Lapierre, la marque emblématique de cycles dijonnais, fête ses 75 ans avec une croissance, soutenue depuis plusieurs années et dopée avec la crise sanitaire et le boom du vélo, surtout électrique. L’entreprise assemble toujours certains modèles à Dijon, et possède un centre de recherche et développement à Marsannay-la-Côte, ainsi qu’une boutique futuriste près de la Toison d’Or, dont elle dupliquera le modèle en mars à Besançon.


La « petite reine » dijonnaise n’a pas encore atteint l’âge canonique de celle d’Angleterre mais s’en approche. 75 ans déjà que Gaston Lapierre a fondé Lapierre, fabricant de vélomoteurs puis de cycles et devenu, en 1966, Cycles Lapierre. L’entreprise appartient depuis 2018 au groupe néerlandais Accell, un géant du secteur côté en bourse (chiffre d’affaires 2019 de 1,1 milliard d’€ et 943.000 cycles vendus), mais la marque reste ancrée sur ses terres d’origine.
Les vélos haut de gamme sont toujours assemblés dans la cité ducale, avec des pièces provenant de plusieurs dizaines de fabricants du  monde entier, tandis que les autres, meilleurs marchés, le sont dans différentes usines du groupe.



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Chaque année, entre 18.000 et 25.000 vélos sortent de l’unité de production de la zone industrielle de Dijon Sud organisée en six ateliers thématiques. L’assemblage des vélos reste largement manuel, sorti du rayonnage des roues, assuré par un automate fabriqué à Annecy (Savoie). Les cadres carbone, tendance lourde pour les vélos techniques, proviennent de Taïwan, qui truste l’essentiel de la production mondiale.

Depuis quelques années, le mouvement allant en s’accélérant, le vélo connaît une véritable explosion. Au sein de l’usine Lapierre dijonnaise, et malgré la Covid, c’est la surchauffe. La production de cycles s’opère à flux tendu, et le fabricant ne dispose guère que d’une quinzaine de jours de pièces d’avance.
« L’industrie du cycle connaît une période de grande tension sur les approvisionnements, avec comme corollaire, une augmentation des délais de livraison et du coût unitaire des pièces », note sobrement Thierry Cornec, directeur général de Lapierre depuis le 16 juillet dernier.

 

Le vélo à assistance électrique, 40 à 50% des ventes

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La machine pour le rayonnage des roues est fabriquée à Annecy par Mach1 Machinery. © Arnaud Morel
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L’unité de production de la zone industrielle de Dijon Sud est organisée six ateliers thématiques. © Arnaud Morel


Il s’est vendu 2,6 millions de cycles en France l’an passé. Les fabricants de vélo tirent leur épingle du jeu d’une crise sanitaire qui limite les déplacements. Lapierre profite largement de cette tendance. Depuis plus de trois ans, la marque connaît une progression de ses ventes à deux chiffres.
Le segment des vélos à assistance électrique (VAE) connaît un boom accéléré, et représente désormais 40 à 50 % des ventes. « Aujourd’hui, nous vivons un vrai alignement de planètes. Avec la crise sanitaire, l’attrait pour les vélo électriques, et le poids des écologistes dans certaines municipalités. Mais nous restons prudents, pour nous assurer que ces tendances demeurent durables », analyse Thierry Cornec.


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L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires  de plus de 74 millions d’€ en 2019, et devrait enregistrer sur sonn exercice 2020 une croissance de l’ordre de 20 %. Elle emploie un peu plus de cent personnes – une douzaine vont être embauchés dans les prochains mois –. L’usine dijonnaise concentre la majorité des effectifs. A Marsannay-la-Côte (toujours dans l’agglomération de Dijon),  un centre de recherche et développement imagine les vélos de demain. Le site dijonnais héberge également les services administratifs de la société - approvisionnement, vente, support, marketing…, lui assurant une grande autonomie par rapport au groupe Accell dont il profite d’une mutualisation de certains services, ressources humaines et service informatique notamment.

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Dans l'atelier d'assemblage de Dijon. © Anrnaud Morel

 
« Aux Pays-Bas, Accell possède un centre de recherche et développement, qui se consacre aux évolutions à long terme du secteur du cycle. Ces travaux bénéficient à toutes les filiales, y compris Lapierre. Il est dirigé par Gilles Lapierre, le petit-fils du fondateur », précise Thierry Cornec.

Un « Experience Center en mars à Besançon

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Thierry Cornec devant un vélo Aircode DRS 8.0 développé avec l’équipe FDJ Groupama. © Arnaud Morel

Cycles Lapierre a ouvert, en 2018, une boutique concept à Dijon, « l’Experience Center », installée près ldu centre commercial de La Toison d’Or. L’objectif est de permettre d’exposer toutes les gammes de la marque, qui en compte une trentaine se déclinant en 130 modèles. La boutique, au design épuré, occupe 500 m2 et connaît un vrai succès que la marque compte répliquer.
« Nous allons ouvrir trois autres Experience Center cette année, à Besançon en mars, puis en Rhône-Alpes et dans l’ouest de la France », décrit Thierry Cornec qui a rejoint Cycles Lapierre en juillet 2020 en tant que directeur de la région Europe du sud du groupe Accell, après une expérience de 25 ans dans l'industrie du cycle, chez Royal Moto France, puis Mavic.
Cycles Lapierre développe sa franchise et s’appuie sur des revendeurs désireux d’afficher cette marque reconnue. Outre la technicité de ses vélos, bourrés de brevets, et son expérience du haut niveau - Lapierre travaille avec l’équipe FDJ  Groupama, qui possède un centre de recherche à Besançon pour développer ses vélos course -, le fabricant séduit aussi les revendeurs par une particularité : il livre des vélos assemblés, prêts à l’emploi dès la sortie du carton, au contraire des produits importés, que le vendeur doit lui-même assembler.

 

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