SOLIDARITÉ/BOURGOGNE. Propulsée par le succès du film Intouchables, l'association Simon de Cyrène est sur le point de lancer un projet de maison partagée pour handicapés dans la région de Dijon.

Présenté lundi à Saint-Apollinaire, il sera pour partie financé par le mécénat d'entreprise.

Florent de Felcourt, dirigeant de Celsius Equipement est le premier d'entre eux.

 

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Le projet de maison partagée à Saint-Apollinaire. ©Seturec/Arkos Concepteurs Associés.

 

L'hébergement et l'autonomie des personnes souffrant d'un handicap neurologique est un problème de société que l'association Simon de Cyrène (*) a pris à bras le corps depuis quelques années.

 

Propulsée par le succès du film Intouchable dont le scénario a été inspiré du livre Le second souffle de Philippe Pozzo di Borgo, devenu tétraplégique après un accident de parapente, l'association développe et anime des « maisons partagées », lieux de vie communautaires que partagent adultes valides et handicapés sur le modèle déjà ancien des communautés de l'Arche.

 

Le plus souvent, les personnes qu'elles accueillent ont soudainement basculé dans le handicap après un accident de la vie, généralement de la route. « Avec les progrès de la médecine et l'efficacité d'intervention du Samu, chaque année, 10 000 personnes survivent à un accident grave, mais devenues handicapées, elles risquent de tomber dans l'exclusion sociale », explique le site de l'association.

 

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Une maison pilote a été lancée en 2009 à Vanves, dans les Hauts-de-Seine, pour affiner le concept ; elle héberge aujourd'hui 70 personnes.  « Dijon sera l'un des premiers projets à se concrétiser avec Angers et Rungis », indique Fabrice Charlemagne, président de l'association Maisons Partagées Dijon Côte d’Or (**).

 

Membre de la Fédération Simon de Cyrène, l'association bourguignonne est présidée par Louis de Broissia, ancien sénateur et ancien président du conseil général (départemental) de la Côte-d'Or et a pour parrain, Maurice Giroud, chef du service neurologie au CHU de Dijon. Elle s'appuie sur l'expérience d'un groupe de personnes handicapées et valides qui se retrouvent régulièrement depuis 2013, autour d'activités de loisirs et forment le ciment de la future maison.

 

Partenariat entre un bailleur social et un promoteur privé

 

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Les maisons partagées se présentent sous la forme de studios indépendants, autour d'une pièce de vie commune. ©Simon de Cyrène.

 

Les maisons partagées se présentent sous la forme de studios indépendants, autour d'une pièce de vie commune et doublés de chambres et d'un appartement pour les accompagnants : des assistants professionnels et des volontaires bénévoles, chapeautés par un couple responsable de la maison partagée.

 

Celle de Saint-Apollinaire, située route de Gray, comprendra sur 550 m2, 11 studios dont 6 adaptés au handicap et 5 réservés aux accompagnants, au rez-de-chaussée d'un programme immobilier de 70 logements. Piloté par le bailleur social de Côte-d'Or, Orvitis, en partenariat avec le promoteur dijonnais SN Ferraroli, il comprendra pour moitié des logements sociaux, pour l'autre de l'accession à la propriété.

 

L'investissement s'élève à 900 000 €. Comme toutes les lieux de vie partagés Simon de Cyrène, le financement provient de deux sources. L'association contractera un prêt aidé affecté aux programmes immobiliers destinés aux personnes en dessous du plafond de ressources (à hauteur de 57%), complété par des dons privés réunis au travers d'une collecte auprès d'entreprises ou de bienfaiteurs. Au total, l'association doit recueillir 540 000 €.

 

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Florent de Felcourt, dirigeant de l'entreprise de matériels de boulangerie Celsius, le premier mécène du projet de Côte-d'Or. ©Traces Ecrites.

Levée de fonds

 

L'entreprise de matériels de boulangerie Celsius, implantée dans l'agglomération de Dijon, est le premier mécène du projet.

En plus d'autres entreprises locales, les porteurs du projet compte actionner les fondations des grandes entreprises (groupe AG2R, Bouygues, Fondation de France…).

 

« Pas de porte à porte » : la campagne locale de levée de fonds se fera par l'intermédiaire des réseaux et clubs d'entrepreneurs comme Cap Nord, Toison d'Or ou Grand Sud. En retour, les investisseurs bénéficient d'avantages fiscaux.

 

Le fonctionnement sera assuré par les loyers des résidents et, en ce qui concerne le salaire des accompagnants, l'agence régionale de santé (ARS) et le conseil général de la Côte-d'Or.

 

Selon leurs revenus, les bénéficiaires percevront l'allocation personnalisée au logement (APL) et l'allocation pour adultes handicapés. « Les tarifs seront adaptés pour que la personne puisse conserver leur autonomie financière », précise Blandine Arbor, fondatrice de l'association dijonnaise.

 

Les rémunérations des professionnels de santé et des assistants salariés sont assurées grâce à la prestation de compensation du handicap.

 

Les travaux devraient démarrer dès le mois de mai ou juin avec la démolition de bâtiments existants, de façon à rendre la maison opérationnelle à la fin de 2016.

 

(*) L’association Simon de Cyrène a été initiée par Marie-Hélène Mathieu, fondatrice de l’OCH (Office Chrétien des personnes Handicapées), Philippe Pozzo di Borgo, président d’honneur de Simon de Cyrène, et auteur du livre qui a inspiré le film Intouchables, ainsi que plusieurs autres administrateurs dont Marc Rouzeau, actuel président de Simon de Cyrène et ancien directeur de l’APF (Association des Paralysés de France).

 

(**) La présentation du projet de Saint-Apollinaire a lieu le lundi 13 avril à 18h, à l'espace Générations à Saint-Apollinaire (Côte-d'Or), 16 rue Charles Le Téméraire. Conférence de Laurent de Cherisey, fondateur de la fédération Simon de Cyrène, puis présentation du projet. Contact : Blandine Arbor, fondatrice de l'association dijonnaise, 06 31 53 66 73. projet.dijon@simondecyrene.org

 

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