avons 100 % de taux d’occupation cet été, ce qui est mieux que l’année record de 2019 », indique la direction du parc. Pendant le confinement, Sainte-Croix a en effet reçu le soutien de visiteurs qui ont réservé par anticipation des nuitées, mais aussi des entreprises ont investi plus qu’à l’accoutumée dans son Fonds de dotation, créé pour la sauvegarde des espèces et des milieux naturels.












.jpg)
































.png)














