MATÉRIAUX COMPOSITES. Philippe Chalot a racheté en mai 2013, Quelet composites et solutions dans le Pays de Montbéliard, la TPE où il avait commencé sa carrière quinze ans plus tôt.

Fournisseur de l'industrie automobile, il compte sur le développement annoncé des matériaux composites dans d'autres secteurs, à l'instar de l'éolien pour lequel il réalise actuellement un prototype pour une entreprise bisontine.

 

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Philippe Chalot est actuellement seul dans son entreprise, avec une secrétaire à mi-temps. ©Pierre-Yves Ratti.

 

Philippe Chalot ne tarit pas d'éloges sur les matériaux composites qui constituent son cœur de métier. Et il est vrai que les pièces qu'il réalise dans son atelier de Dampière-les-Bois, à quelques pas de Montbéliard et Sochaux, sont bluffantes : un bras de robot en composite semble aussi solide qu'une poutre métallique.

En fait, l'écouter, il l'est largement. Et selon lui, les matériaux composites cumulent les atouts : légèreté, solidité et résistance, coût moins élevé que les métaux, résistance à la chaleur.

 

Seul inconvénient que concéderait Philippe Chalot : les matériaux composites ne sont pas recyclables. Mais il ajoute bien vite qu'une solution a été trouvée : broyés, ils sont intégrés au béton pour le renforcer. Une deuxième vie, donc.

 

L'entreprise Quelet est née en 1975. Elle a fabriqué, outre des pièces pour son grand voisin, Peugeot, mais aussi des canoës ou des planches à voile. Philippe Chalot y a travaillé deux ans, au sortir de ses études. Passionné d'automobile, il sortait de l'école Sbarro, alors installée à Pontarlier. Il se souvient avoir travaillé alors pour Peugeot Belchamp et ses prototypes.

 

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Les fibres dont sont faits les matériaux composites. ©Pierre-Yves Ratti.

 

Liée au lancement de nouveaux modèles de PSA Sochaux 

 

Deux anciens de Sbarro le contactent pour travailler sur un proto et quinze voitures commandées par la production du film Michel Vaillant. Il les rejoint à Nice, mais les commandes espérées d'autres producteurs ne viennent pas. Philippe Chalot intègre alors Alcatel Space à Cannes et travaille pendant une dizaine d'années sur la structure du châssis d'un satellite, à base de ce qu'il appelle « les composites à haute performance ». C'est là qu'il acquiert son savoir faire dans ce domaine.

 

Sa vie familiale le ramène dans le pays de Montbéliard et il travaille pendant cinq ans en Suisse, dans le secteur médical, en fabriquant notamment des prothèses en carbone. Mais il avait gardé contact avec le fondateur de Quelet qui lui propose de reprendre son entreprise.

Il franchit le pas, bien que conscient du caractère fluctuant de l'activité : le chiffre d'affaires de l'entreprise est étroitement lié au lancement de nouveaux modèles à Sochaux : il peut passer d'une année à l'autre de 100 000 à 300 000 €. Et inversement..

 

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Pourtant, il compte sur le développement annoncé des matériaux composites : + 25% dans les prochaines années, selon certains analystes.

 

Le repreneur travaille actuellement sur le développement d'un bras de robot pour une entreprise du secteur automobile, au Japon. « Ils étaient parvenus à 35 kg avec des métaux, je passe sous les 20 kg, avec une très bonne résistance mécanique », explique-t-il. Son espoir : que les cinq premières livraisons fassent changer la perception de ses clients sur les composites et entraîne d'autres commandes, plus nombreuses. Un changement de mentalités : passer du réflexe « métaux » au réflexe « composites ».

 

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Quelet développe un bras de robot pour une entreprise du secteur automobile, au Japon. ©Pierre-Yves Ratti.

 

Du Japon à l'éolien

 

Autre exemple : des bacs alimentaires qu'il parvient à fabriquer plus légers que les mêmes modèles en inox, plus faciles à manipuler, sur mesure et à moindre coût.

L'entrepreneur travaille également pour une entreprise bisontine d'éoliennes pour particuliers. Un prototype en aluminium s'est avéré trop cher et trop bruyant. La pièce proposée permet de diviser le poids par quatre, le coût par deux, et, cerise sur le gâteau, d'améliorer le rendement de l'éolienne. Car elle nécessite moins de vent pour entrer en activité. Conséquence : l'aire d'installation potentielle (avec des zones moins exposées aux vents) est agrandie d'autant.

 

Actuellement seul dans son entreprise, Philippe Chalot s'appuie sur une secrétaire à mi-temps. En cas d'augmentation de la charge de travail, il a recours à des intérimaires. Pas besoin de forte qualification.

« Presque personne n'est formé dans les composites. Il faut être motivé et être habile de ses doigts. Les process sont simples et il suffit de quelques jours pour les expliquer. »

 

S'il parvient à diversifier sa clientèle comme il l'espère, Philippe Chalot pense pouvoir embaucher deux ou trois personnes. Mais pas plus : il tient à préserver le côté artisanal de son activité.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. regis rousseldit :

    Bonjour, je viens de découvrir votre smartalpine c'est tout simplement génial. Est-ce que vous en avez une à faire découvrir ? Encore bravo et j'espère que cela va marcher ! Cordialement Régis Gilles Roussel

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