DOMOTIQUE. «Quand on se retrouve comme moi au chômage à 57 ans et demi, soit on déprime, soit on cherche à rebondir. J’ai choisi la deuxième option».

On a tout de suite envie de s’attacher à Yves Waltzer en l’écoutant évoquer la fin en queue de poisson d’une carrière professionnelle longtemps brillante d’ingénieur vidéo (JVC, Sony…) qui n’a pas pu passer à temps à travers les gouttes de la chute du secteur audiovisuel.

L’homme fait partie de ceux qui ont recréé leur emploi d’eux-mêmes : en fondant son entreprise, spécialisée dans la domotique.

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Elsass Smart Technology (EST) est née officiellement en février dernier à Habsheim (Haut-Rhin) où elle prend progressivement la suite de Seven Line Controls Systems, un distributeur de matériel audio.

Avec EST, nous entrons dans l’intimité des maisons pour y appliquer les nouvelles technologies, ce que d’aucuns appellent la domotique.

La toute jeune société a été reconnue par la grappe alsacienne « Pôle aménagement de la maison », qui la convie dans son «Appart’ à part», une exposition itinérante d’un logement témoin du savoir-faire d’une vingtaine d’entreprises alsaciennes petites et grosses d’Alsace pour le confort de l’occupant et les économies d’énergies.

L’Appart à part tient son prochain rendez-vous à la foire de Paris du 27 avril au 8 mai. EST en sera.

La jeune société développe principalement deux produits, non brevetés mais déposés auprès de l’INPI (Institut national de la propriété industrielle).

D’abord, un système de commande sans fil de vasques de salles de bain, pour les faire monter et descendre. «Il s’adresse aux personnes à mobilité réduite ou de petite taille qui prennent possession d’un appartement jusqu’alors occupé par une personne valide ou de taille normale», décrit Yves Waltzer.

La fonction existe déjà, mais avec fil. Elsass Smart Technology s’en affranchit, ainsi que de la pile, grâce à une technologie radio particulière. Son dispositif gère également la lumière. «On combine ainsi confort et économies d’énergie».

Il est d’ores et déjà commercialisé, principalement via le fabricant de meubles alsacien Cedam. «A partir de la vasque de salles de bains, on peut concevoir un tas d’autres applications sur un mode similaire : les volets roulants, les portes…», souligne Yves Waltzer.

Des projets plein la tête

L’autre produit, de même technologie, est en phase finale de conception : une alerte d’accident domestique, actionnable en pressant sur une sorte d’interrupteur à pourtour fluorescent posé à hauteur des plinthes.

Quel intérêt, alors qu’un tas de bippers et bracelets couvrent le marché ? «Les personnes âgées ne les portent pas sur elles la nuit. Si elles tombent dans le couloir, la salle de bains, la chambre à coucher, elles pourront repérer l’interrupteur fluo et ramper jusqu’à lui pour déclencher l’alerte. La lumière s’allume en même temps, mais à faible intensité, car on sait qu’un éclairage puissant la nuit fait paniquer», expose le créateur.

Il reste ici un fil pour relier à la lampe.

La suite obéit à la séquence classique d’un déclenchement d’alerte : message sur le téléphone d’un proche identifié au préalable ou vers le centre de secours, rappel et intervention en l’absence de réponse à quelques tentatives d’entrer en contact.

Notre Géo Trouvetout compte ici intéresser des particuliers mais aussi les maisons de retraite.

Il a d’autres tours dans son sac, dont un système de baisse automatique du chauffage à l’enclenchement de la poignée de fenêtre. Pas bête : on oublie souvent de toucher au radiateur quand on aère.

Mais pour l’instant, mieux vaut aller moderato. Sa petite entreprise démarre à deux. Si elle prospère, Yves Waltzer pense s’adresser à des centres d’aide par le travail (CAT) pour l’assemblage des produits.

Crédit photo: Christian Robischon

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