EMBALLAGE/ALSACE. A Illzach, près de Mulhouse, le fabricant de systèmes de palettisation de produits en sachets a retrouvé un propriétaire industriel… et il en est très content.

En trois ans, l'Allemand Haver & Boecker a fait croître les effectifs de 62 à 92 salariés et progresser le chiffre d’affaires de 12 à 22 millions d’€.

Newtec vise maintenant l'export avec un système de chargement direct sur camions, sans matériel de levage/manutention. 

 

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L'ensachage de produits alimentaires, la spécialité principale du site. ©Christian Robischon.

 

Des actionnaires, cette entreprise d’emballages professionnels  - elle livre des systèmes de palettisation de produits en sachets - en a vu se succéder à rythme accéléré depuis sa création en 1972 : un industriel allemand, un groupe français (Bongrain), un américain. Avant une série de fonds financiers qui ne coïncide pas avec la période la plus heureuse.

 

C’est alors  que  l’Allemand Haver & Boecker est arrivé, en 2012. Prototype de l’ETI familiale germanique (2 700 salariés, 400 millions d’€ de chiffre d'affaires annuel), elle a remis Newtec BAG Palletizing en selle. Avec ce qu’il faut de tact.

 

« Haver & Boecker n’a pas fait table rase du passé. Il a reconnu nos savoir-faire et notre expertise et nous a demandé de les faire fructifier. De son côté, il a apporté sa réputation dans le secteur, des débouchés complémentaires et sa solidité financière qui nous permet d’ajouter la fabrication sur stock à celle sur commande, de façon à mieux lisser la charge de travail », décrit Boris Primet, directeur général de l'entreprise d'Illzach (Haut-Rhin). « En somme, il nous a donné les moyens de notre développement, mais il nous en a laissés les clés. »

 

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Les éléments arrivent en kit pour assemblage sur place des palletiseurs. ©Christian Robischon.

 

La combinaison fonctionne. En trois ans,  les  effectifs sont passés de 62 à 92 salariés et le chiffre d’affaires de 12 à 22 millions d’€ sur l'exercice 2014. Newtec BAG Palletizing se fixe  le cap des 30 millions d'€ en 2019.

 

Le souci de la PME aujourd’hui est enviable :  savoir gérer la croissance. « Nous assemblons 60 palettiseurs par an, alors que notre potentiel se situe plutôt vers 150 »,  souligne Boris Primet.

 

Or ces amples machines ont du mal à se faire toute leur place dans les 5 500 m2 actuels, qui plus est répartis en trois halls dans la zone industrielle d’Illzach, dont certains sont loués. Aussi, la PME souhaite se construire sa propre entité, plus vaste, dans le Sud-Alsace, dans les deux ans.

 

Ecosystème en Sud-Alsace

 

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Un pallettiseur prêt à passer au montage. ©Christian Robischon.

 

Quels sont ses leviers de cette croissance ? Des débouchés démultipliés, d’abord. Newtec a conforté ses positions dans sa clientèle de prédilection : l’industrie agro-alimentaire. Sa nouvelle maison-mère a dopé son activité auprès de la construction, - Haver & Boecker étant le leader mondial de l’ensachage de ciment- qui représente désormais 40 % de l’activité, autant que l’agro-alimentaire. Moins fringante, la chimie (20 %) n’en demeure pas moins un secteur-clé, là aussi renforcé par l’intégration au groupe allemand de machinerie.

 

Newtec BAG Palletizing compte développer un second pilier : les systèmes de chargement direct sur camions, sans matériel de levage/manutention. « Les débouchés se situeront à l’export : ce sont  les pays émergents qui se passent de Fenwick », décrit Boris Primet. Toutes activités confondues, l’export hors Europe devrait ainsi approcher les 50 % à court-moyen terme, contre un tiers aujourd’hui.

 

Boris Primet n’en reste pas moins prudent. Au niveau des volumes, il fixe plutôt l’objectif de 100 palettiseurs en 2017, dont les deux-tiers à trois-quarts seraient réalisés en Alsace. Le solde se fabriquerait sous licence à l’étranger, au plus près des marchés à servir, comme cela a déjà été le cas au Brésil l’an dernier.

 

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Une dizaine de recrutements cette année

 

En fait de « fabrication », Newtec BAG Palletizing est un assembleur : les ateliers d’Illzach montent, câblent, mettent sous tension des sous-ensembles venus de l’extérieur.  « Nos fournisseurs sont locaux aux deux-tiers, nous animons un petit écosystème de la métallurgie/mécanique en Sud-Alsace. Nous devons beaucoup à ce tissu de sous-traitants régionaux : leur soutien nous a sauvé la mise dans les périodes plus difficiles », salue le directeur général.

 

Le cœur du site d’Illzach bat avant tout dans les bureaux d’études. Il en compte trois qui emploient une trentaine de personnes : mécanique, électricité, automatismes. « Notre valeur ajoutée, elle est là, dans la conception », appuie Boris Primet en parcourant les bureaux.

 

Quand on lui demande où se situent ses investissements, le dirigeant répond « dans les personnes. »  En 2014, « nous avons plus augmenté la masse salariale que le chiffre d’affaires , + 25 % pour l’une, + 14 % pour l’autre. » Une dizaine de recrutements devrait encore intervenir cette année.

 

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Boris Primet, directeur général. ©Christian Robischon.

Qui est Boris Primet ?

 

Un exemple de méritocratie !  Fils de garde-forestier, le dirigeant de 44 ans a gravi les échelons par les études et la promotion interne. Avec un DUT de génie électrique en poche, son début de carrière l’a rapidement mené chez Newtec, où il a été recruté en 1996 comme technicien metteur au point.

 

Il a repris ses études quatre ans plus tard pour décrocher un DESS en gestion de projets et devenir responsable d’atelier. Après une parenthèse de deux ans dans une autre entreprise, il est revenu chez Newtec comme responsable export en 2010. Le désir d’apprendre et de progresser ne l’a pas lâché : il a suivi avec succès un Master en administration des entreprises.

 

Devenu responsable du site entier d’Illzach un peu au gré des flottements internes du début des années 2010, il a été confirmé par Haver & Boecker comme directeur général de sa nouvelle filiale française.

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