Toute jeune société d’ingénierie, COBO4YOU à Noidans-lès-Vesoul (Haute-Saône) présente les cobots comme une solution pour améliorer l'ergonomie des postes de travail, et notamment prévenir les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS), première cause de maladie professionnelle. Des dirigeants de PME sont invités à découvrir ces robots assistants, exosquelettes et navettes collaboratives les 18 et 19 juin à Vesoul.

Les cobots ou robots collaboratifs sont-ils la solution pour réduire la pénibilité au travail ? Toute jeune société d’ingénierie, COBO4YOU à Noidans-lès-Vesoul (Haute-Saône) en est convaincue. Et la Carsat appuie cette conviction puisque l’organisme officiel qui s’occupe des risques professionnels attribue aux entreprises des aides à l’investissement au titre de la prévention des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) qui sont générés par la répétition de gestes ou de postures fatigantes. « En France, on est très en retard d’où la décision du gouvernement de sur-amortir à 140% les équipements, ce qui réduit considérablement le délai de retour sur investissement  [car cela baisse le résultat fiscal, ndlr ]», expose Benoît Lyautey, dirigeant de COBO4YOU.

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L’Institut National de Recherche et de sécurité (INRS), organisme de référence sur la santé au travail, prend le sujet très au sérieux au point d’avoir produit un état des lieux de près de 50 pages. Il y décrit des applications et leurs bienfaits sur le travail des opérateurs, mais y relève aussi « des points de vigilance » en raison du manque de recul sur la pratique de la cobotique. Il cite notamment des risques psychologiques liés au changement de posture des opérateurs et à la probable augmentation de la cadence, ainsi que des risques physiques liés à la proximité de la machine et de l’homme (vibrations, bruit, influences électriques ou thermiques).
« Les salariés pensent qu’à terme les machines les remplaceront, et même les moins réticents ressentent le cobot comme intrusif car il pousse à changer la façon de travailler », expose Benoît Lyautey. Les dirigeants de PME sont aussi circonspects : « Ils connaissent mal les cobots qu’ils confondent  le plus souvent avec les robots. »
Toutefois le sujet attise leur curiosité puisque les deux journées d’inauguration organisées par la société d’ingénierie, les 18 et 19 juin au parc des expositions de Vesoul, vont se dérouler, presque, à guichets fermés.


2 minutes 30 les bras en l’air

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Exemple d'exosquelette qui aide l'opérateur à soulever une charge. © Shuttertock.

En fait un cobot est un robot qui assiste l’homme ; on l’appelle aussi dispositif d’assistance physique ou robot collaboratif : il aide l’opérateur à lever ou à tirer une charge, exécuter un mouvement à sa place ou l’accompagner dans une tâche. Il en existe plusieurs sortes : le cobot 6 axes doté d'un bras articulé muni d’outils qui se déplace dans plusieurs sens ; l’exosquelette que l’opérateur porte sur lui et décuple les forces de ses bras ou de ses jambes, et la navette qui transporte une charge en se déplaçant toute seule en suivant l’opérateur.
« Il n’y a pas de machine type adaptée à une tâche, la bonne solution résulte d’une analyse des postes de travail et du niveau d’acceptabilité de la pénibilité par l'opérateur », explique Benoît Lyautey qui a développé un logiciel d’analyse pour pratiquer les audits préalables aux investissements.

 

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COBO4YOU vient de réaliser un audit pour les services techniques de la ville de Vesoul afin d'étudier les possibilités d'assistance des agents dans le port de certains outils ainsi que pour l’usine Lisi de Lure pour accompagner le chargement des matrices d’usinage, aujourd’hui tâche faite à la main. Pour montrer la diverisité des situations qu'un cobot peut assister, le dirigeant cite un peintre en bâtiment : « il peut rester 2 minutes 30 les bras en l’air, et avec un exosquelette, une demi-heure. »

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Exemple d'un robot collaboratif dans une situation de meulage. © INRS/Ferry Captain.
Qui est Benoît Lyautey ?

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Benoit Lyautey se définit comme « un courtier de la robotique ». © COBO4YOU
Originaire de Vesoul – d’où la localisation de sa société créée en février dernier –, Benoît Lyautey a découvert les cobots dans son dernier poste salarié, le fabricant de machines d’emballages DS Smith Packaging à Chenôve (Côte-d’Or). « J’en ai observé les bienfaits et constaté que si les grands groupes savent traiter le sujet avec leur bureau des méthodes, les PME et plus encore, les artisans sont démunis sur la question », raconte cet ingénieur mécanique, habilité INRP (Intervenant en Prévention des Risques Professionnels). Il a travaillé une vingtaine d'années dans l'industrie, en démarrant par la fonction de dessinateur projeteur avec un DUT de Génie mécanique décroché à Belfort puis, un DESS d'ingénierie mécanique à l'Université de Nancy.
COBO4YOU se définit comme « un courtier de la robotique », c’est-à-dire qu’il travaille avec quasiment tous les constructeurs du marché. Parmi lesquels, deux sont situés dans l’Est, Norcan en Alsace et RB3D dans l’Yonne.
La jeune société compte deux salariés, le gérant et un dessinateur projeteur. Et procède actuellement au recrutement d’un ingénieur.

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