Exemple de plaquettes forestières prêtes à l'emploi.
Exemple de plaquettes forestières prêtes à l'emploi.

BIOMASSE FORESTIERE. Lauréat de la 10ième soirée du Réseau Entreprendre Bourgogne, organisée comme un show à l’Américaine le 11 septembre dernier au palais des congrès de Dijon, la toute jeune société Coria Energie a particulièrement retenu notre attention.

La forte personnalité de son dirigeant, associée au métier de la biomasse forestière qu’il souhaite développer sur le Grand Est, lui offre de bonnes chances de réussite.

Nous vous présentons aussi l’ensemble des lauréats de cette promotion 2013, accompagnée de main de maître pour toute l’équipe d’André Renard, le directeur de ce réseau de chefs d’entreprise bourguignons, sous l’œil très complice de Gérard Desbois, son président.

Cliquer sur les photos pour les agrandir.

Jean-François Saint Preux (39 ans), fondateur de Coria Energie à Dijon, n’a sans doute pas mis beaucoup de temps à convaincre le jury du Réseau Entreprendre Bourgogne de l’accompagner dans son projet.

Le secteur des énergies renouvelables sur lequel il se positionne est porteur d’avenir et plus particulièrement celui de la biomasse forestière (plaquettes issues du broyage de bois).

Quelques chiffres aideront à mieux comprendre. En 2030, les énergies renouvelables devront représenter 23% de la consommation globale en France. La biomasse solide y pèsera un tiers et les plaquettes forestières 50% de cette proportion.

Les installations de chaudières utilisant ce mode d’énergie se multiplient en France, notamment dans le Grand Est (Bourgogne, Franche-Comté, Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne), en raison de l’importance de la ressource boisée disponible.

Jean-François Saint Preux l’a bien compris et cible une clientèle de collectivités locales, d’industriels et d’exploitants de réseaux de chaleur.

Pour l’heure, Coria Energie achète son bois et sous-traite le broyage. « Mais nous comptons à terme investir dans notre propre matériel pour un coût de 550 000 € », indique le dirigeant.

Jean-François Saint Preux, président de Coria Energie.
Jean-François Saint Preux,
président de Coria Energie.

L'atout d’être noir

Avec comme objectif de traiter 50 000 tonnes annuelles pour un chiffre d’affaires prévisionnel de 3,5 millions d’€.

« J’ai aussi choisi d’implanter mon entreprise en Bourgogne, car nous sommes géographiquement au centre de notre zone de chalandise », précise Jean-François Saint Preux.

La personnalité du jeune entrepreneur a, en outre, séduit le jury d’Entreprendre Bourgogne. Originaire d’Haïti, venu en France passer un double diplôme d’ingénieur, spécialités Eaux et Forêts et agronomie, Jean-François Saint Preux connaît son métier pour l’avoir déjà exercé deux années dans une entreprise spécialisée dans la biomasse forestière.

« Vous savez, c’est très technique. Il faut choisir un mélange équilibré entre feuillu dur, feuillu tendre et résineux, trouver la bonne granulométrie, évaluer l’humidité et éviter tous les corps étrangers. Les cahiers des charges sont très stricts et adaptés à chaque chaudière », explique le président de Coria Energie.

Et puis, Jean-François Saint Preux manie l’humour avec finesse. A la question de savoir si d’être noir comme le jais ne provoque pas de réticences polies parmi ses interlocuteurs, il répond amusé :

Opération de broyage du bois.
Opération de broyage du bois.

« la grande majorité considère déjà ma compétence, quant aux autres,  j’amène tous ceux qui ont un bon vieux fond de racisme à se donner bonne conscience en ne pouvant rien me refuser ».

Coria Energie sera accompagnée 2 à 3 ans - à raison d'une entretien par mois - par un parrain en la personne de Marc Erard, conseil en gestion et organisation d’entreprise.

