Connue depuis plus d’un demi-siècle mais restée confidentielle, la chromatographie gazeuse inverse permet d’analyser directement la surface d’un solide – une poudre, une fibre, un pigment… – pour en identifier les propriétés physico-chimiques. La concurrence de cette petite entreprise du Haut-Rhin se résume dans le monde à un opérateur britannique.
D’anciens locaux en brique des Mines de potasse à Wittelsheim (Haut-Rhin) abritent une pépite mondiale. Avec ses cinq salariés, la discrète Adscientis est LA spécialiste française, et la quasi-unique internationale, de la chromatographie gazeuse inverse, en abrégé IGC pour son terme anglais (Inverse Gas Chromatography).
On connaît plus ou moins la chromatographie tout court : elle sépare les molécules ou les composants d’un mélange pour les analyser. La chromatographie gazeuse inverse, elle, permet d’analyser directement la surface d’un solide – une poudre, une fibre, un pigment… – pour en identifier et interpréter les propriétés physico-chimiques : adhésive, adsorbante, hydrophile ou hydrophobe, rugosité, acidité ou base etc. Et le cas échéant, détecter et comprendre leur divergence par rapport à ce qui est attendu.

A l’inverse de la chromatographie classique (d’où l’emploi de cet adjectif), les molécules ne servent pas ici de support d’analyse, mais elles sont injectées dans une colonne avec un échantillon d’un solide dont on souhaite étudier les propriétés de surface. « Nos injections s’effectuent toujours en quantité spécialement adaptée à la taille de l’échantillon à analyser, ce qui garantit la précision des résultats », ajoute Eric Brendlé, le dirigeant d’Adscientis.
Ce scientifique est tout simplement le seul à avoir consacré une thèse au sujet, à la fin des années 1990 à l’Université de Haute-Alsace à Mulhouse avec son professeur, Henri Balard. « C’est le champion mondial du sujet », s’enthousiasme Anna Gichkina, la volubile collaboratrice chargée de la communication.
Une place plus grande qu'aujourd'hui, dans les techniques d'analyse

La technique de la chromatographie gazeuse inverse est connue depuis plus d’un demi-siècle mais elle est restée confidentielle. Eric Brendlé l’a convertie en projet d’entreprise en 2008, par la création d’Adscientis. Au fil des évolutions, la société a conçu une solution baptisée NeuronIC. Face à la concurrence qui se résume dans le monde à un opérateur britannique, ses atouts consistent, selon la société, dans sa modularité et son adaptation aux applications et besoins des clients, en rassemblant en un ensemble les équipements nécessaires. 
Adscientis la commercialise auprès de laboratoires universitaires, et surtout de départements R&D de groupes industriels, dans les domaines d’application de prédilection de l’IGC que constituent la pharmacie (Novartis, Janssen…) la cosmétique (L’Oréal), la chimie, l’industrie des polymères et des composites, le textile ou encore la santé animale. La société, qui dégage un chiffre d’affaires annuel de 350.000 €, continue à perfectionner son offre pour donner à l’IGC « la place qu’elle mérite », plus grande qu’aujourd’hui, dans l’univers des techniques d’analyse.











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