L’entreprise chalonnaise a séduit 14 « BFC Angels » pour appuyer son développement, technique et commercial. Elle espère recruter, cette année, un nombre d’utilisateurs suffisant pour atteindre un premier équilibre financier.
De mémoire de BFC Angels, on avait rarement vu soutiens si nombreux : pas moins de 14 de ces business angels régionaux ont décidé d’entrer au capital de Cogs Technology, une SAS de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) qui développe une solution numérique de protection des travailleurs isolés.
La levée de fonds, opérée fin 2021, demeure modeste, soit 60 000 €, conférant à chaque investisseur 1,07 % du capital social. Les deux fondateurs, Maxime Lepers-Tassy, directeur général, et Clément Pichet, président, demeurent maîtres à bord avec 42,5 % des parts chacun. « Il s’agit d’une première injection de capitaux de la part de nos investisseurs, qui pourra être suivie d’une seconde, d’ici à la fin de cette année. Celle-ci est conditionnée à des objectifs commerciaux très ambitieux, mais tenables », détaille Clément Pichet.
Fondée en 2018, Cogs Technology vit une année charnière de son développement, où elle doit faire la preuve de la viabilité de son modèle économique. Celui-ci exige une masse critique de souscripteurs à l’abonnement à son service DATI, pour Dispositif d’Alarme du Travailleur Isolé, qui est proposé à un tarif de base d'un peu moins de 7€ par mois et par salarié bénéficiaire.
« Nous comptons entre 400 et 500 abonnés à ce jour. Le seuil de rentabilité se situe autour de 1.700 », estime le président. Le saut quantitatif à réaliser reste donc important, mais le marché potentiel permet aux deux entrepreneurs de l’envisager sereinement : on dénombre, en France, environ 1,5 million de travailleurs isolés susceptibles de bénéficier d’une solution DATI.
Celle de Cogs Technology présente, en outre, de vrais atouts, à commencer par sa légèreté et son faible coût de déploiement. « La plupart des offres existantes reposent sur des dispositifs externes, souvent onéreux. Notre solution se fonde sur un simple téléphone portable, comme nous en possédons tous », explique Maxime Lepers-Tassy. Eazen, le nom du logiciel DATI, s’installe sur les smartphones Android, avec une version pour iPhone en phase de préparation.

Il utilise les nombreux capteurs de l’appareil - GPS, accéléromètre, gyroscope… - pour détecter les situations anormales de l’employé porteur, appelé le « protégé ». Une perte de verticalité subite, ou un immobilisme prolongé, par exemple, déclenchent le système DATI, qui envoie alors une alerte au « veilleur », par le biais de message, email ou autre. Celui-ci peut contacter et localiser le protégé, déclencher une alerte médicale, localiser les services de santé à proximité, etc.
L’outil, déjà fort complet, est appelé à évoluer de manière régulière en fonction du retour des utilisateurs. Ainsi, Cogs Technology travaille à une nouvelle version de son système d’alerte « zone blanche » - sans couverture réseau - où le protégé pourra définir lui-même le temps qu’il va passer dans cette zone, en fonction de l’intervention à réaliser.
Le plus gros chantier de l’entreprise reste cependant son développement commercial. Elle développe actuellement un système d’abonnement en ligne de type self-service, qu’elle destine plutôt aux petits clients potentiels. Elle a recruté, en avril 2021, un directeur commercial en temps partagé, ainsi qu’un alternant, un an plus tard, dans le but de solliciter les grands comptes, susceptibles de prendre des dizaines, voire des centaines de licences. « Nous envisageons de recruter un second alternant, et, potentiellement, un développeur qui sera spécifiquement chargé de la version iPhone d’Eazen », annonce le directeur général.
Maxime Lepers-Tassy, 34 ans, et Clément Pichet, 36 ans, se sont rencontrés lors d’un projet de développement de site de vente de vin en ligne, qu’ils ont conduit ensemble. « Nous avons constaté que nous étions très complémentaires et, qu’à deux, on pouvait s’attaquer à des projets plutôt costauds. Nous avons développé rapidement notre « proof of concept » Eazen et nous nous sommes lancés », résume Maxime. Diplômé de Supinfo, celui-ci a travaillé à San Francisco et Montréal, dans le développement logiciel. Clément, lui, s’est d’abord orienté vers une prépa comptable avant de se passionner pour les algorithmes et le développement. Il a travaillé pour diverses start-up à Dijon puis Mâcon, avant de prendre en charge l’essentiel du développement du système DATI Eazen.




































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