Reprise. L’un des sites de la céramique parmi les plus connus de France renaît grâce à une poignée de passionnés. Magasin, de type usine, avec de nombreuses productions françaises, hall technologique, centre de formation, d’innovation et de design, pépinière d’entreprises, atelier d’artistes, conception et fabrication de moules et de modèles, le projet est ambitieux et se veut global. Il pourrait déboucher sur la relance d’une petite production.

Sa retraite, Gérard Larché (64 ans) la coulera plutôt active.

En rachetant ce début d’année une partie du site de la faïencerie de Longchamp (Côte-d’Or), il s’est donné du travail pour au moins dix ans. Et ce, à l’aune d’un projet très ambitieux : faire renaître, mais sous un jour nouveau, ce qui fut l’un des plus beaux fleurons industriels de Bourgogne (*).

Cet ancien cadre de l’industrie, devenu ensuite consultant en organisation et gestion d’entreprise, ne se lance toutefois pas seul dans l’aventure. Il s’appuie notamment sur Philippe Orliac qui, un an auparavant, avait déjà acquis une autre partie des 13 000 m2 de bâtiments laissés à l’abandon et régulièrement vandalisés.

Ce dernier est une pointure dans le métier de céramiste. Il dirige l’Institut de la Céramique Française (ICF), une fondation spécialisée dans la formation continue et le conseil, ainsi que deux centres de formation d’apprentis (CFA).

Gérard Larché peut aussi compter sur LP Modelage, fabricant de modèles et de moules. Cette petite entreprise (120 000 € de chiffre d’affaires), co-fondée par Rémi Lacroix et Michel Poisson, occupe en propre 1100 m2 et monte une filiale de production de pièces pour sanitaires, baptisée Wado.

Le Conseil régional fait-il la sourde oreille ?

Tout ce petit monde, épaulé par une poignée de passionnés, remet progressivement en état une partie des locaux et des machines, pour créer un pôle national d’innovation et de formation.

On y trouvera progressivement un hall technologique, en cours d’aménagement, où des stagiaires expérimenteront l’ensemble des process de fabrication et testeront de nouveaux produits.

De son côté, l’ICF abritera son centre de formation de techniciens supérieurs pour des enseignements théoriques en salle et pratiques dans l’unité d’expérimentation. Un centre d’innovation et de design complètera l’ensemble du pôle avec des matériels de caractérisation des matériaux et une machine 3D pour la conception.

Une pépinière d’entreprises et des ateliers d’artistes devraient aussi progressivement intégrer les lieux.

«Nous souhaitons à terme de nouveau produire en lançant des petites séries», indique Gérard Larché. En attendant une boutique est ouverte et propose des collections, en premier et deuxième choix, de fabricants de toute la France (**).

L’ensemble du projet est pour l’instant intégralement financé sur fonds privés et «ne fait l’objet d’aucune aide financière publique». Seules, la députée Claude Darciaux et la municipalité de Longchamp sont montés au créneau pour débloquer des situations administratives, jugées complexes.

La région Bourgogne, compétente en matière d’économie et de formation, opposerait même, selon Gérard Larché et Philippe Orliac, "une fin de non recevoir" à l’octroi du moindre denier. «Nous trouverons d’autres soutiens et j’accueille en ce sens, le 21 juillet, le président du pôle européen de la céramique, basé à Limoges», précise Philippe Orliac

Interrogé pour expliquer sa position, le conseil régional indique : "qu'il n'a officiellement reçu à ce jour aucun dossier de demande d'aide sur ce projet et qu'il est tout prêt à l'étudier".

(*) La Faïencerie de Longchamp démarre ses activités en 1833, en lieu et place d’une tuilerie. L’affaire prend de plus en plus d’importance au point d’employer en 1879, 130 femmes et 171 hommes. L’âge d’or perdure jusqu’au début des années 80 puis, l’entreprise passe de main en main, chez Villeroy et Boch notamment (1990 à 1997), et périclite doucement jusqu’à sa liquidation effective début 2009.

(**) Céramiques de bâtiment, arts de la table, sanitaires, objets de décoration et jardinerie.

Crédit photo: Traces Écrites

4 commentaire(s) pour cet article
  1. Baeydit :

    Je possède encore une vingtaine d'assiettes d'un service "Pimpolaise" en terre de fer acheté par mon grand-oncle en 1930 et estampillé Faïencerie de Longchamp. J'ai été obligé de jeter une dizaine d'assiettes car elles étaient écaillées Cela peut il vous intéresser ? Cordialement

  2. noel Villydit :

    Bonne route a votre projet - J''ai ét2 employé durant 5 ans entre 9/1949 et 7/1954.

  3. Martin née Moisanddit :

    Je suis une petite-fille de Robert Charbonnier et fille de Gaëtan Moisand !! Inutile de vous dire que votre article me réjouit le coeur..., Longchamp n'en finit pas de revivre. J'étais si attachée à cette affaire que je fais des voeux pour qu'elle renaisse de ses cendres Bravo pour votre projet et mes meilleurs voeux de réussite A.M.Martin

  4. BOULY Bernarddit :

    Preuve que les territoires de Bourgogne regorgent de ressources et d'initiatives dignes d'intérêt et parfaitement complémentaires avec d'autres priorités.

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