Conceptrice de moules, EMI a modernisé ses installations d’injection thermoplastique fin 2012.
Conceptrice de moules, EMI a modernisé ses installations d’injection thermoplastique fin 2012.

PLASTURGIE. En choisissant EMI à Hésingue (Haut-Rhin) pour mettre en avant la filière régionale de la plasturgie, la Chambre de commerce et d’industrie d’Alsace, qui vient de lancer un plan d'actions pour la dynamiser, a fait une bonne pioche.

La PME s’est fixé un sacré défi : doubler son chiffre d’affaires en 2020.

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EMI, c’est que du plastique… mais tous les plastiques, ou presque.

Hormis le PVC, l’entreprise familiale de 81 salariés et 20 millions d’€ de chiffre d’affaires l’an dernier traite toutes les matières. Ce qui lui permet les combinaisons les plus multiples possibles.

Ses équipements lui permettent de traiter simultanément deux matières. Et même trois, cas plus rare, dans l’îlot où œuvre son robot 6 axes, exemple parmi les plus aboutis de l’automatisation de ses process. 

C’est aussi une prestation complète inscrite dans le nom de l’entreprise, contraction d’Etude-Moule-Injection. Conceptrice de moules, EMI a modernisé ses installations d’injection thermoplastique fin 2012 et abrite un centre d’usinage 5 axes.

« Nous investissons chaque année l’équivalent de 10 % de notre chiffre d’affaires. Cette année, nous avons prévu une proportion similaire et espérons que la demande des clients permettra sa mise en œuvre intégrale », indique Jean-Pierre Wissler, le P-DG.

Le photovoltaïque, vecteur de développement

Exemplaire, EMI l’est également par sa diversification. La PME créée en 1995 répartit son activité en une dizaine de secteurs d’activité. L’électricité et la connectique concentrent 55 %. Suivent  le bâtiment avec 18 % et la chimie avec 10 %, avant l’automobile.  « Celle-ci  représente 7 % du chiffre d’affaires. Sa part pourrait monter à 15 %, mais pas au-delà », souligne Jean-Pierre Wissler.

Le photovoltaïque est identifié comme un vecteur majeur de développement, au point d’y dédier entièrement l’un des trois ateliers de production d’Hésingue - un site complémentaire se trouve un peu plus loin à Neuwiller. 

Plutôt risqué quand on se rappelle les hauts, puis surtout  les bas de cette industrie en France et en Allemagne au gré de l’évolution des tarifs réglementés ?

EMI tient à rassurer : ses clients ne sont pas les utilisateurs finaux ni même les fabricants de panneaux, mais les fabricants de connecteurs moins exposés aux retournements et plus diversifiés géographiquement, dont les produits se posent aussi bien aux États-Unis qu’en Asie.

Ce robot 6 axes traite simultanément trois matières.
Ce robot 6 axes traite simultanément trois matières.

Doubler le chiffre d’affaires en 2020

EMI reste, en revanche, un acteur « régional » qui trouve largement de quoi faire à proximité de son site.

« Notre client le plus éloigné se trouve à 250 km. Notre fournisseur aussi d’ailleurs, nous achetons européen ! Si l’export représente 74 % du chiffre d’affaires, il se concentre pour l’essentiel en Suisse et en Allemagne », relève Evelyne Wissler, l’épouse du P-DG, chargée de l’administration et des ressources humaines.

La PME s’est fixé un sacré défi : doubler son chiffre d’affaires en 2020.

Ses effectifs devraient également poursuivre leur courbe ascendante. Elle achève un programme de 18 embauches, du bac pro à l’ingénieur.

Dans ce secteur soumis à rude concurrence internationale, les entreprises de la vieille Europe doivent miser sur la qualité technique qui passe par le savoir-faire de leurs salariés.

La formation représente donc un investissement à part entière : 6 % de la masse salariale, soit plus de 2 000 heures l’an dernier.

De gauche à droite : Jean-Pierre Lavielle, président de la CCI Sud-Alsace Mulhouse, Jean-Pierre Wissler, P-DG d’EMI et Jean-Louis Hoerlé, président de la CCI Alsace.
De gauche à droite :
Jean-Pierre Lavielle, président de la CCI Sud-Alsace Mulhouse,
Jean-Pierre Wissler, P-DG d’EMI
et Jean-Louis Hoerlé, président de la CCI Alsace.

La plasturgie en Alsace

Le secteur n’est pas identifié spontanément à l’Alsace et pourtant il y pèse d’un poids non négligeable dans la région : 145 entreprises, 11 000 salariés, 4 milliards d’€ de chiffre d’affaires.

Début février, la CCI Alsace a lancé un plan d’actions pour dynamiser la filière, en association avec la fédération professionnelle Plasturgie Grand Est, le Critt Matériaux Alsace et le conseil régional.

« Nous avons retenu quatre axes prioritaires : des ateliers sur les technologies innovantes, les solutions de recyclage, la formation et la création d’une place de marché », énonce Jean-Louis Hoerlé, président de la CCI régionale.

Photos: Christian Robichon.

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