Crédit photos : Coria Energie

Les autres lauréats :

• Monnet, à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), fabricant de chaussettes de sport repris en novembre 2012 par Daniel Porte. (Relire notre article Monnet prend son pied à Montceau-les-Mines)

• BECI, reprise en avril 2012 par Christian Cantaux, réalise l’étanchéité, la couverture, le bardage et l’isolation de bâtiments industriels ou commerciaux et d’immeubles d’habitation en Bourgogne et Franche Comté. Implantée à Fontaine-les-Dijon (Côte-d’Or), l’entreprise emploie 18 personnes et réalise 1,8 million d’€ de chiffre d’affaires. Christian Cantaux est un ancien cadre de l’industrie.

• Sani Beaune, à Savigny-lès-Beaune (Côte-d’Or), a été reprise en juillet 2012 par Jérôme Garnier, l’un de ses salariés depuis sept ans. Elle réalise des travaux de plomberie, sanitaire, chauffage et climatisation sur une zone d’une trentaine de kilomètre autour de Beaune. Effectif  de 15 salariés ; chiffre d’affaires : 2,2 millions d’€.

• Scierie Colas, à Bosjean (Saône-et-Loire), réalise des plots de chêne et de sapin/épicéa, dépareilles de chêne, frises et avivés, charpente en chêne, charpente en sapin/épicéa, traverses en chêne pour les voies férrées, négoce de grumes, bois pour l’énergie, ainsi que toutes autres prestations dédiées : séchage, transport et traitement. Eric Cartallier, salarié depuis 10 ans de cette scierie, a eu l’envie et l’opportunité de devenir un nouvel associé et cogérant de l’entreprise (14 salariés, 1,7 millions d’€ de chiffre d’affaires) au départ en retraire de Guy Colas en octobre 2011.

• Raberin Véranda, à Paray le Monial (Saône-et-Loire), est depuis juin 2012 la propriété de Jérôme Kneip et de son épouse. L’entreprise (1 million d’€ de chiffre d’affaires, 10 salariés) conçoit, fabrique et installe des menuiseries aluminiums, principalement vérandas, pergolas, fenêtres, portes d'entrée… Elle assure aussi la pose de produits en PVC : portails, portes de garage, stores, volets…

• Ubi Transports (3 salariés), créée l’an dernier à Mâcon (Saône-et-Loire) par Jean-Paul Medioni est un éditeur et intégrateur de solutions de mobilité. Pour les spécialistes, la société vient de lancer sa seconde offre 2Sms qui permet notamment le suivi des passagers d’un réseau de transport scolaire par la géolocalisation.

• Asair (2 personnes, 400 000 € de chiffre d’affaires), toujours à Mâcon, a été fondée par Lucien Saysavath et Jean-Marc Attard. Ils proposent aux entreprises industrielles et aux établissements publics d’assainir l’air des locaux pollués par des poussières, des odeurs, des fumées et des bactéries avec une large offre pour l’aspiration et le traitement des polluants.

• Street Futbol Fubol, à Longvic (Côte-d’Or) est l’œuvre de Noureddine Wiaouf et Abdelouahad Ourkhis, tous deux  passionnés de ballon rond et créateurs de l’association cite du soleil sur le quartier de Stalingrad. D’où l’idée de monter un centre de foot indoor de 2120 m2. Il se compose de trois terrains filmés et revêtus d’un gazon synthétique de haute qualité entouré de parois et de filets. Un espace bar restauration, salle de séminaire, permet l’accueil de la clientèle.

• L’Allumette (9 salariés) est un espace 1300 m2 pour organiser des événements, ouvert à Mâcon en janvier 2013 par Stéphane Rocamora et Pierrick Cardona. Il dispose de salles de réunions et de séminaires et de deux restaurants.

• Group Corner, imaginé par Antoine de Corson, permet de trouver un hôtel en France grâce à 8000 adresses pour tous les prix. Il prend la forme d’un site Internet intégrant un moteur de recherche adapté.

Quelques chiffres sur le Réseau Entreprendre Bourgogne

Crée en 2002, il fédère 120 adhérents et a déjà distingué 152 entreprises en accordant près de 4 millions d’€ de prêts d’honneur. Le taux de pérennité des entreprises accompagnées atteint 90% à cinq ans. 1750 emplois ont été générés par ces dernières, dont 927 créations et 823 maintiens dans le cadre de reprises.

Commentez !

Combien font "4 plus 9" ?