La PME familiale de fabrication de pavés et autres revêtements de sol extérieurs fait évoluer sa gamme afin de réduire les quantités de béton à mettre en œuvre. Elle a investi également plusieurs millions d’€ ces dernières années pour se moderniser, en même temps qu’elle finalisait sa transmission à la nouvelle génération.
La chasse au CO2 se déroule aussi sous nos pieds, sur les sols que nous arpentons. L’Alsacien Heinrich & Bock y participe activement. Entreprise réputée de revêtements et éléments d’aménagement en béton (pavés, dalles, bordures, murs, escaliers…) depuis plusieurs décennies, elle a mis au point une version plus économe du matériau et elle travaille à recourir à des ciments moins émissifs.

Le premier point se concrétise par la sortie de nouvelles versions régulièrement mises à jour de son « Keops » (*), un « écarteur » - des croisillons - de revêtements conçus de sorte à ce que les pavés se consolident entre eux grâce à du sable de jointement, et dont les premières versions remontent à vingt ans. « Les dernières générations, Keops + et Keops Evo permettent de réduire l’épaisseur du pavé. On gagne environ 2 centimètres. La consommation de béton diminue de l’ordre de 20 % et le drainage est amélioré », expose Patrick Heinrich, président de la société familiale basée à Steinbourg (Bas-Rhin). « Cet écarteur se joue des géométries en pouvant adopter de nombreuses formes, ce qui séduit les architectes et paysagistes. De plus, il est dimensionné pour supporter tous les types de passages, du piéton au poids lourd », poursuit le dirigeant.
Sur le second point, Heinrich & Bock a franchi une étape en renonçant à la formule de ciment la moins vertueuse écologiquement parlant, le CEM1. « Nous avons diminué nos émissions de C02 de 12 % par ce fait. Les travaux que nous poursuivons avec l’organisme de recherche de la filière, le Cerib (**), nous font viser d'arriver à - 23,5 % », relate Sébastien Heinrich, le directeur général, fils de Patrick.
La transmission à la génération suivante est en effet à l’ordre du jour dans la PME alsacienne, redevenue familiale en 2012 après deux décennies de propriétés diverses, le groupe Saint-Gobain en dernier lieu. Elle s’est en fait opérée progressivement depuis trois ans. Et elle n’est pas unilatérale : Patrick, lui-même fils et neveu des cofondateurs Marcel Heinrich et Robert Bock en 1969, passe aussi le flambeau à sa fille Nadia en charge du marketing.
Sébastien, quant à lui, apporte les visions de l’industrie manufacturière emportée des étapes précédentes de sa carrière. En particulier dans l’automobile. Lean, ERP, cloud… sont autant de concepts qui se sont invités dans les locaux de l’entreprise, sur ses trois lieux : Steinbourg le siège, Wittenheim près de Mulhouse (Haut-Rhin) qui abrite l’usine la plus importante en taille, et Krautergersheim (Bas-Rhin).
Ces différentes unités regroupent un effectif de 100 personnes, incluant les commerciaux qui oeuvrent à l’écoulement de l’offre dans l’ensemble de la France et pour une petite partie à l’export (Suisse, Autriche, Allemagne, Bénélux, par vente de licences à des confrères) pour un chiffre d’affaires annuel de 25 millions d’€.
Nouvelles presses de forte puissance

Elles bénéficient d’investissements réguliers. A Steinbourg, un programme de 2 millions d’€ vient d’être consacré aux activités liées au stockage (palettisation…) et ce site comme celui de Wittenheim ont réceptionné chacun, en 2022 et 2023 une nouvelle presse de forte capacité (45 tonnes) pour une valeur cumulée de 3,5 millions d’€. « Les investissements se poursuivront », soulignent Patrick et Sébastien Heinrich.
La culture de la recherche-développement s’entretient également chez Heinrich & Bock. L’entreprise indique procéder actuellement au dépôt de neuf nouveaux brevets, s’ajoutant à sa trentaine encore actifs.
Fabricante ainsi de plus d’1 million de mètres carrés de pavés par an, de bordures de voirie, d’hourdis et de murs en L, Heinrich & Bock voit sa clientèle évoluer en parallèle de son offre. « Nous étions historiquement très tournés vers le particulier. Or les débouchés se diversifient de plus en plus vers des clientèles professionnelles : aménagement d’espaces publics, projets de mobilité douces des collectivités… », rappelle Patrick Heinrich. Jusqu’à se rapprocher de plus en plus des architectes, paysagistes et bureaux d’études, et d’accumuler des références aussi exigeantes que prestigieuses, comme les allées du stade Roland-Garros à Paris qui ont mobilisé les équipes de la PME alsaciennes ces dernières années.
La part des travaux publics augmente ainsi dans l’activité. Elle a été portée à 35 % « et elle se dirige progressivement vers les 50 % », soulignent les dirigeants. Le bâtiment complète à hauteur de 15 % tandis que l’autre moitié du chiffre d’affaires provient de la branche « environnement », à savoir des produits vendus à la distribution spécialisée pour les aménagements paysagers et les espaces verts.
(*) le nom évoquant la pyramide n’est pas fortuit : pour son procédé, l’entreprise s’est inspirée des techniques de scellement par le sable qui avaient cours dans l’Egypte antique pour les stèles funéraires des pharaons
(**) Centre d'études et de recherches de l'industrie du béton
Photos fournies par l'entreprise






.jpg)






.png)













































