Hydreos, le pôle de compétitivité de l’eau du Grand Est, et les trois Sociétés d’Accélération du Transfert de Technologies (SATT) de l’Est, Sayens à Dijon, Conectus à Strasbourg et Nord à Lille, veulent mettre les entreprises de l’eau en relation avec des chercheurs pour les aider à apporter des réponses nouvelles aux besoins d’innovation.


La crise sanitaire les a coupés dans leur élan, mais ils sont bien décidés à le reprendre dès que possible. Le pôle de compétitivité de l’eau du Grand Est, Hydreos et les trois Satt (Sociétés d’Accélération de Transfert de Technologies) de l’Est, Sayens à Dijon, Conectus à Strasbourg et Nord, ont signé en février une convention d’actions communes en faveur de l’innovation dans le domaine de l’eau. L’axe directeur consiste à « apporter des réponses nouvelles aux besoins d’innovation des entreprises de la filière à partir des solutions issues de la recherche publique ».

Etant au contact quotidien des laboratoires de recherche, les SATT sont en effet en mesure de mettre les entreprises de l’eau en relation avec des chercheurs en prise avec leurs sujets de préoccupation, alors que les travaux de ceux-ci se destinent a priori à d’autres secteurs d’activité. Et pour ces chercheurs, l’immersion dans ce domaine plus inédit peut aussi dynamiser leurs activités, voire amener certains à franchir le pas de la création d’entreprise.

 

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Le fait que les deux parties signataires balaient chacune des spectres larges augmente les chances de rencontre, confirment-elles. « Notre champ d’intervention est polyvalent, compte tenu du profil de notre actionnariat constitué de plusieurs établissements d’enseignement supérieur [ voir encadré ]. De fait, nous évoluons plutôt dans le domaine des procédés et matériaux, qui trouve ses applications dans l’eau », souligne Catherine Guillemin, présidente de Sayens.

La SATT de Bourgogne-Franche-Comté compte d’ailleurs déjà dans la liste de ses projets accompagnés quatre dossiers en rapport avec l’eau, par exemple sur la durée de vie des canalisations. De même, l’Alsacien Conectus particulièrement focalisé sur la santé et les biotechnologies se situe à l’interface avec l’hydrologie. Figure d’ailleurs parmi ses actionnaires l’école d’ingénieurs Engees (génie de l’eau et de l’environnement) de Strasbourg (Bas-Rhin).


L’eau, un sujet en interaction avec la santé, le médicament, l’énergie, la protection de l’environnement

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Le chantier de renouvellement et extension du réseau de l’Eurométropole de Strasbourg réalisé par Saint-Gobain PAM. 


Sous l’angle de vue d’Hydreos, le discours est comparable. « L’eau est un sujet qui entre de plus en plus en interaction avec d’autres : la santé, le médicament, l’énergie, la protection de l’environnement… Les équipes de recherche, en particulier celles de nos entreprises privées adhérentes, sont très pointues dans leur domaine, pour des applications directement liées à leur métier. En se rapprochant des Satt, nous allons élargir les focales », prévoit Luc Bertossi, directeur général du pôle.

Hydreos et les SATT entrevoient de nombreux domaines de déclinaison de leur partenariat : alimentation en eau potable, assainissement, eaux de baignade, eaux industrielles… Luc Bertossi identifie une spécialité typique de la recherche qui prend de l’importance simultanément dans les laboratoires publics et dans les entreprises de l’eau : l’intelligence artificielle, l’Internet des objets.  « Le réseau constitué autour des SATT peut apporter ici une valeur ajoutée incontestable, au service des réseaux intelligents, pour l’optimisation des consommations d’eau », souligne-t-il. « Par ailleurs, nous concentrons dans le seul Grand Est 80 % de l’offre française en métrologie », appuie Luc Bertossi.

 

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Compteur d’eau
de Diehl Metering
(anciennement Sappel)
à Saint-Louis (Haut-Rhin).

Les mesures sanitaires en partie levées, la « feuille de route de coopération commune » rédigée pour la convention de février va pouvoir maintenant se déployer. Elle fixe les principes suivants : partage des expertises métiers (en propriété intellectuelle, en marketing), revue des projets d’innovation pour identifier les potentiels de collaboration et de mise à disposition d’expertises, revue des technologies prometteuses d’intérêt commun, diffusion d’opportunités de projets innovants auprès des entreprises adhérentes d’Hydreos pour de la co-conception, de la cession de licences ou d’autres modalités, participation ou organisation d’événements conjoints. Au final, concluent les partenaires, « l’ambition est d’accélérer la compétitivité des entreprises existantes et de contribuer à l’émergence de start-up et deeptech sur les territoires. »

Le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté constituent le terrain naturel d’application de la convention. Mais la coopération pourra prendre une dimension plus nationale, du fait qu’Hydreos est associé dans le réseau France Water Teams à ses homologues dans l’Hexagone, Dream en Val de Loire Centre (Orléans) et Aqua Valley en Occitanie (Montpellier). Le partenariat interrégional se conçoit dès lors comme une « première étape » vers une collaboration qui prendrait une envergure plus nationale.

 

Radiographie des signataires

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De gauche à droite : A l’occasion de la signature de leur convention de partenariat à Strasbourg, Caroline Dreyer, présidente de la SATT Conectus, Anne Ribayrol-Flech, présidente du Pôle de l’Eau du Grand Est Hydreos, Catherine Guillemin, présidente de la SATT Sayens et Fabrice Lefebvre, président de la SATT Nord.

Hydreos : créé en 2010, le pôle de compétitivité regroupe 160 adhérents. Il a labellisé 114 projets dont 55 ont fait l’objet de financements pour un total de 81 millions d’€.

• Sayens
: créée en 2014, la  Société d'Accélération du Transfert de Technologies est détenue principalement par les universités  de Bourgogne, de Franche-Comté, de Lorraine, l’UTT de Troyes, l’UTBM de Belfort-Montbéliard, Agrosup Dijon et l’ENSMM (mécanique et microtechniques) de Besançon. Depuis ses débuts, elle a investi dans 108 projets tous secteurs pour montant de 21 millions d’€ et contribué à la création de 22 start-up.

• Conectus
: L’Alsacienne totalise 1.205 contrats de collaboration entre chercheurs et entreprises, 113 projets innovants financés, 110 millions d’€ levés auprès d’investisseurs et la contribution à la création de 22 start-up. Son actionnariat comprend le CNRS, l’Inserm, les universités de Strasbourg et de Haute-Alsace, les écoles d’ingénieur Insa et Engees de Strasbourg.  

• SATT Nord :
créée en 2013, elle intervient en Champagne-Ardenne et dans les Hauts-de France, a fait passer 153 projets en maturation représentant une levée de fonds de 32 millions d’€ et a contribué à 19 créations d’entreprises.

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