William Perrée, le dirigeant resté en fonction, devenu directeur général de Cirval.
William Perrée, le dirigeant resté en fonction, devenu directeur général de Cirval.

REPRISE. Le couperet était passé près de Geprom. Cette usine de traitement de déchets d’emballages plastiques avait été reprise en décembre 2011 alors qu’elle se trouvait en redressement judiciaire.

Elle reprend sa route doucement mais sûrement sous le nom de Cirval, dans les mêmes locaux à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin).

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Cirval s’est constituée sous forme de SAS au capital de 600 000 € réparti entre le groupement de repreneurs composé de divers industriels français actifs dans la plasturgie, l’environnement et l’industrie en général dont Soprema.

Le groupe alsacien leader mondial des produits d’étanchéité pour le bâtiment s’était porté garant de la reprise. Il a injecté plusieurs millions d’€ dans l’apurement du passif et l’investissement en matériel.

Reparti avec 16 salariés le même effectif qu’après le dépôt de bilan de Geprom (qui en comptait 26 avant),  Cirval ne change pas de cap industriel : il se concentre sur le traitement des déchets d’emballages ménagers qui échappent aujourd’hui au circuit volumineux de la collecte sélective auprès des habitants.

On parle ici non des bouteilles et flacons, mais des pots et barquettes ainsi que des films et paquets d’emballage.

Leur récupération spécifique est à l’ordre du jour de l’Etat dans la foulée du Grenelle pour réduire les déchets partant à l’incinération : c’est « l'extension des consignes de tri » qui vise à les sortir des poubelles des ordures ménagères.

L’éco-organisme Eco-emballages pilote l’initiative en appelant les collectivités locales à l’expérimenter. Mais les cas sont encore rares (*) et ce fut bien là l’un des soucis de Geprom.

« Nous nous sommes positionnés trop tôt », analyse rétrospectivement William Perrée, le dirigeant resté en fonction, devenu directeur général de Cirval.

Le peigne à poux, démonstrateur de la capacité à transformer la matière plastique en un produit fin de même apparence qu’un homologue d’origine non recyclée.
Le peigne à poux, démonstrateur de la capacité à transformer la matière plastique en un produit fin de même apparence qu’un homologue d’origine non recyclée.

Une qualité la plus proche possible de la matière vierge 

Cirval entend se focaliser sur les pots et barquettes. L’entreprise  a  encore de la marge : elle tourne à 600 tonnes par mois, soit environ la moitié de sa capacité.

En attendant un décollage de la collecte  en France, la société se tourne vers des gisements étrangers. En premier lieu ceux de l’Allemagne voisine.

« Nous ne visons pas une course aux volumes, mais la sortie de produits à la qualité la plus proche possible de la matière vierge », précise William Perrée.

Ils sont réutilisables par des injecteurs plastiques afin de fabriquer des pièces pour l’automobile, des pièces d’accroche pour la construction, du mobilier de loisirs, des serres horticoles…

Pour prouver la capacité à transformer en quelque chose de très fin, le directeur général sort de son tiroir un peigne à poux, « produit de démonstration ».

L’usine de Sainte-Marie-aux-Mines est capable de traiter toutes les grandes familles des plastiques : polypropylène, polyéthylène haute et basse densité, PET…

Elle leur réserve un parcours jusqu’à trois étapes : le « surtri » systématique qui les débarrasse des impuretés comme l’aluminium, et les groupe en balles, puis la transformation en paillettes, enfin la granulation. Le processus peut s’arrêter à chaque étape selon ce que le client souhaite récupérer.

Sachets de granulés de couleurs différentes, exprimant la capacité à sortir toute une série de teintes.
Sachets de granulés de couleurs différentes, exprimant la capacité à sortir toute une série de teintes.

« Nos équipements  permettent le tri unitaire des familles de plastiques et une sortie finale en toute une série de couleurs, également garantie vierge d’additifs nocifs  », souligne William Perrée.

Cirval compte atteindre l’équilibre financier en 2013 avec un chiffre d’affaires de 4 millions d’€. 

La PME planche également sur des valorisations particulières de vieux papiers en produits pour l’isolation, un dossier encore « à l’état de recherche ».

(*) Parmi les pionniers figurent le Syndicat mixte de Thann-Cernay dans le Haut-Rhin et le Sictom de la zone sous-vosgienne dans le Territoire du Belfort dont le périmètre comprend quelques communes haut-rhinoises.

Relire sur le même sujet l'article de Traces Ecrites News : Geprom recycle plein pot

 

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