Philippe Hénon, Président et directeur scientifique de CellProthera, Jean-Claude Jelsch, directeur financier et Christophe Valat, directeur du développement.

Philippe Hénon, Président et directeur scientifique de CellProthera, Jean-Claude Jelsch, directeur financier et Christophe Valat, directeur du développement.

BIOTECHNOLOGIES. Jolie moisson pour CellProthera !

La jeune société biotech de Mulhouse (12 salariés) engrange 6 millions d’€ de bpiFrance pour le compte du groupement d’entreprises et laboratoire dont elle est chef de file, dans le domaine de la régénération cardiaque qu'elle révolutionne.

La nouvelle banque publique d’investissement dote CellProthera et ses partenaires des moyens pour avancer fortement vers leur quête  : industrialiser…, et surtout, vendre un équipement qui régénère le cœur après un infarctus sévère du myocarde.

L’innovation prend la forme d’un automate de production de greffons cellulaires assorti de kits individuels, dont la société mulhousienne vise la commercialisation en 2016.

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Pour cela, il lui faut fiabiliser la production en série et confirmer la validité biologique par une série d’essais cliniques.

Les prochains devraient démarrer avant la fin de l’année - leur calendrier est suspendu au feu vert des autorités compétentes aux États-Unis et en Europe - et la phase d’essais chez l’homme suivra de peu. Elle est prévue dans une quinzaine de centres de thérapie cellulaire dans le monde.

Le projet est tout simplement révolutionnaire : il consiste à réinjecter des cellules souches adultes dans la zone cardiaque lésée d’une personne victime d’un infarctus du myocarde, après les avoir prélevées sur elle par une simple prise de sang.

Ce traitement offre ainsi une alternative à la transplantation cardiaque, du moins pour les formes les plus sévères.

Les 6 millions d’€ de bpiFrance se répartissent entre les six membres du consortium CardioStem : CellProthera; le francilien Bertin; concepteur des prototypes d’automates qui s’apparentent à une centrifugeuse;  Technoflex, un spécialiste des poches de perfusion et transfusion, l’équipementier  bas-rhinois Streb & Weil; E3 Cortex qui conditionnera les kits ainsi que l’Institut de recherche en hématologie et transplantation (IRHT) de Mulhouse, dont le directeur Philippe Hénon préside également CellProthera.

Le Professeur Hénon, président de l'entreprise.
Le Professeur Hénon, président de l'entreprise.

Un marché de 700 millions à 1,5 milliard d’€

Au sein de l’enveloppe, 4,6 millions d’€ reviennent directement à la société mulhousienne sous forme de subventions et avances remboursables.

Ils viennent s’ajouter à 8,5 millions d’€ de financements publics et privés obtenus en trois années d’activité : peu de biotech régionales peuvent se targuer d’une levée de fonds si ample et si rapide.

CellProthera aurait d’autres cartes dans son jeu que CardioStem, mais elle va pour l’heure ne sortir que celle-ci.

« Nous allons concentrer nos forces sur ce projet. En mener d’autres de front ne serait pas raisonnable », souligne Jean-Claude Jelsch, directeur général.

La mise devrait rapporter gros. Le traitement innovant pourrait soigner un million de patients. Ce qui représenterait un marché de 700 millions à 1,5 milliard d’€ en Europe, aux États-Unis et au Japon.

La traduction en emplois, ne serait-ce que d’une petite partie, ferait déjà le bonheur de l’Alsace.

 Crédit photos : CellProthera

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