Sur les starting-blocks des Jeux olympiques, l’entreprise DIB de métallurgie industrielle à Sennecey-lès-Dijon participe à l’aménagement des futures gares du Grand Paris Express. Également reconnue sur le marché international de la radioprotection, elle cherche de nouvelles voies vers le nucléaire.


DIB est dans la course des prochains JO, pour la réussite de ses transports. La société de métallurgie et de serrurerie située à Sennecey-lès-Dijon a obtenu un gros marché sur le chantier du Grand Paris Express, pour le prolongement de la ligne 14 du métro jusqu’à Orly et son aéroport.

DIB-Production©Sabrina-Dolidze6
DIB Production transforme des barres en metal, notamment pour des applications en outillage et rayonnages. © Sabrina Dolidze


Afin d’équiper cette gare construite en vue de l’événement sportif, elle conçoit et fabrique des façades vitrées comprenant des ouvertures coupe-feu pour des zones de repli en cas d’incendie. Son contrat porte également sur les grilles de fermeture de la gare, dont un grand portique avec rideaux intégrés. Dans une autre station du Grand Paris Express, à Villejuif, DIB fabrique un garde-corps vitré sur neuf étages.

Composée de 60 salariés au total et réalisant un chiffre d’affaires annuel de 9 millions d’€, l’entreprise assure toutes les étapes de ses productions, conception comprise, à partir de barres d’acier qu’elle transforme. Outre Sennecey-lès-Dijon, elle dispose d’un établissement à Orly avec une annexe à Roissy, où quinzaine de salariés réalisent les travaux en lien avec les entreprises de transport de la région parisienne (RATP, SNCF, Air France, Aéroports de Paris…), clients fidèles de la PME, depuis plus de 30 ans pour certains.


Parmi ses réalisations notoires, et plus locales, DIB a fabriqué les portes du musée rénové des Beaux-arts de Dijon - la grande porte extérieure et les portes intérieurs vitrées - ainsi que les abris filants de la gare SNCF de la capitale régionale. Ses compétences l’amènent aussi à intervenir avec les armées française et allemande. Elle les fournit en armoires à plateau coulissants de grande taille, utilisées pour déposer du matériel dans les bases d’hélicoptère.

 

Un marché de niche international dans la radioprotection

                               DIB-Production©Sabrina-Dolidze12   DIB-Production©Sabrina-Dolidze10

Une porte de radioprotection dans l'atelier de production avec son plomb inseré (à gauche) et une autre en exposition dans le hall de l'entreprise à Sennecey-lès-Dijon. © Sabrina Dolidze


L’entreprise qui a démarré son activité au début des années 1970 se déployait initialement dans le secteur de la métallurgie industrielle. Une dizaine d’années plus tard, elle a été sollicitée par l’un de ses clients, le CHU de Rennes, afin de fabriquer sa première porte de radioprotection.

Cette prestation lui a apporté la clé d’accès au marché de niche international des portes lourdes. L’année suivante, elle en installait une autre dans un hôpital de Damas (Syrie) avant de poursuivre au Moyen-Orient, surtout les Emirats Arabes Unis, mais aussi en Afrique. Le jour de notre visite, trois des collaborateurs étaient partis à l’étranger tandis que Frédéric Larché, le directeur d’installation, s’apprêtait à s’envoler en Angola. La radioprotection monte en puissance dans l’activité de l'entreprise, pour en représenter 30%.

 

Rolls-Royce Aerospace et des portes ouvertes vers le nucléaire

DIB-Production©Sabrina-Dolidze11
L'entreprise a déménagé en 2020 de Chenôve vers des ateliers plus spacieux à Sennecey-lès-Dijon. © Sabrina Dolidze


Le profil ainsi façonné de DIB a attiré Michel Zahraï, le dirigeant actuel : il l’a reprise en 2013 alors qu’il se trouvait à la tête de Salzgitter Mannesmann à Montbard (Côte-d'Or), dans la Métal Valley bourguignonne. « J’ai toujours eu envie de tenter une expérience entrepreneuriale. Et cette société correspond à ce que je voulais faire : je retrouvais à la fois la fabrication à partir de l’acier et l’activité à export », témoigne-t-il. 

« Nos grandes portes de radioprotection constituent un atout principal, compte tenu de leur importante utilisation dans le nucléaire », appuie Michel Zahraï. Elles s'appliquent également au secteur du médical, ainsi que dans tous les types d’industries qui veulent contrôler des pièces aux rayons X. « Le dernier gros bébé » de la société date de 2021 : la fabrication pour Rolls-Royce Aerospace d’une porte de pas moins de 380 tonnes destinée à fermer un grand banc d’essai de la marque (le Testbed 80) dans lequel sont testés les réacteurs d’avion. 

dijon bourgogne events 


Le développement d’ouvrages en radioprotection a constitué pour l’entreprise un motif principal de son déménagement en 2020, toujours au sein de la périphérie de Dijon, de Chenove à Sennecey-lès-Dijon où il a trouvé l’opportunité de surfaces plus grandes. Le fabricant avait alors investi 1,5 millions d’€ pour l’aménagement intérieur visant notamment à s’équiper de moyens de levage lourds (pont-roulant de 20 tonnes), particulièrement utiles pour les ouvrages monumentaux en radioprotection comme celui de Rolls-Royce.

DIB espère ainsi renforcer sa place dans le nucléaire industriel. L'objectif est en bonne voie, dans la mesure où l’entreprise travaille déjà en direct avec l’United Kingdom Atomic Energy Authority, l’autorité britannique de l’énergie atomique.
 

Une entreprise qui recrute, non sans mal

Comme de nombreuses autres sociétés de la région, DIB peine à recruter, une problématique qui s’est accentuée après la période post-Covid. Cinq de ses postes ouverts à embauche sont actuellement vacants dans les domaines de l’électro-mécanique, de l’installation de matériel, le bureau d’études ou encore dans la conduite de travaux. Les difficultés à recruter constituent, selon le président Michel Zahraï, « l’un des facteurs les plus limitant actuellement pour le développement de l’entreprise. »

 

Commentez !

Combien font "4 plus 4" ?