ÉQUIPEMENTS SPORTIFS. La Bourgogne a la chance d'accueillir deux grands circuits de sports mécaniques nés de la volonté de quelques passionnés.

À l'occasion des 40 ans du circuit de Dijon-Prenois (Côte-d'Or), fêtés ce 9 février 2012, et des 50 ans de celui de Magny-Cours (Nièvre), célébrés l'an dernier, nous voulions vous raconter ces deux belles histoires.

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Prenois : un circuit qui reprend de la vitesse

Le circuit de Dijon-Prenois s'ouvre à la compétition en 1972 après quatre années de gestation dans la tête de François Chambelland, son fondateur, qui le finance avec quelques amis et l'appui de la ville de Dijon.

Le premier tour de piste revient à un régional de l'étape : le pilote Nello Cheli.

Il accueille pendant 10 ans (1974-1984) de nombreux Grand Prix de F1 qui voient défiler tous les grands noms de l'épreuve reine du sport automobile : Prost, Lafitte…

Repris en 1994 par une dizaine d’investisseurs, dont Yannick Morizot, le P-DG de la société d’exploitation (3,7 millions d’€ de chiffre d’affaires, 11 salariés à plein temps), l'équipement possède une piste de 3,801 km au milieu d'un site de 160 hectares.

«Nous bénéficions de 245 jours de location, auxquels s’ajoutent 20 week-ends de compétition auto et moto», explique le dirigeant.

L’entreprise offre des retombées économiques non négligeables pour sa région d’accueil.

Les 200 000 visiteurs accueillis en moyenne chaque année et les 50 000 qui pratiquent le karting génèrent près de 75 000 nuitées et 200 000 repas.

«Notre fréquentation est à plus de 85% étrangère, venant principalement de Suisse, d’Allemagne, d’Italie, de Belgique et d’Angleterre. Ces passionnés de sports mécaniques n’hésitent pas à dépenser entre 700 et 1 000 euros par jour lorsqu’il viennent nous voir», précise Yannick Morizot.

Pour séduire pilotes amateurs comme professionnels, le circuit fait de gros efforts financiers. En six ans, plus de 3 millions d’€ ont été investis dans la sécurité.

Dijon-Prenois exploite également une piste de kart, ouverte à des challenges interentreprises et à des opérations de notoriété, une activité qui représente près du quart de son activité.

Magny-Cours : un circuit devenu rentable sans la F1

Sans Jean Bernigaud (1921-1971), Magny-Cours serait sans doute resté un gentil petit village agricole entre Loire et Allier. Passionné de sports mécaniques, cet éleveur de Charolais et maire de la commune met ses terrains et une partie de ses finances pour créer en 1960 un circuit permanent.

Au départ dédié au karting, il se transforme dès l’année suivante en circuit de vitesse auto et moto. Malgré ses demandes répétées et en dépit d’un réel succès populaire, Jean Bernigaud, pourtant ami de François Mitterrand, n’obtient aucune subvention publique pour engager des travaux d’amélioration qu’il finance avec sa seule société d’exploitation.

En 1971, année de son décès, une nouvelle configuration du circuit est inaugurée. Elle voit défiler tous les futurs grands noms français : Lafitte, Prost, Jabouille, Depailler, Arnoux, Jarrier, Pironi…

À la mort de son mari, Jacqueline Bernigaud poursuit l’aventure mais, au début des années 80, devant les sommes considérables à engager pour que l’équipement demeure sûr et attractif, elle envisage de vendre.

Après moult tergiversations, le conseil général de la Nièvre décide le 29 septembre 1986 de l’acquérir afin d’y accueillir la F1 et d’y aménager une zone d’activités. Non sans avoir pris l’assurance que Guy Ligier et son écurie, implantés à Vichy, viendraient s’y installer.

S’en suit un immense chantier financé principalement par la collectivité territoriale pour accueillir l’épreuve reine du sport automobile, dont la première édition a lieu le 7 juillet 1991 devant 100 000 personnes, et qui se déroulera jusqu’en juin 2008.

La suppression du Grand Prix de France s’explique par les délires mégalomaniaques de Bernie Ecclestone, surnommé à juste raison «le grand argentier de la F1» pour les coûts de plateau sans cesse inflationnistes qu’il impose.

Peu importe dorénavant, car la Société Anonyme d’Économie Mixte (SAEM) Sportive du Circuit de Nevers Magny-Cours (8,2 millions d’€, 36 salariés), a su trouver les ressources pour rebondir et devenir rentable : 300 jours de location de la piste principale, 255 jours pour la piste club, 412 000 spectateurs, 480 000 repas et 160 000 nuitées générées par an.

Elle le doit à Serge Saulnier nommé depuis le 11 février 2010 président du directoire. L’ancien pilote, dirigeant d’une entreprise locale puis team-manager chez Peugeot Sport a d’ailleurs toute la confiance de Guy Ligier.

Cette légende vivante de la F1, repreneur en 2004 de la société Ligier-Martini, installée à deux pas du circuit, est devenu en juin 2010 actionnaire à hauteur de 33,33% de la SAEM gestionnaire du circuit.

Pour être complet, il convient de rajouter aussi l'existence en Bourgogne du circuit de Bresse, ouvert en mars 2006. Propriété de 4 actionnaires, il intègre une piste principale de 3 km, une piste de karting et une piste de sécurité routière.

Crédit photo: circuit de Dijon-Prenois et circuit de Nevers Magny-Cours

2 commentaire(s) pour cet article
  1. nal1dit :

    A signaler que Pouilly-en-Auxois a ré-ouvert début 2011.

  2. DERIOT Danieldit :

    Notre région, de part sa situation géographique, dispose donc encore de vastes superficies de terres agricoles pour l'installation de telles structures. Un projet de circuit existe depuis quelques temps dans l'Auxois, du côté de Verrey-Sous-Salmaise. Une association regroupant des habitants du secteur combat le projet. Tout comme à Sagy, en Bresse louhannaise, des riverains se sont mobilisés et structurés en association. Les 11 et 12 octobre prochains se dérouleront à Sagy, les 3èmes rencontres nationales du Réseau Anti Bruit (R.A.B) qui regroupe une quinzaine d'associations dénonçant la multiplication des nuisances à proximité des circuits.

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