ARTS DE LA TABLE/CÔTE-D'OR. Ce spécialiste de la céramique relance une tradition locale de la plaine dijonnaise. La Manufacture de Longchamp s'installe sur une niche haut de gamme des arts de la table en porcelaine, d'abord à destination de l'hôtellerie restauration. Une boutique physique vient d'ouvrir à Dijon en attendant un site de vente en ligne au printemps.

 

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L'école est finie, l'une de premières gammes de la Manufacture de Longchamp.

 

Philippe Orliac n’est pas genre à renoncer. Ce technicien de la céramique qui consacra une partie de sa carrière à la formation dans le secteur est bien décidé à redonner vie à l’image accolée au petit village de Longchamp, à l'Est de Dijon, qui depuis le 19ème siècle vit au rythme  - plus ou moins chaotique (Lire l’histoire ci-dessous) - de l’industrie céramique.

En 2016, il relance la Manufacture de Longchamp et les premiers modèles d’arts de la table, après les avoir présentés au salon Maison et Objet en début d'année, arrivent sur les étals de sa boutique de Dijon, ouverte depuis samedi 24 novembre dans les locaux de la Fédération départementale du bâtiment de Côte-d’Or.

La production qui a démarré au sein d'un atelier discret dans l’Auxois où le président de la SAS  Design Urban Céramique réside, et qui va être transférée ces prochains mois sur le site de l’ancienne faïencerie de Longchamp, prend une direction résolument haute gamme.

 

 

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En porcelaine désormais - car la faïence a une réputation de fragilité – , la vaisselle qu’il conçoit porte une signature artistique délibérée. Auteur des motifs, Philippe Orliac s’est également entouré d’artistes : le dessinateur Vincent Lelièvre et la  plasticienne Adèle Tilouine.

 

Et pour la prochaine collection, il compte sur les talents d’un jeune artiste dijonnais, Maxime Thévenet,  spécialiste du dessin au crayon, noir et couleur, pour donner une  image décalée à sa collection. « Le marché est dominé par les grands fabricants d’art sde la table, mais il est demandeur d’originalité d’où la place laissée à quelques rares fabricants artisanaux », explique Philippe Orliac.


Première cible, l’hôtellerie restauration

 

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Opération d'émaillage d'une assiette.

 
Les premiers modèles aux formes délibérément simples,  arborent des motifs de toits bourguignons, des cartes des vignobles bourguignons et bordelais, mettant en scène des gens et leur métier) des monuments célèbres (la Tour Eiffel, le gratte-ciel Crysler de New York). Ils sont dessinés à la main, puis sérigraphiés et émaillés avec une petite touche de métal précieux, or ou platine, ici et là.

 

Il y a aussi les vieux cahiers d’écoliers et tables de multiplication de la série “ L’école est finie ”, une collection multicolore, techniquement difficile à mettre au point, précie Philippe Orliac, ou encore une gamme fluo (la matière, une terre rare, capte la lumière et la restitue dans la pénombre).

 

 

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La prochaine collection veut encore plus surprendre : une série insectes « gentils », dont une sauterelle que Maxime Thévenet présentait lors de l’inauguration de la boutique, jeudi dernier ; des motifs années 60, des images de végétaux au microscope, une main radiographiée. « La vaisselle ne doit pas seulement être remarquée, elle doit mettre en valeur les mets et créer une ambiance fidèle à celle que veut transmettre le chef de cuisine. »


decorbourguignonLe marché visé est en premier lieu l’hôtellerie restauration d’un certain standing, mais aussi les particuliers, d’où l’ouverture d’une boutique à Dijon, et au printemps, un site de vente en ligne.

 

Très vite, Philippe Orliac veut aussi sortir des frontières en présentant ses collections dans les grandes chaînes de magasins des États-Unis et d’Australie.

Pour redémarrer l’activité, le dirigeant a racheté la marque « Manufacture de Longchamp » et investit 100.000 € .

 

Et il entend renouer des liens avec le lycée de Longchamp, spécialisé dans la formation (jusqu’à bac +3) des métiers de la céramique d’art. En prévision d'embauches au gré du développement de son business.

 

 

 

Qui est Philippe Orliac ?

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Philippe Orliac présente dans la boutique de Dijon, les ébauches de la nouvelle colllection. © Traces Écrites.

 

Il dit lui même qu’on échappe pas à son destin. Philippe Orliac est né à Arnay-le-Duc (Côte-d’Or) dans une ancienne bâtisse du XVIIème siècle qui deviendra quelques décennies plus tard le musée des arts de la table…Entré à 14 ans en apprentissage à l’école de Longchamp comme modeleur, il poursuit des études de technicien et entre au service de l’industrie en 1986.

Tour à tour dans le domaine de la poterie, de la vaisselle, de la salle de bain et du réfractaire, il pilote les mises au point des produits, dirige des ateliers, installe des usines en France et à l’étranger. En1997, il intègre l’institut de céramique française qu’il dirigera 6 ans plus tard. En 2010 avec une équipe de passionnés, il fonde une école de céramique professionnelle à Longchamp.

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Décors muraux.

 

L’histoire de la céramique à Longchamp


L’industrie céramique remonte au 19ème siècle (1832 exactement) dans cette partie du val de Saône côte-d’orien où l’on fabriquait de la poterie et des tuiles. En 1964, la Faïencerie de Longchamp employait 230 personnes qui produisaient 4 millions de pièces de vaisselle par an.
Dans les années 1990, Villeroy et Boch rachète la faïencerie, mute la production vers la vitro-porcelaine et recrée jusqu’à 90 emplois. La reconversion n’a pas les effets attendus.
En 1997, le directeur, Jean-Marie Monot reprend l’usine avec l'objectif de relancer la production de faïence. En 2009, la faïencerie est liquidée. Deux ans plus tard, une équipe de passionnés dont fait partie Philippe Orliac, accompagne Gérard Larché dans la reprise des locaux où ils installent un centre de formation professionnelle et hébergent, dans ce que l’on appellerait aujourd’hui un tiers-lieu, des céramistes d’art qui fabriquent et vendent leur production.
L’activité est liquidée en 2014. Philippe Orliac reprend le flambeau en 2016 en créant la SAS Design Urban Céramique et reprend la marque « Manufacture de Longchamp » pour occuper une niche dans le marché des arts de la table.

 

Photos fournies par l'entreprise, sauf mention contraire.

 

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1 commentaire(s) pour cet article
  1. Champouretdit :

    Les symboles des deux grandes capitales emblématiques que sont New York et Paris sont remarquablement, et de manière très originale, mis en valeur par cette présentation. Deux chefs d'œuvre qui ne demandent qu'à se retrouver dans les demeures où le goût sûr a toute sa place. Souhaitons un franc succès à cet entrepreneur!

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