Concepteur et monteur de palettiseurs de sacs pour diverses industries, le spécialiste haut-rhinois a parfaitement résisté à la crise sanitaire, bien appuyé cela par le retour à un actionnariat industriel depuis 2012. Il a saisi cette circonstance exceptionnelle pour renforcer ses liens de travail avec un réseau d’une dizaine de PME de proximité dans l’usinage, la mécano-soudure ou encore les composants électriques.


La crise sanitaire n’a pas déboulonné Newtec Bag Palletizing. L’entreprise basée à Illzach et Soultz dans le Haut-Rhin est parvenue à maintenir sa trajectoire de croissance dans sa spécialité, les palettiseurs de sacs d’emballage industriel. Mais le Covid a introduit quelques changements, comme le pilotage à distance du montage de machines, jusque vers l’Australie « ce que nous semblait inimaginable avant », confie le directeur général Boris Primet.

 

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A l’inverse, la pandémie a consolidé les relations de proximité, pour ce qui relève de la réalisation des équipements eux-mêmes. Newtec avait déjà constitué de facto dans un passé récent un écosystème local de sous-traitants. Il l’a renforcé depuis. « Nous nous fournissons à 85 % auprès de « locaux » : 55 % dans un rayon proche de l’ordre de 50 km, et les autres 30 % dans un périmètre de 200 à 300 km que l’on peut encore considérer comme limité géographiquement, dans notre secteur fort mondialisé », souligne Boris Primet.

« Cette organisation nous garantit des prestations de qualité. De plus, nous restons une industrie de relative petite cadence, avec 50 à 60 machines par an. Dès lors, aller chercher des volumes loin des bases pour l’approvisionnement n’a pas de sens », poursuit le dirigeant.

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Les salariés de Newtec Bad Palletizing assurent les réglages et montages des palettiseurs de sacs à partir des composants et sous-ensembles de leurs fournisseurs, situés à 85 % dans un rayon de proximité. © Mathieu Noyer


Les sous-traitants les plus proches forment un réseau d’une douzaine de PME, haut-rhinoises pour la plupart, en mécano-soudure, usinage, composants électriques, etc. Ils aident ainsi Newtec à remplir sa mission : l’assemblage et la connexion électrique de ces palettiseurs, appelés à produire des sacs pour l’industrie agro-alimentaire (40 % de l’activité, notamment le pet food l’alimentation des animaux domestiques), le bâtiment (40 %, sacs de plâtre, de ciment…) et la chimie/pétrochimie et la plasturgie (granulats).

Dans ses locaux de 5.000 m2 au cumul des deux sites, l’entreprise ne fabrique pas par elle-même, mais elle assure le « Meccano » pour l’envoi de palettiseurs largement individualisés, en mesure d’assurer la manipulation de sacs de 5 à 50 kilos, en tissu, en plastique…

Le rôle décisif de l’ensemblier se situe à la fois à l’amont et à l’aval, ce que reflète bien la répartition de ses effectifs : sur les 95 salariés, presque la moitié (40) travaille à la conception des palettiseurs au sein d’un bureau d’études expert en mécanique, électricité et automatismes, tandis qu’une vingtaine d’autres collaborateurs se charge du service après-vente, le SAV. 

 

Demande de la pétrochimie lointaine

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L'entreprise prépare 50 à 60 palettiseurs par an, à destination de l'ensachage agro-alimentaire, de l'emballlage pour le bâtiment (sacs de plâtre ou ciment) et de la pétrochimie. © Mathieu Noyer

 
Ces machines partent pour trois tiers égaux de destination : la France, le reste de l’Europe, et les autres continents. Une montée en puissance de l’activité s’observe en direction du Sud-Est asiatique et des Etats-Unis, qui est en bonne partie liée à un autre vecteur de croissance, la pétrochimie. Ce sont dans ces contrées que se créent les nouvelles usines que Newtec Bag Palletizing pourra livrer.

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Dans ce secteur d’activité, la PME alsacienne peut s’appuyer sur les compétences de sa maison-mère allemande et le nouveau partenaire de celle-ci : l’industriel Haver & Boecker, son propriétaire depuis 2012, a constitué depuis quelques années une société commune avec son confrère et compatriote Windmöller & Hölscher dans le but de percer notamment dans la pétrochimie.

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La réalisation des modèles applique le cahier des charges élaboré par le bureau d'études. © Mathieu Noyer


La filiale française trouve ainsi une nouvelle raison de se féliciter d’avoir rejoint Haver & Boecker, un solide industriel des biens d’équipement de 2.700 salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 500 millions d’€, après une succession d’actionnariats plus ou moins financiers et plus ou moins heureux dans le passé.

A la reprise en 2012, Boris Primet avait reçu la mission - et les moyens techniques, financiers et commerciaux correspondants - de doubler en cinq ans un chiffre d’affaires qui végétait. L’objectif a été atteint et le développement s’est poursuivi pour aboutir désormais à une fourchette de 22 à 25 millions d’€ annuels.

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Boris Primet est le directeur général de la PME, filiale de l'Allemand Haver & Boecker.  © Mathieu Noyer

 

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