TOURISME/DIJON. La saison touristique estivale s’étire à Dijon avec le dernier Brunch des Halles ce dimanche 23 septembre, jour de l’automne. Elle n'est cependant pas close.

L'ascension de la Tour Philippe Le Bon du Palais des ducs de Bourgogne, comme d'autres visites guidées de la ville, continue.
Le panorama du haut de ses 40 mètres est une belle approche de l’histoire de la ville ou, pour les visiteurs locaux, une intéressante lecture de leur cadre de vie.

 

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Les apéritifs sur la Tour Philippe Le Bon affichent complet jusqu'à la fin de la saison estivale. © Traces Ecrites.


L’arrêt à la 199ème marche de la tour Philippe Le Bon est la bienvenue pour reprendre son souffle. Kevin, guide à l’office de tourisme de Dijon, explique aux visiteurs que les trois premiers paliers de l’escalier en colimaçon avaient un rôle fonctionnel à l’époque des ducs de Bourgogne : ils distribuaient les différents niveaux du palais aujourd’hui partagé entre l’Hôtel de Ville et le musée des Beaux-Arts. Derrière la petite porte en bois devant laquelle s’est arrêté le groupe, se trouve maintenant la salle des tombeaux (de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur) du musée.


Au-delà de la 199ème marche, l’édification de la tour jusqu’à ses 46 mètres de hauteur et sept étages, n’était que pur apparat pour montrer la puissance de ceux que l’on appelle les Grands Ducs d'Occident. On découvrira sur le chemin du retour des salles d’apparat, en particulier la " salle de la méridienne" avec un cadran solaire que décrit avec passion un ancien employé de la ville de Dijon qui contribua à sa restauration dans les années 1990.

 

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316 marches conduisent sur la terrasse de la tour Philippe Le Bon, haute de 46 mètres. © Traces Ecrites.

 

Au bout des 316 marches, débouchant sur une terrasse, les visiteurs oublient l’effort qu’ils viennent de faire. La flèche de l’église Notre Dame impressionne par sa proximité et sa hauteur. Il faut fixer le regard un petit moment pour remarquer l’horloge gardée par Jacquemart qui sonne toutes les heures. Offert au 14ème siècle aux Dijonnais pour leur aide dans la guerre des Flandres, le campanile fut complété aux 17ème et 18ème siècles par deux autres personnages, d’abord Jacqueline, son épouse, puis Jacquelinet, leur rejeton.

 

Les visiteurs déambulent sur la terrasse où pas plus de 18 personnes sont invitées en même temps, pour des raisons de sécurité. Les yeux écarquillés sur l’horizon, ils essaient d’identifier au loin, les vastes toits d’ardoises à l’orée du centre historique — c’est le lycée Carnot —, une masse blanche longiligne — l’auditorium —, des tours contemporaines — le quartier de la Fontaine d’Ouche — etc. Puis leur regard scrute le pied de la tour.

 

Ce jour-là, l’Orchestre Dijon Bourgogne s’est installé cour de Flore, l’une des trois cours intérieures du palais ducal ; les terrasses des cafés de la place de la Libération grouillent de monde ; le repérage de la rue de la Liberté (l’artère commerciale) qui s’étire jusqu’à la Porte Guillaume, plus communément appelée Porte Darcy, révèle qu’elle n’est pas droite. Les toits recouverts de bâches blanches dissimulent le chantier du musée des Beaux-Arts, en pleine rénovation jusqu’en mai 2019.

 

Apéritif en haut de la tour Philippe Le Bon 

 

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La flèche de l'église Notre-Dame. © Traces Ecrites.

 

Certains essaient de compter les toits en tuiles vernissées, pas si nombreux au final. Le plus vaste couvre l’Hôtel de Vogüe, un hôtel particulier du 17ème siècle devenu salle municipale d’exposition. Celui de l’hôtel Aubriot, rue des Forges qui était en quelque sorte la banque du 13ème siècle, est moins visible. D’autres remarquent l’enchevêtrement des toitures et des terrasses du Dijon moyenâgeux autour de l’église Notre-Dame.

 

Le guide donne des pistes de recherche aux visiteurs, le Mont Poupet à l’horizon qui marque le début du massif du Jura, les bâtiments de l'hôpital et du campus, le dôme de l’église Saint-Anne à côté de laquelle se trouve le musée de la Vie Bourguignonne.


On fait des selfies, on décrypte les deux tables d’orientation… on aurait presque oublié la raison de cette ascension si une jeune femme ne venait pas proposer, un verre d’eau pour commencer, puis un kir, ce mélange de bourgogne aligoté et de crème de cassis qui porte le nom de son promoteur, le chanoine Kir, maire de Dijon de 1945 à 1968. 



 

 

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Proposés à la belle saison (*), à raison de deux séances le samedi soir, les apéritifs de la Tour Philippe Le Bon sont victimes de leur succès. Il faut réserver des semaines à l’avance pour faire partie des quelques 500 privilégiés comptabilisés cette année. Mais pour les malchanceux, des visites simples sont organisées tout au long de la journée et de l'année… sans les spécialités bourguignonnes qui accompagnent le fameux apéritif, les gougères, le jambon persillé et le pain d’épices parsemé ce jour-là de ganache au chocolat.

 

Environ une heure plus tard, en descendant les marches, chacun sait désormais qu’il ne confondra plus la tour Philippe Le Bon avec sa voisine, la Tour de Bar, plus basse, qui domine le très bel escalier de la cour du musée (cour de Bar) de la plus ancienne résidence des ducs de Valois.

