libuCULTURE. Tandis que les politiques s’amusent comme des petits fous à s’envoyer à la tête des communiqués incendiaires façon cocottes en papier chez les lycéens d’hier, les villes ou les cantons qu’ils sont chargés de gérer agonisent doucement sous leur nez.

Des petits faits, sans doute, mais tellement révélateurs du changement de société, changement subtil qui doucement nous éloigne de toute intimité, de toute réflexion, de toute conscience peut-être.

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La lecture, d’abord. A Dijon, par exemple, on voit petit à petit mourir une librairie qui fut un modèle national au temps de Jacques Bazin : la Lib’ de l’U, comme l’appellent encore les Dijonnais, est en vente comme toutes celles qui sont labellisées “chapitre.com”.

Je sais bien qu’une autre librairie l’a avantageusement remplacée dans le coeur de beaucoup, je sais bien qu’un repreneur va peut-être se présenter, comme Zorro dans le feuilleton d’hier, mais on me permettra de voir dans ces borborygmes commerciaux comme des signes de la fin d’une civilisation.

Pour qu’il y ait des livres, il faut aussi qu’on les imprime. Et là aussi, c’est la catastrophe. Voyez l’Imprimerie Darantière, jadis fleuron de la qualité des livres en France - on y imprima les volumes de La Pléiade en papier bible -, dont on apprend avec la coeur brisé qu’elle va être mise en redressement judiciaire.

Vous me direz que ce n’est pas un événement, que les banquiers s’en contrefichent, et que la mort des coches d’eau n’a pas changé la face du monde.

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Michel Huvet
Michel Huvet.

Qui est Michel Huvet ?

Dijonnais. Journaliste et écrivain réputé pour ses analyses politiques et ses implications culturelles. Son axe de rotation : Dijon et la Bourgogne. Au Bien Public, il crée le service culturel.

Au Progrès-les Dépêches, il dirige la rédaction durant sept ans puis, de retour au Bien Public, il est responsable du Progrès-Dimanche, chef de la rédaction locale, chef du service politique.

Notre confrère intervient notamment au Centre de Formation des Journalistes (CFJ-rue du Louvre à Paris), puis à Sciences-Po Est-Europe, à Dijon. Président des Auteurs de Bourgogne de 1988 à 2008, il crée la Salon du Livre de Dijon.

Il est lui-même auteur de nombreux ouvrages de littérature, de poésie, de théâtre, d’essais et de biographies. Philosophe, amoureux des belles lettres, de la langue française, du théâtre et de la musique, Michel Huvet est officier des Arts et Lettres et membre non résidant de l’académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon.

Infatigable observateur et commentateur du monde en marche, il concocte actuellement un nouvel ouvrage à paraître cette année dans l'intimité de son bureau, quelque part dans une des vallées éduennes de l'Auxois.

Crédit photo : chapitre.com

Besançon voit aussi ses librairies disparaître : après Camponovo, la librairie Chapitre qui emploie 24 salariés n'échappe pas au sort du réseau.  Cependant, trois projets de reprise seraient à l'étude pour l'enseigne dans la capitale comtoise.

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2 commentaire(s) pour cet article
  1. MOSSEdit :

    Rien ne vaut le livre papier et pourtant …..Si je m'interroge vraiment, je vais plus souvent sur internet pour trouver l'information qu'il me manque : plus simple et plus rapide. D'autre part, des géants de la distribution ont grignoté petit à petit le marché du livre et des accessoires d'écriture. Et puis, je ne suis pas sÛre que les dernières générations de têtes blondes soient férues de culture, de savoir livresque et bien attentionnées à notre belle langue française qu'ils malmènent souvent. Autre facteur et non des moindres, est que le centre ville de Dijon n'est plus si fréquenté qu'avant. Le tout mis bout à bout ne permet plus que ces commerces soient viables et nous abordons, certes avec crainte, une société en pleine mutation et des changements radicaux.

  2. Bouillotdit :

    Cher Michel, je partage ton inquiétude sur l'avenir des commerces "physiques", culturels ou pas d'ailleurs, et par conséquent sur le visage qu'auront nos centres-villes demain. Signe des temps qui changent : il y a encore quelques années, tu aurais publié ton article sur du papier... Aujourd'hui, nous le découvrons sur ton blog et sur le site internet de Traces écrites...

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