TRANSPORTS EN COMMUN. Un tramway s'achève à Dijon, l'autre entre en chantier à Besançon.

La concordance des plus gros projets qu'aient jamais connu les capitales bourguignonne et franc-comtoise occasionne un débat entre les élus des deux agglomérations et les présidents des deux fédérations régionales des travaux publics, ce vendredi 15 juin à Besançon (1), à l'initiative du journal Le Moniteur.

Unies dans un pôle métropolitain prévu pour courant 2013, les deux villes trouvent dans cette expérience commune une nouvelle raison de se rapprocher, contre vents et marées.

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Les deux projets ont cependant chacun leur marque de fabrique. Les deux lignes du tramway de Dijon se déploient sur 20 kilomètres dans les larges boulevards péricentriques et évitent le centre historique transformé en zone 30 et zone piétonnière.

La mise en service se déroule en deux temps, les 2 septembre et 8 décembre prochains. L'heure est aujourd'hui aux essais et à la formation des conducteurs ainsi qu'à la mise au point d'un titre de transport électronique utilisable dans le tramway et les bus. À terme aussi dans les TER et pour la location des vélos.

A Besançon (2), l'itinéraire se faufile dans des rues étroites et un relief accidenté et fait une petite tangeante dans le secteur sauvegardé de la boucle du Doubs. La moitié des 14,5 kilomètres est aujourd'hui en travaux. La mise en service est prévue pour début 2015.

Côté budget aussi, les deux projets ne se sont pas comparables. A Dijon, les deux lignes de 20 kilomètres n'ont pas dépassé les 400 millions d'€ hors taxes prévus, assure le maître d'ouvrage, soit 20 millions d'€ le kilomètre. A Besançon, il reviendra à moins de 17 millions d'€ le kilomètre.

Les deux agglomérations n'ont pas les mêmes ressources : plus de 250 00 habitants à Dijon, 180 000 à Besançon. Ni les mêmes besoins. Les rames standards d'Alstom choisies par Dijon transporteront 212 passagers. Plus petit, le modèle du constructeur espagnol CAF qu'inaugurera Besançon, en contient 132.

Toutes les deux confrontées à une saturation des principales lignes de leur réseau de bus, les deux cités n'imaginaient pas autre moyen de transport en commun de substitution.

«Sans tramway, il serait difficile de piétonniser tout le centre historique», affirme François Rebsamen, maire de Dijon. «Avec ce projet, j'ai réellement le sentiment de faire mon boulot de maire», assure son collègue bisontin Jean-Fousseret.

Hormis l'amélioration attendue du service de transports en commun, les maires en profitent pour repenser l'urbanisme de leur ville.

A Dijon, 28 hectares de friches urbaines avenue Jean Jaurès, au sud, offrent un potentiel de 6500 logements, desservis par le tramway. «Dans le quartier de l'Arsenal, les deux stations, Arsenal et Bonnotte, seront accessibles en moins de six minutes», indique Pierre Pribetich, adjoint à l'urbanisme.

A Besançon, les quartiers Les Hauts du Chazal, à l'ouest et Les Vaîtes, accueilleront 3000 logements à l'horizon 2020. Ce dernier, en phase opérationnelle en 2015, affichera tous les stigmates de l'écoquartier : jardins partagés, autopromotion, station d'autopartage et parkings mutualisés.

(1) 8h30 à la CCI du Doubs, 29 rue Villarceau sous la forme d'un petit-déjeuner. Avec Jean-Louis Fousseret, président de la communauté d’agglomération du Grand Besançon, André Gervais, vice-Président des transports de la communauté d’agglomération du Grand Dijon.

Gilbert Jacquot, président de la fédération régionale des travaux publics de Franche-Comté et Francis Pennequin, président de la fédération régionale des travaux publics de Bourgogne.

Inscriptions : Céline Dumont - 01 40 13 35 62 - celine.dumont@groupemoniteur.fr

A Lire sur le sujet le dossier de 6 pages : Dijon-Besançon : le tramway renforce la coopération, Le Moniteur du BTP, 15 juin 2012.

(2). Déposée par le Mouvement Franche-Comté, l'Union Civique des Contribuables Citoyens de Franche-Comté et Besançon Renouveau, une requête en annulation de la déclaration d’utilité publique (DUP) sera examinée le 5 juillet par le tribunal administratif de Besançon. Les trois associations avaient déjà déposé un recours contre la délibération municipale actant l'élargissement du pont Charles de Gaulle nécessaire au passage du tramway. Le tribunal administratif l'avait rejeté.

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