Le spécialise du tissage et de la perforation métallique à Saint-Dié-des-Vosges (Vosges) maintient son plan d’investissement de 1,2 million d’€ grâce au soutien du Plan de relance. Gantois Industries (170 salariés) avait engagé le renouvellement de son parc de métiers à tisser avant la pandémie. Or ces machines tournent majoritairement pour le compte de l’industrie aéronautique, durement frappée par la crise sanitaire.


Gantois Industries est une vieille dame à la santé de fer, née il y a plus de 120 ans, au pied du massif vosgien. Cette experte en textiles métalliques, tôles perforées, produits filtrants, escaliers et habillages de façades métalliques, n’a pas l’intention de se laisser abattre par un virus. En témoigne le projet d’investissement de 1,2 million d’€ porté par la PME de Saint-Dié-des-Vosges (Vosges) qui a reçu cet automne le soutien du plan de relance gouvernemental. Dans le Grand Est, c’est l’un des quatre premiers dossiers à bénéficier du fonds de modernisation et de diversification de la filière aéronautique de Bpifrance.

« Cette aide ne constitue pas une garantie de sauver nos 170 emplois, mais elle nous assure le maintien de nos savoir-faire et compétences. Sans l’appui du plan de relance, il aurait été impossible de mobiliser un budget en vue de poursuivre la modernisation de notre atelier de tissage métallique », analyse Stéphane Lefort, directeur général de Gantois Industries.

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La moitié du carnet de commandes de cet atelier est fournie par les acteurs de l’aéronautique comme Safran, Daher, Dassault, Hexcel, etc. Gantois est également fournisseur de rang 1 d’Airbus. Or, en raison de l’impact de la pandémie sur les commandes d’avions, l’entreprise anticipe un recul de 50 à 60% de son activité de tissage métallique en 2021 et 2022 par rapport au rythme d’avant crise.


Mais Gantois Industries estime désormais avoir les moyens d’être prêt lorsque sonnera la reprise. Les fonds du plan de relance autorisent en effet la poursuite de son programme de renouvellement des deux-tiers des métiers à tisser de cet atelier.

« La société a investi en recherche et développement pendant près de trois ans pour concevoir de nouveaux métiers à tisser, car les solutions proposées par le marché n’étaient pas satisfaisantes pour du fil inox fin », détaille le directeur général. Six machines ont d’ores et déjà été installées sur les 25 prévues. Elles permettront des gains de productivité – de l’ordre de 15 à 35% – mais également de qualité et de consommation énergétique.
 

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Les nouveaux métiers à tisser de Gantois Industries devraient permettre de travailler de fins fils d’inox. © Gantois Industrie


Parallèlement, Gantois Industries planche sur une technologie complémentaire, un sélecteur de trame électronique. Cette innovation vise à croiser le fil de chaîne (disposé dans la longueur) avec un fil de trame (placé dans le sens de la largeur) de couleur ou de diamètre différent.
« Cela permettrait d’imaginer un tissage en trois dimensions, avec des fils de deux tailles distinctes, pour des applications spécifiques, mais aussi dans la décoration ou encore la filtration. Par exemple, les toiles composées de fils de 25 micromètres de diamètre employées en filtration doivent , en raison de leur finesse, souvent être associées à des toiles-supports plus épaisses. On pourrait réunir ces deux propriétés dans un seul tissu », anticipe Stéphane Lefort.

La moitié de l’activité dans le bâtiment

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Gantois dont la moitié de l’activité se réalise dans le bâtiment, réalise les habillages de la salle de sports et de spectacle CO’Met en cours de construction à Orléans (Loiret). © Bouygues Bâtiment Centre Sud


Le dynamisme de Gantois Industries ne lui épargne pas la gestion d’un quotidien durci par la Covid-19. En début d’année, l’entreprise a dû se séparer d’une quarantaine d’intérimaires et d’une dizaine d’apprentis. Elle anticipe une baisse de son chiffre d’affaires d’un quart, à 21 millions d’€. Mais la PME vosgienne en a vu d’autres.
Passée par une liquidation judiciaire en 2011, elle s’est patiemment rebâtie sous la houlette de son nouvel actionnaire, le groupe normand Drouault Industries. « On a reconstruit la cabane », résume dans une formule Stéphane Lefort. « Depuis ce changement d’actionnaire, nous affichons chaque année, un résultat positif. En avril dernier, nous avions versé pour la première fois depuis dix ans de la participation aux salariés sur les résultats de l’année 2019… ».

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Le marché du bâtiment qui représente la moitié de son activité tient les fondations de Gantois Industries. Avec une progression de 24% en 2019, il devance l’industrie (30% du chiffre d’affaires) et l’aéronautique (20%). « Nous fournissons des bobines de tôles aluminium perforées au kilomètre aux serruriers-métalliers pour la réalisation de garde-corps. L’arrivée de la découpe laser a augmenté les capacités de créativité, avec des habillages de façade à façon, en nous inspirant parfois de photos », illustre le dirigeant. L’entreprise va notamment signer les habillages de façades du projet CO’Met, une salle de sports et de spectacles de 10.000 places (150 millions d’€ d’investissement), construite par la Métropole d’Orléans (Loiret) dont la livraison est attendue à l’été 2022.

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