Le fabricant d’engins de levage implanté en Saône-et-Loire s’arme pour partir à l’export et réduire les délais de livraison. Sa nouvelle usine opérationnelle depuis un an, moyennant un investissement de 9,5 millions d’€, rationalise le flux de production sur une surface presque trois fois plus grande.
Un an après l’installation dans leur nouvelle usine, à l’autre bout du village de Saint-Germain-du-Plain (Saône-et-Loire) où le fabricant d’engins de levage est implanté depuis sa création en 1984, les dirigeants de Comège mesurent l’argument commercial qu’elle représente. La surface presque triplée à 11.000 m2 moyennant un investissement de 9,5 millions d’€, permet de réduire les délais de fabrication de son produit phare, les potences.
« Les industriels anticipent de moins en moins leurs achats, car nous sommes dans un métier d’investissement, aussi en raccourcissant le temps entre la commande et la livraison, nous pouvons gagner des parts de marché », analyse Thibaut Egeley, le président de cette métallerie-chaudronnerie.
L’organisation des flux de production a été pensée telle qu’elle garantit les temps de fabrication des produits standard, potences, portiques et palonniers, qui représentent les deux tiers de l’activité. Mais surtout, elle permet d’insérer un « mouton à cinq pattes », au beau milieu de la chaîne de fabrication. Identifiée, cette commande sur mesure devient prioritaire pour les opérateurs.
Tout cumulé, heures supplémentaires si nécessaire, ralentissement du flux standard et immobilisation d’un stock de pièces plus important, le chef d’entreprise chiffre la progression de sa plus value globale jusqu’à 35%. La préparation de la commande en amont grâce à un configurateur participe aussi à la performance. Le revendeur – des distributeurs de matériels – réalise leur commande en quelques minutes qui débouche sur un plan en trois dimensions qu’il peut présenter au client final.
Une stratégie de croissance sur le long terme

Le chef d’entreprise se sent aussi mieux armé pour développer l’export dont les débuts, en 2019, se sont soldés par un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’€. La crise sanitaire avec les déplacements à l'étranger limités, a ralenti en 2020, l’élan des deux commerciaux embauchés spécialement pour combler ce que le dirigeant qualifiait de lacune.
« Avant, on travaillait comme un super artisan », affirmeThibaut Egeley, se remémorant les trois bâtiments de l’ancienne usine, agrandie plusieurs fois au fil du temps pour absorber la croissance régulière à deux chiffres de ces dix dernières années. Avec 11 millions d’€ en 2019, en recul de 12% l’an dernier, Comège se présente comme le leader en France sur le marché des potences.
La nouvelle usine construite par Kéops Promotion à Chalon-sur-Saône, avec l’architecte locale Isabelle Sénéchal-Auclair, a été imaginée pour satisfaire cette stratégie de croissance que l'industriel pense bien retrouver. « Pour gagner en rentabilité, il fallait une logique de flux compte tenu que nous fabriquons des pièces de 5 kilos jusqu’à plusieurs tonnes. »
Vu l’ampleur de l’investissement – 7 millions d’€ pour le bâtiment et 2,5 millions de nouvelles machines – comparé au chiffre d’affaires, les subventions obtenues par le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté et l’Europe, et dans une moindre mesure, par la Communauté de commune des Portes de la Bresse, ont été « la bouffée d’oxygène » qui a permis de le faire aboutir. « Nous sommes tous des quadras », dit Thibaut Egeley en parlant de lui et de ses associés, aussi « cet investissement s’inscrit à long terme. »

Keops Promotion a réalisé le projet de Comège en contrat de promotion immobilière. Il s’agit d’un engagement du promoteur, qui est ici également le constructeur à travers l’entité Keops Conception, sur un prix et des délais convenus avec le maître d’ouvrage, incluant aussi les opérations juridiques, administratives et financière avec une obligation de résultat.
La nouvelle usine est sortie de terre en 9 mois, une belle performance pour plus de 10.000 m2 que Dominique Moreau, le gérant de Keops, explique par une « proche collaboration avec le client et un planning au jour le jour tout au long du chantier. » Ce que confirme Thibaut Egeley, le président de Comège : « La clé du succès, ce fut le travail en équipe qui a autorisé d’ajuster le projet car on ne peut pas tout prévoir sur une feuille de papier .»
Keops (10 salariés) qui s’est fait une spécialité des bâtiments industriels, réfléchit à compléter le contrat de promotion immobilière par un contrat de maintenance. La société basée à Chalon-sur-Saône et à Neyron, dans l’Ain, avec depuis fin 2019 une agence à Dijon, avait déjà construit deux usines en contrat de promotion immobilière : la halle de maintenance ferroviaire de Mecateamcluster et l'atelier de réparation de l’opérateur ferroviaire Érion, toutes les deux à Montceau (Saône-et-Loire). Prochaine évolution : l’acquisition de foncier et bâti industriel vacant pour leur redonner une seconde vie.

Cette consultation a débouché sur des préconisations dans le cahier des charges de la nouvelle usine : plus de lumière, que traduisent des ouvertures à plusieurs hauteurs, moins de bruit grâce à des panneaux acoustiques sur toutes les cloisons intérieures, moins de fumées de soudure avec des extracteurs d’air.
Le travail d'analyse a également porté sur le process. Les tâches les plus fastidieuses ont été robotisées et certaines machines remplacées par des plus ergonomiques. Le risque d’accidents liés aux pièces encombrantes pendant leur cheminement d’un poste à l’autre, est résolu par la combinaison de ponts roulants et de transbordeurs.
Mais la nouveauté la plus marquante pour les opérateurs est le passage à la peinture en poudre (photo), une technique éprouvée dans l’industrie automobile, qui a l’avantage de supprimer les composés organiques volatils (COV). Ces efforts en faveur des conditions de travail ont été financés par la Carsat à hauteur de 100.000 €.

Qui est Thibaut Egeley ?

Le président de la SAS Comège est ingénieur Arts et Métiers. Directeur de la production pendant 8 ans dans une usine d’ameublement à Chalon-sur-Saône, il entre en 2011 chez Comège, qu’avait créé Gérard Geoffroy en 1984 à Saint-Germain-du-Plain, en Bresse. Juste au moment où le fondateur pense à passer la main.
Un trio se forme alors pour assurer la transmission avec les deux fils du dirigeant, Ludovic et Sébastien Geoffroy. Avec une répartition du capital on ne peut plus égalitaire, un tiers chacun. Et des responsabilités bien définies : la direction générale pour Thibaut Egeley, commerciale pour Ludovic Geoffroy et la direction de la production pour son frère Sébastien.
En 1992, l’entreprise de métallerie et chaudronnerie se met à faire des engins de levage, potences, portiques et palonniers. Avec un succès qui ne se dément pas depuis. Comège qui réalisait un chiffre d’affaires de 5 millions d’€ en 2011 l’a depuis doublé, à 11 millions en 2020. L’entreprise emploie 48 salariés.










%20(002).jpg)
























.png)










.jpg)


















Merci Madame PERRUCHOT Merci à l'équipe COMEGE pour sa confiance et de nous avoir permis de vivre cette aventure humaine dans l'intelligence et l'efficacité. Encore un challenge de délai de plus pour l'équipe KEOPS. Dominique MOREAU (KEOPS promotion)