Start-Up. On sait combien prendre de l’avance dans le dépistage d’un cancer est fondamental. On serait tenté de dire vital.

Pour le cancer colorectal, les motifs d’espoir se trouvent en partie à Mulhouse.

Grâce à Droplet Diagnostics, en passe de renforcer ses fonds propres et de s'installer à l’Ecole nationale supérieure de chimie de Mulhouse.

La jeune société a mis au point un dépistage qui repérera l’apparition de polypes bénins, avant que les métastases ne passent dans le sang pour commencer à produire leur effet maléfique.

La méthode utilisée ajoute deux autres avantages, poursuit le PDG Frédéric Hoehn : «Nous recourrons à la technique non-invasive en lieu et place de la coloscopie ; en plus de l’intérêt d’être moins lourde et moins coûteuse, elle apporte une précision plus grande grâce à la microfluidique».

Cette technique divise un milieu réactionnel en une multitude de micro-gouttelettes si fines que chacune renferme une seule molécule, analysée pour détecter par fluorescence la mutation du gène (APC) responsable de 80 % des cancers colorectaux.

Dans ce thème de la microfluidique, Droplet est impliqué dans un programme de recherche de 7,3 millions d’€ que l’Etat vient de retenir dans le cadre du Grand emprunt (le Programme investissements d’avenir), comme lauréat de l’appel à projets "nano-biotechnologies".

Il est vrai que la start-up mulhousienne compte dans ses rangs une référence mondiale de la  microfluidique : le professeur Andrew Griffiths, qui exerce à l’Isis de Strasbourg, l’institut de recherche du Prix Nobel Jean-Marie Lehn.

Ce chercheur américain forme l’équipe dirigeante avec le Dr. Alex Garvin, sommité du dépistage du cancer, et Frédéric Hoehn, ingénieur chimiste qui ajoute des compétences en gestion et relation commerciale.

La clientèle des laboratoires d’analyses en biologie moléculaire

Droplet Diagnostics finalise actuellement la phase de développement en laboratoire de son test de dépistage. Son installation dans un nouveau labo à l’Ecole nationale supérieure de chimie de Mulhouse à la rentrée prochaine coïncide avec le début de 18 mois d’essais.

Suivra une grosse années d’études cliniques visant à décrocher fin 2013 ou en 2014, l’autorisation de mise sur le marché en Europe et aux Etats-Unis. Et, pour renforcer ses fonds, la société constituera un premier tour de table avec des investisseurs.

Droplet vise la clientèle des laboratoires d’analyses en biologie moléculaire. Vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique, la cession de licence figure parmi les options envisagées, de même que le développement de tests "compagnons" (associés à  médicament).

Elle estime son marché à 500 000 tests par an en Europe et aux Etats-Unis en hypothèse basse, et à 5 millions en cas de remboursement par les assurances maladie.

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