Recyclage. Geprom redonne doublement vie aux plastiques sur son site de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin). Cette PME de 26 salariés s’est installée sur la friche de feu Alplast, fabricant de sacs plastiques.

Sans rapport avec ce dernier, elle-même s’active dans le recyclage des déchets plastiques, plus particulièrement des pots et barquettes. Le créneau est appelé à un certain avenir, tant le plastique est le parent pauvre du Grenelle : son taux de valorisation atteint péniblement les 20 %, très loin encore de l’objectif de 75 %.

La situation est encore pire pour les emballages ménagers réunis sous l’appellation courante des "pots et barquettes": la quasi-totalité des 220.000 tonnes déposées chaque année dans les poubelles de France finissent en enfouissement, dans les centres de stockage, qui désignent de façon enjolivée les décharges.

Ce sont eux que Geprom cible en priorité. «Notre capacité de 20.000 tonnes entrantes par an nous met en situation de capter 5 à 10 % du flux national», annonce le dirigeant-fondateur William Perree, un ingénieur plasturgiste. La PME indépendante entend en effet ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, elle collecte aussi des déchets venant d’industriels.

En mai, elle démarre une phase pré-industrielle à raison de 500 tonnes à traiter par mois, grâce à quelques premiers marchés. Son décollage est programmé dans le cadre de "l’extension de la consigne de tri", une initiative de l’éco-organisme Eco-emballages visant à augmenter le recyclage des emballages plastiques en France.

Geprom se place à l’aval, avec l’ambition de devenir le valorisateur de référence du Nord-Est, celui vers lequel se dirigeront les collectivités et leurs prestataires privés chargés de la collecte.

Des compounds aux propriétés mécaniques et thermiques intéressantes

Créée fin 2008, l'entreprise a vécu jusqu'à présent de contrats de conseils, non sans avoir investi 3 millions d’€ dans son process, dont 200.000 € d’aides de la Région Alsace et de l’Union européenne (fonds Feder). Elle prévoit 4 millions d’€ de chiffre d’affaires en 2011.

Pour percer, Geprom mise sur sa technologie en partie brevetée qui lui a valu quelques prix dont le concours Alsace Innovation.  Elle opère un tri amélioré de plastiques très divers : polyéthylène basse et haute densité, polystyrènes, PVC, barquettes PET et principalement du polypropylène qu’elle transforme en paillettes, mais aussi, après granulation, en compounds.

Ses additifs confèrent aux compounds des propriétés mécaniques et thermiques qui offrent des perspectives intéressantes de valorisation. «Ils peuvent se recycler en pièces automobiles sous capot aujourd’hui fabriquées à partir de matière vierge, ou en bacs et palettes de rangement pour la logistique», souligne William Perree.

Photos : Christian Robischon.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Marc St Georgesdit :

    Belle nouvelle, mais quel malheur que les dirigeants de ce projet si ambitieux soit si peu respectueux des contrats avec leur employés.

Commentez !

Combien font "9 plus 2" ?