 

Et se promet de ne retenir la lignée des ducs de Valois, dans l’ordre surtout ! : Philippe Le Hardi, le 1er des quatre, qui reçut le duché en 1364 et le fit prospérer jusqu’à devenir une menace pour le Roi de France ; puis Jean sans Peur qui eu un règne tourmenté par la guerre ; Philippe Le Bon qui fit construire la tour qui porte son nom, au milieu du 15ème siècle, sous lequel le duché de Bourgogne atteint son apogée ; enfin, le dernier, Charles Le Téméraire dont la mort en 1477 signe le rattachement de la Bourgogne au royaume de France.

 

 Les cercles concentriques du castrum

 

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Le chat et la chouette de la Maison Millière, derrière l'églsie Notre-Dame. © Traces Ecrites.

 

De retour sur la terre ferme, l’exploration de la cité peut se faire en suivant les cercles concentriques du castrum, l’enceinte fortifiée progressivement agrandie pour disparaître au 19ème siècle. Guide conférencière, Christelle concentre ce jour-là sa visite guidée sur les premières traces de Divio (le nom romain de Dijon).

 

A l’origine, le castrum couvrait moins de 9 hectares autour de l'hôtel de ville et du palais de justice actuels. Son premier agrandissement englobe l'abbaye Saint-Bénigne dont il reste le vestige de la crypte construite par Guillaume de Volpiano, sur le flan de la cathédrale Saint-Bénigne, et le Suzon qui séparait les deux quartiers, aujourd’hui souterrain.

 


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Le rattachement en 1678 de la Franche-Comté (que l’on appelait le comté de Bourgogne à ne pas confondre avec le duché de Bourgogne gouverné par les Princes de Condé avec Dijon comme capitale), alors espagnole, au royaume de Louis XIV rend les fortifications inutiles. Dijon voit son urbanisme remanié. La place royale, aujourd’hui place de la Libération est bâtie en hémicycle, une œuvre de Jules Hardouin-Mansart.


La promenade se poursuit rue des Forges, la rue principale au 17ème siècle (la rue de la Liberté n'avait pas son tracé actuel), ce qui explique la présence d’hôtels particuliers aux façades richement sculptées dans le style Renaissance italienne : l’Hôtel Chambellan au n° 34 avec, dans sa cour intérieure librement accessible, un superbe escalier de pierre à vis ; la Maison Milsand au n° 38 devant lequel on s’arrête pour observer les sculptures de guirlandes de fruits, légumes et visages ; l’Hôtel Aubriot au n° 40 et ses fines colonnades et au rez-de-chaussée duquel s’est récemment installé un bar.

 

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La chouette porte-bonheur sur le flan de l'église Notre-Dame. © Traces Ecrites.

 

Une pause devant les trois rangées de fausses gargouilles de l’église Notre-Dame, qui recensent les vices et les vertus, invite à caresser la chouette porte-bonheur sculptée dans un pignon de l’édifice, de la main gauche. Puis en faisant le tour, à remarquer le chat perché sur le toit de la Maison Millière (du nom du marchand qui la bâtit), très bel exemple de l’architecture médiévale à pans de bois, aujourd’hui maison de souvenirs et salon de thé - bar aux tenanciers très affables.


On accède alors à la rue Verrerie, sombre, typique du Moyen-Age avec ses maisons de bois en encorbellement. Les visiteurs auront suivi une partie de l’itinéraire proposé par la petite chouette incrustée dans le sol. Un petit opuscule que vend l’office de tourisme pour quelques euros suggère plusieurs déambulations qu’un GPS se propose d’orienter avec une application sur smartphone téléchargeble depuis le site Internet de l’office de tourisme.

 

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Une gargouille en haut de la Tour Philippe Le Bon surveille l'église Saint-Michel et (pignon au premier plan), l'église Saint-Étienne où est aujourd'hui installée la bibliothèque municipale La Nef. © Traces Ecrites.

 

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La Tour Philippe Le Bon surrmonte l'Hôtel de ville qui occupe cette aile du Palais des Ducs de Bourgogne. © Traces Ecrites.

 

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La Tour Philippe Le Bon depuis la cour de l'Hôtel de Vogüe. ©Traces Ecrites.

 

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Charles Le Téméraire surveille les travaux du musée des Beaux-Arts. © Traces Ecrites.

(*) Apéritif sur la Tour Philippe Le Bon, chaque samedi soir jusqu’au 29 septembre 2018 à 18h30 et 20h [ complet pour cette fin de saison ].

 

Visite seule de la tour en journée en toutes saisons  : tous les jours sauf le lundi jusqu'à la mi-octobre à raison de 9 ascensions quotidiennes, puis les mardis, samedis et dimanches de mi-octobre à fin mars.

Renseignements et réservations en ligne sur le site de l'office de tourisme : www.destinationdijon.com

 

Dans le même esprit que l'apéritif sur la tour et également le samedi soir, a lieu jusqu'à la fin de l'année ans un caveau, La balade gourmande avec une dégustation de moutarde, de pain d'épices, ainsi que deux vins et une crème de cassis.

Réservations en ligne sur le site de l'office de tourisme.

 

En savoir plus sur l’histoire de Dijon, icovil.com/histoire-de-dijon et le très détaillé "Le Tout Dijon" de Jean-François Bazin, éditions Cléa (2003).

 

 

 

 

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