Spécialisée dans la culture hors-sol, la start-up du Doubs va installer en Bourgogne un cube de production industrielle de plants de vignes. En amont du déploiement espéré de ses usines à plantes automatisées, Farm3 s’appuie sur son centre de recherche, ouvert l’an dernier dans la capitale comtoise, pour fournir des prestations agronomiques de pointe, destinées notamment à répondre aux défis du changement climatique.
En passant de l’expérimentation à la production, Farm3 (prononcez FarmCube) franchit un nouveau cap. La start-up créée en 2019 dans le haut Doubs et installée depuis un an à Besançon voit sa technologie brevetée de chambre de culture sur étagère en enceinte fermée et connectée intéresser les industriels utilisant du matériel végétal : des pépiniéristes aux fabricants de cosmétiques, en passant par les forestiers, les maraîchers ou les viticulteurs.

Logée dans une boîte de 4 mètres de hauteur - le cube suggéré dans le nom de la société - une première machine pilote sera mise en service d’ici l’été prochain en Bourgogne. De manière accélérée, standardisée et optimisée, cette « pépinière 4.0 » pourra produire, sur 100 m2, 20.000 plants de vigne.
Le concept d’agriculture verticale, auquel cette technologie s’apparente, n’est pas nouveau. « Mais notre plus-value repose sur notre capacité à dépasser la qualité standard, souligne Romain Schmitt, le fondateur de la jeune pousse. Nous partons de la problématique du client, comme l’adaptation aux nouveaux facteurs de stress climatique, dans le but de définir le protocole de croissance idéal du végétal. Sur cette base, nous bâtissons ensuite un cahier des charges afin de concevoir la machine de production qui sera fabriquée par des partenaires industriels. »
Des végétaux « entraînés » en fonction des besoins

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Farm3 pratique l’aéroponie, une technique de culture hors-sol dans laquelle les racines des plantes sont nourries par la brumisation d’une solution composée d’eau et de nutriments. Température, taux d’humidité et de CO2, intensité lumineuse, longueur d’ondes… les conditions environnementales sont également modulables. Ainsi, la production peut être assurée toute l’année. Et partout, à condition de disposer d’une alimentation électrique et d’une connexion internet. Entièrement automatisé, le cube est en effet piloté par une solution logicielle.
Le centre de recherche et développement (R&D) constitue le premier étage de la fusée de l’agritech. Les plants y sont sélectionnés et « entraînés » en fonction des besoins du donneur d’ordre : amélioration des rendements, adaptation au réchauffement et/ou à la sécheresse, concentration de certaines molécules… Les agronomes procèdent par phénotypage et recourent à l’épigénétique, à savoir qu'ils analysent l’influence de l’environnement sur l’évolution de l’expression des gènes.
Levée de fonds en cours

Évalués à 350.000 € l’année passée, les revenus de la société ont reposé jusqu’à présent sur la fourniture de ces prestations. « À terme, notre modèle économique sera différent. L’objectif consiste à rendre notre activité équitablement répartie d’ici cinq ans entre trois pôles : la R&D, la vente des machines et les abonnements des logiciels de pilotage », indique Romain Schmitt qui projette un chiffre d’affaires « proche d’1 million d’€ » en 2024.
Cette technologie très puissante et non destructive permettrait d’identifier les substances actives contenues par un végétal. Après avoir intégré l’accélérateur de start-up du groupe français Robertet leader mondial des matières premiers naturelles aromatiques, la jeune entreprise doubienne parachève une levée de fonds « d’environ 4 millions d’€. L'augmentation de capital servira notamment à financer la mise au point d’un dispositif d’imagerie hyperspectrale (*), robotisé et nourri d’intelligence artificielle.
Outre « une grande marque de parfumerie aux Etats-Unis », cet outil prometteur pourrait susciter l’intérêt de l’industrie pharmaceutique, espère-t-on chez Farm3.
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La société, qui emploie aujourd’hui 16 personnes, prévoit d’étoffer son équipe commerciale « pour transformer les clients du centre de phénotypage en acquéreurs de machines » puis, dans un second temps, son pôle opérationnel dédié à l’installation des cubes et à leur maintenance. Constitué majoritairement d’ingénieurs et de docteurs (en agronomie, mécanique, électronique embarquée…), l’effectif salarié devrait, de ce fait, doubler dans les deux ans à venir.
(*) En explorant des longueurs d’ondes plus larges que l’imagerie conventionnelle, les caméras d’imagerie hyperspectrale peuvent révéler des caractéristiques invisibles à l’œil nu, comme la composition chimique des objets et matériaux.













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