Les dernières notes conjoncturelles de la Banque de France dans le Grand Est et en Bourgogne-Franche-Comté confirment le repli, certes modéré, de l’activité industrielle, à l’exception de quelques secteurs d’activité : les industries chimique et pharmaceutique, les transports et la logistique, la construction et dans une moindre mesure, les travaux publics.

 

• Dans le Grand Est, les industries chimique et pharmaceutique caracolent en tête

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L’industrie pharmaceutique sur une courbe ascendante. En photo, le centre de microbiologie de Merck à Molsheim, en Alsace, qui recrute une centaine d'opérateurs. © Merck

Le repli de l’activité économique dans le Grand Est observé par la Banque de France en janvier fait-il mentir la progression des affaires que le même établissement avait constaté dans son enquête, fin 2019, auprès de 698 chefs d’entreprise (60% des effectifs salariés) ? En janvier, les industriels ont déclaré avoir connu une baisse de leur production et réduit leurs effectifs. Ils restaient cependant optimistes avec des carnets de commande « convenables ».
En fin d’année dernière, les indicateurs étaient plutôt sur une courbe ascendente, certes modérée (entre 1 et 2%), à l’exception de la fabrication de matériels de transport (principalement l’activité d’Alstom) qui prévoyait une chute de 14,4 % de son activité. Ressortaient de ce tableau, la bonne conjoncture des industries chimique (+6,2 %) et pharmaceutique (+ 14,4 %). Elles continuaient de caracoler en tête portées par la demande internationale.

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Le tassement de l’activité n’empêche pas le maintien de l’investissement (+ 3,5 %). S’il se poursuit, une érosion des effectifs est à prévoir, évaluée à moins 0,8 %, principalement à cause d’un recours plus limité à l’intérim. Logiquement, les entreprises chimiques et pharmaceutiques sortent du lot avec une évolution positive des embauches à + 5,8 %, ainsi que dans les secteurs de la réparation-installation et les équipements électriques.
Parce qu’ils découlent pour beaucoup directement de l’activité industrielle, les services font, pour l’année en cours, des prévisions prudentes avec une croissance modérée de leur chiffre d’affaires (+1 %), voire négative comme dans le conseil d’affaires. La dynamique est en revanche nettement plus forte dans le transport et l’entreposage ; pour autant cette branche prévoit des budgets d’investissements en forte baisse (- 17,3 %).
Dans le BTP, les prévisions peu favorables de la fin de l’année dernière sont démenties en ce début 2020. Le carnet de commandes des entreprises de construction sont bien remplis et les recrutements qui en découlent restent d’actualité.


• En Bourgogne-Franche-Comté, les carnets de commande se dégarnissent mais les investissements sont maintenus

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Les industries de la métallurgie gardent le cap de la croissance en 2020. Ici, T.M.S. Tôlerie Mécanique Service, dans l’Yonne.

En Bourgogne-Franche-Comté, la même enquête auprès de 719 entreprises industrielles représentant la moitié des effectifs salariés, donnaient, en fin d’année dernière, des prévisions 2020 peu optimistes en terme de chiffre d’affaires, en baisse de 2,4%, avec des effectifs quasi stables (-0,4%), et un moindre recours aux intérimaires (-0,9%). En revanche, les investissements industriels devraient se poursuivre, en progression de 22,6%.
L’enquête mensuelle de la Banque de France portant sur l’activité de janvier 2020 confirme cette tendance.  Les cadences de production ont diminué – le taux d’utilisation des capacités de production est de 73,7% – , en raison de carnets de commandes qui se dégarnissent mais leur niveau est jugé « encore correct ».


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La baisse de l’activité de l’industrie est principalement due aux prévisions négatives du secteur des matériels de transport, comme en Alsace, et à l’industrie électronique. Les autres branches sont sereines, à l’instar de la métallurgie qui prévoit un chiffre d’affaires en hausse de 2,2%. Ainsi que les transports et la logistique : les 165 entreprises interrogées (un peu plus d’un quart des effectifs), prévoient pour l’année en cours, une croissance de leur chiffre d’affaires (+3,9%). L’ingénierie (71 entreprises, 40% des effectifs), elle aussi, s’attend à une bonne activité évaluée à + 5,8%. Tandis que les conseils d’affaires anticipent un recul de 2,3 %.
Dans le bâtiment, la production devrait continuer à croître, de l’ordre de 1,4 %. À contrario, les travaux publics voient fléchir leur carnet de commande (- 0,7 %) sans doute circonstanciée à l’année des élections municipales.

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L’ingénierie s’attend à une belle croissance de son activité. En photo, la société Aero Concept Engineering à Magny-Cours (Nièvre). © Traces Ecrites

Lire les études complètes "Bilan 2019-Perspectives 2020" et "Tendances régionales janvier 2020" sur le site de la Banque de France : www.banque-france.fr/statistiques/tendances-regionales

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